samedi 29 janvier 2011

Goldman Sachs : le salaire de Blankfein va tripler


Goldman Sachs a annoncé le 28 janvier que le salaire annuel de son PDG Lloyd Blankfein (qui affirme œuvrer pour Dieu) va passer de 600.000 à 2 millions de dollars. Les quatre autres cadres de l'entreprise voient les leurs tripler.

Le directeur d'exploitation Gary Cohn, le directeur financier David Viniar, et les deux vice-présidents Michael Evans et John Weinberg, toucheront chacun désormais 1,85 million de dollars. Bien sûr, ces sommes ne comprennent pas les primes que pourraient en outre toucher ces cadres dirigeants (et ils en toucheront quoi qu'il arrive, soyez-en sûrs !).

Pour en savoir plus :
- Goldman Sachs ou Goldman Sex ?
- Marc Roche : Comment Goldman Sachs dirige le monde
- Ces banques qui financent la politique américaine
- Le "socialiste" Strauss-Kahn vend l'Europe à Goldman Sachs

vendredi 28 janvier 2011

Discours de Nicolas Sarkozy au Forum Economique de Davos

Pendant près d'une heure et demie, avec Maurice Lévy, le PDG de Publicis, dans le rôle de modérateur, Nicolas Sarkozy s’est livré à une défense sans ambiguïté de l’euro. « Je peux vous assurer que, aussi bien Madame Merkel que moi-même, jamais, vous m’entendez jamais, nous ne laisserons tomber l’euro, jamais », a-t-il lâché, évoquant les « conséquences cataclysmiques » d’une disparition de l’euro. Comme en écho, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a, lui, assuré qu’il n’y avait actuellement « pas de crise de l’euro », même s’il a reconnu qu’il fallait en améliorer la surveillance.

Discours intégral (cliquez sur "Original" puis "Apply" pour avoir le discours en français):

jeudi 27 janvier 2011

Mélenchon s'enfonce dans l'esbroufe


Jean-Luc Mélenchon, remplaçant d'Olivier Besancenot dans le rôle de "l'opposant politique insignifiant favori des merdias" (cette blague éculée), s'enfonce encore plus dans l'esbroufe de son anti-capitalisme présumé dans un entretien pour Sud Ouest, à l'occasion d'un Forum du Front de Gauche... Extraits des propos de Jean-Luc Mélenchon, pas très franc mais très franc-maçon, comme il aime à le cacher.
Ce soir vous participez à un forum, dont le surtitre est « Contre le capitalisme vert ». Le capitalisme aurait-il une couleur ?

Certains le prétendent, et quand on parle de capitalisme vert, le problème n'est pas la couleur mais le capitalisme. Tout un secteur de l'écologie politique, de la droite, et peut-être des sociaux-démocrates, prétend qu'une bifurcation écologiste de l'appareil de production serait compatible avec le capitalisme. Tout cela est un gros bobard. C'est toujours la même chose : on pourrait tout arranger en restant dans le cadre du capitalisme. Non. Il faut rompre avec lui.

Sondage : la France chie sur le capitalisme et la mondialisation

Sondage très instructif publié par l'IFOP pour La Croix ce 27 janvier. Le sujet : la mondialisation vue par 10 pays : la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Chine et l'Inde. On notera l'absence étonnante de pays africains et arabes. Passons. Ce qui est sûr, c'est que les Français sondés sont très critiques et rejettent massivement le capitalisme, la mondialisation et la situation de la France dans la nouvelle donne économique internationale. Vraiment très instructif... La donnée la plus intéressante étant qu'un tiers des sondés remet en cause le capitalisme. Jubilation des hautes autorités...



Voici les résultats des Français sondés :
33% pensent que l'économie de marché et le capitalisme fonctionnent mal et qu'il faut l'abandonner (dont 74 % d'adhérents du Front de Gauche... qui ne savent sûrement pas que Mélenchon est un franc-maçon notoire qui se fout de tout sauf de son salaire et qu'il fait même semblant de ne pas savoir ce qu'est Le Siècle... Faux cul... On ne sait pas qui il faut plaindre : les adhérents ou JLM... les deux sans doute. Mélenchon n'a que ses mandats grassement payés à offrir, pas l'abandon du capitalisme).

53% pensent que nous sommes en pleine crise économique.

91 % pensent qu'une nouvelle crise économique aura lieu dans les prochaines années (on imagine la tête de Christine Lagarde).

62 % pensent que la France est plutôt mal placée dans la compétition économique mondiale.

52 % pensent que la croissance des grands pays comme la Chine et l'Inde est une grande menace pour les entreprises françaises et l'emploi.

Lire le sondage complet (133 pages) sur le site de La Croix.

Ce sondage inspire une question primordiale : comment un tel sondage va être accueilli et compris par nos "dirigeants" politiques ? Surtout à l'orée des élections de 2012 ? Une remise en cause du système économique ? Un nouveau protectionnisme ? Ceci semble impossible car tous les candidats potentiels sont pro-capitalistes et prônent une libéralisation totale : Nicolas Sarkozy (défenseur du peuple), Dominique Strauss-Kahn (socialiste bien connu), Besancenot (défenseur de "l'Internationale" donc de l'abolition des frontières ; idiot utile du capitalisme - non, idiot tout court), Mélenchon (franc-maçon), Bayrou (insignifiant) et même Marine Le Pen (adoubée par le système politique et médiatique, et ce pour une bonne raison). Affaire à suivre et sondage à faire tourner à toutes ses connaissances.

RMC publie le palmarès des banques les moins chères



RMC a publié ce matin le classement des 10 plus grandes banques d'Île-de-France, de la moins chère à la plus onéreuse, en tenant compte d'une liste de 10 critères, déterminés par le ministère de l'Économie, et qui ont pour but de permettre aux consommateurs de comparer plus facilement le coût des différentes banques.

Voici donc le classement, de la banque la moins chère à la plus onéreuse :

1 - Banque Postale
2 - HSBC
3 - Crédit Agricole
4 - Banque Populaire
5 - BNP
6 - Caisse d'Epargne
7 - Société Générale
8 - Crédit Mutuel
9 - LCL
10 - CIC

mercredi 26 janvier 2011

Jean-Dominique Giuliani et les comptes publics européens

Dans son éditorial de janvier 2011, Jean-Dominique Guiliani, Président de la Fondation Robert-Schuman (un club de réflexion en faveur de la construction européenne) et auteur d'Un Européen très pressé (un livre sur Nicolas Sarkozy !), souhaite que l'année 2011 soit l'année de la transparence et du contrôle des budgets des États européens. Un vœux pieux que nombre d'États seront tout simplement incapables de tenir... Jean-Dominique Giuliani propose même que Bruxelles sanctionne les États qui ne respecteraient pas les contraintes budgétaires européennes... Certes... Mais comment sanctionner un État qui est déjà "dans le rouge" ? Ne serait-ce pas l'enfoncer encore plus ?


Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert-Schuman,
et quasi-sosie de l'acteur Christopher Lloyd.


Extraits de l'éditorial :

Le contrôle des budgets nationaux, en début d'année, à Bruxelles, doit être institué à travers le "semestre européen". Des sanctions doivent être prévues pour les États contrevenant aux règles communes. Un contrôle impartial et véritable des finances des États membres doit être organisé. Pour éviter la mise en doute de la détermination européenne, le retour d'une crise de confiance et la pression, souvent injuste, des marchés, ces chantiers doivent être menés à bien au plus vite et le Conseil européen doit s'y atteler au plus tôt.

Les comptes publics de chaque État membre doivent être auscultés dans leur vérité, c'est-à-dire consolidés avec toutes les dépenses, y compris sociales, qui s'y rattachent. Il ne suffira pas de s'intéresser aux seuls projets de budgets pour 2012, mais il conviendra d'établir une photographie exacte, en début d'année, des budgets 2010 effectivement réalisés et des exercices 2011 en cours. Et d'accepter d'en tirer les conséquences.

Si les 27 veulent vraiment sortir de la crise, il est temps de jouer cartes sur table, de prendre le risque de la transparence, seule capable de redonner confiance. C'est donc un agenda difficile, lourd et délicat qui attend les Chefs d'État et de gouvernement. Puissent-ils, malgré les échéances électorales, les promesses démenties par les faits des populistes à l'affut et la pression des opinions inquiètes, faire enfin, de 2011, l'année des comptes publics européens.

Lire l'éditorial intégral : "2011, l'année des comptes publics européens".

Les Américains fuient les Etats les plus fiscalisés



D'après une analyse de Nicolas Lecaussin, directeur du développement de l’Institut de Recherches Économiques et Fiscales (IREF), les Américains délaissent la Californie pour aller au Texas. C’est ce que fait apparaître le récent recensement de la population américaine, qui a augmenté globalement de près de 10% depuis l'an 2000, mais se redistribue géographiquement en fonction de la fiscalité.

Les dernières statistiques du Census Bureau (l’INSEE américain) montrent une importante augmentation de la population américaine, qui atteint 308.740.000 personnes, 27 millions de plus qu’en 2000, soit + 9.7 %. C’est une croissance importante pour un pays industrialisé surtout lorsque d’autres pays, en particulier en Europe, ont de graves problèmes de renouvellement des générations.

Sur ce total, 13 millions d’immigrés supplémentaires, ce qui prouve que l’Amérique est toujours considéré comme le pays de la réussite. Plus intéressante encore, l’enquête concernant les États qui ont connu les plus fortes augmentations de la population. En tête : Nevada, Arizona, Utah, Idaho, Texas, Caroline du Nord, Georgie, Floride, Colorado et la Caroline du Sud. Environ 35 % de l’augmentation de la population américaine a eu lieu dans 9 États dont les taxes et les impôts sont bas. Dans tous ces États, le taux moyen d’impôt sur le revenu est de 4 %. Le taux est par contraste de 7 % dans les États où l’augmentation de la population est la moins importante (qui ont accueilli seulement un cinquième de la population supplémentaire des États-Unis).
Lire l'analyse complète sur le site de l'IREF.

Le blog de Nicolas Lecaussin.

Michel Cicurel et le "sourire de la mondialisation"

Décidément très actif en ce début d'année 2011, après avoir montré son optimisme dans un entretien dans Les Échos, Michel Cicurel, Président du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, a publié une tribune le 19 janvier dans Le Figaro. Son titre : "Le sourire de la mondialisation". Il y fait une fois de plus preuve de son optimisme pour la situation économique et financière mondiale. Il souligne quand même que la situation peut basculer et s'effondrer à tout moment. Ce que Michel Cicurel met en avant, c'est que la mondialisation de la crise force les pays à s'aider mutuellement pour ne pas tous sombrer. Comme il l'écrit : "la crise globale entraîne une solidarité globale". C'est en effet une vision optimiste des choses.

Michel Cicurel en plein discours.

Tribune intégrale :

Les ingrédients de la situation économique et financière mondiale sont au comble de l'enchevêtrement. L'équilibre de la planète s'apparente au jeu de Mikado où le retrait d'une seule baguette peut faire s'effondrer tout l'échafaudage. Les marchés financiers, qui perçoivent bien l'imbroglio global, sont fébriles et surréagissent au moindre battement d'ailes de papillon suspecté de déclencher la tempête à l'autre bout du monde. Pourtant, après plus de trois ans de crise violente, l'œil s'accoutume à cet enchevêtrement complexe et pourrait bien déceler le bout du tunnel.

Et d'abord, parce que l'économie réelle ne va pas mal. Bien sûr, le chômage en Europe et aux États-Unis demeure élevé. Mais il n'a pas dépassé le niveau de la crise de 1993, bien plus banale, et l'emploi emboîtera, avec le décalage habituel, le pas de la croissance mondiale, repartie à la hausse à un rythme encourageant.

Certes, l'économie mondiale convalescente est encore sous traitement. Certes, les banques centrales recourent aux armes non conventionnelles, spontanément et massivement pour la FED, à contrecoeur pour la BCE. Mais les entreprises à spectre global des principaux indices boursiers se portent plutôt bien. Elles jouissent d'un monopole absolu au sein de la planète surendettée, celui du bilan parfaitement sain, et affichent de bons profits durables. Or, elles forment le coeur du réacteur qui amorce le cercle vertueux d'une croissance non assistée.

Au plan macroéconomique, la mondialisation a fait merveille. Les émergents, Chine en tête, ont provisoirement pris le relais de la croissance mondiale. Mais si les Bric en portent plus de 50 %, la seule vraie locomotive de l'économie mondiale demeure, pour longtemps, les États-Unis. La Chine, loin de le devenir, est le tender des États-Unis et plus discrètement de l'Europe, et ne peut donc laisser s'effondrer ni l'un ni l'autre de ses grands clients. Au moment où elle doit freiner sa demande interne car l'inflation est autant que le sous-emploi une plaie pour l'empire du Milieu, il ne faut pas que le moteur américain s'enraye. Or la croissance et le consommateur sont de retour aux États-Unis, avec des béquilles, certes, mais 2011 devrait être de bon augure. Quant à l'Europe, qui paye les décennies laxistes de son État-providence, elle n'évitera pas la cure d'austérité mais profitera de la reprise de l'Allemagne, remarquable tender, elle aussi, du couple sino-américain. Ainsi, la croissance mondiale encore sous assistance respiratoire retrouve les ressorts naturels de la guérison.

Pourtant, ce joli sentier de croissance serpente au coeur de l'Himalaya des dettes publiques entre les précipices abyssaux du dollar et de l'euro. La crise systémique globale affecte durablement tous les piliers du système, et nombre de risques majeurs sont devant nous. En premier, le système monétaire international qui se lézarde. L'euro, aujourd'hui malmené, le sera sans doute encore en 2011. Mais quid du dollar? Les États-Unis ont mal digéré l'euro, seul capable de rivaliser avec le dollar et de lui interdire de battre monnaie impunément et sans limite. Le dollar, unique monnaie mondiale qui vaille aujourd'hui, est un colosse aux pieds d'argile. Pour la première fois, les États-Unis s'enfoncent dans leurs déficits jumeaux devenus incontrôlables, alors que la zone euro ne souffre pas de déficit extérieur. Et, pire que les Pigs (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) européens, la faillite de la Californie, huitième économie du monde s'il s'agissait d'un État indépendant. Le dollar progressera en 2011, mais combien de temps encore fera-t-il illusion?

Ce que Clochemerle de tous les pays a vu de sa fenêtre depuis le début de cette crise globale, c'est la contagion mondiale : une crise d'origine spécifiquement américaine a ravagé le système bancaire de la planète. Aujourd'hui, c'est une crise européenne, celle de la dette souveraine des États périphériques de la zone euro, qui pourrait à son tour le déstabiliser.

Pourtant, il apparaît un fait nouveau : la crise globale engendre une solidarité globale. Aucun État, aucune zone économique, aucune grande institution ne peut laisser s'effondrer l'enchevêtrement du Mikado. L'Allemagne ne peut se passer de l'euro, et les États-Unis l'encouragent à modérer sa volonté d'austérité. La Chine finance les déficits américains mais commence à veiller aussi sur les maillons faibles de la zone euro. Le monde s'émeut de la sous-évaluation du yuan mais comprend qu'une forte réévaluation serait mortelle pour la Chine, menacée par des voisins plus compétitifs. Bref, devant une crise mondiale s'installent inévitablement des solidarités intéressées.

L'expliquer aux Clochermerlins n'est pas simple. Il est réconfortant que les gouvernements affaiblis par la crise, malmenés par les tentations national- populistes de populations fatiguées n'aient à aucun moment cédé à la déraison du repli sur soi. Fatalement, les grands risques menaçant plus que jamais la planète seront progressivement pris en charge par la communauté internationale parce que c'est l'intérêt de chacun. Ce qui fait la différence avec la crise des années 1930. Et le premier motif d'espérance.

Le monde ne se rétablit pas. Il change. En un demi-siècle, la population mondiale progressera de 50 %, passant de 6 à 9 milliards. Brutalement, la finitude des ressources de la planète nous saute aux yeux. Tant le dérèglement climatique que les terres rares se rappellent à notre bon souvenir. Après l'emballement de croissance artificielle au tournant du siècle, où les ressources semblaient inépuisables et l'horizon trop rapproché, tout s'inverse. Le temps du monde fini est commencé, et le souci de la durée s'installe. Il est flagrant, bien au-delà de la finance, que les problèmes et les solutions sont planétaires. L'égoïsme ne recule en rien, mais il devient forcément mondial. Il est probable que les opinions vont commencer à répondre au sourire, jusqu'alors suspect, de la mondialisation.

Enfin, Michel Cicurel est intervenu, toujours le 19 janvier, sur la radio BFM (entretien trouvé sur le blog Aux Infos du nain):


→ lien


mardi 25 janvier 2011

Faillite au tribunal de Marseille


Nouvel effet de la crise et de l'endettement public, abyssal, de la France ? 20minutes.fr nous informe que le tribunal de grande instance de Marseille n'a pas payé ses factures d'eau et d'électricité du dernier trimestre 2010 pour des raisons financières. C'est ce qu'a annoncé son président, François Pion.

Dans un nouvel épisode de la crise budgétaire qui secoue les tribunaux français depuis plusieurs années, il a expliqué ce 25 janvier lors d'une conférence de presse devoir choisir ses créanciers : « On éponge les factures en fonction du degré d'urgence. Toutes les factures d'eau et d'électricité du dernier trimestre 2010 n'ont pas été payées. C'est une situation critique ».

A cette heure, ni Christine Lagarde, le ministre de l'Économie et des Finances, ni Michel Mercier, le ministre de la Justice, n'ont réagi. Le cas du tribunal de Marseille est-il emblématique de l'état financier des services publics en France ? Un ministre commentera-t-il ce fait divers pas si anodin, et, finalement, assez pitoyable ?

Le FMI et la croissance mondiale en 2011

Le Fond Monétaire International (FMI) réévalue à la hausse ses prévisions pour l’année qui commence. Un bonne nouvelle, si ce n’est que l’Europe est loin du peloton de tête composé de la Chine, de l’Inde et du Brésil. En 2011, la croissance mondiale devrait être de 4,4 %, après 5 % l’année précédente. Dans la mise à jour de ses Perspectives économiques mondiales publiées à Johannesburg, le FMI relève ses prévisions mais souligne de fortes inégalités en fonction des continents qui ont chacun leur vulnérabilité.

Dominique "Socialist" Strauss-Kahn : rebondira-t-il lui aussi en 2011 ?

Au États-Unis, l'institution table sur 3% (contre 2,3% auparavant), grâce à la prolongation de réductions d'impôts en vigueur depuis 2001 ou 2003. S'il salue la vigueur de la consommation des Américains, il explique que la première économie mondiale est toujours confrontée à un chômage élevé, à la fragilité des finances des ménages et au marasme de l'immobilier.

Pour l'Europe, les prévisions restent globalement inchangées : 1,5 % en zone euro, 1,6 % en France, 2,2 % en Allemagne (contre 2 % auparavant). La crise de la dette publique devrait perdurer, sans déstabiliser le reste du monde. Ces projections, explique le Fonds, "supposent que les mesures politiques actuelles parviennent à contenir la tourmente financière à la périphérie de la zone euro, pesant seulement d'un poids modéré sur la reprise mondiale".

Dans les grands pays émergents, les perspectives semblent bien meilleures : croissance attendue de 9,6% en Chine, 8,4% en Inde ou encore 4,5% au Brésil. Mais pour ces pays, le FMI lance un avertissement face au risque d'emballement. "Dans beaucoup d'économies émergentes, l'activité reste vigoureuse, et il y a désormais quelques signes de surchauffe, provoquée en partie par des entrées importantes de capitaux" ou dans certains cas une monnaie sous-évaluée.

Newt Gingrich et la banqueroute des Etats-Unis

Selon Reuters, l'ancien Président de la Chambre des représentants (1995-1999) a déclaré le 21 janvier que le Congrès pourrait voter d'ici un mois une loi sur la faillite des États ! Une loi qui pourrait permettre aux États de renoncer à leurs promesses sur les fonds de pension et leurs engagements à payer les fonctionnaires ! Incroyable ! Un projet de loi à surveiller de près...


Qui est Newt Gingrich ?

Petit point sur Newt Gingrich : il a été le réprésentant de la Géorgie de 1979 à 1999 et est responsable de la « révolution républicaine » dans la Chambre des représentants, mettant fin à 40 ans de majorité démocrate. Il représenta pendant plusieurs années l'opposition du Parti républicain face à Bill Clinton. Il a été nommé homme de l'année par le magazine Time en 1995. Depuis l'élection de Barack Obama, il n'a cessé de critiquer le gouvernement, se positionnant clairement en candidat Républicain pour les prochaines élections de 2012.

Le blog consacré aux États-Unis hébergé sur le site de Courrier International nous informe d'ailleurs de son intention de se présenter candidat, même si rien n'est encore officiel :
Ces dernières semaines, un trio de tête émerge assez largement dans les récents sondages : Mitt Romney, Sarah Palin et Mike Huckabee. Mais très récemment, c'est l'ancien président de la Chambre des représentants, pilote politique reconnu de la "révolution républicaine" sous Bill Clinton, qui a lâché les déclarations les moins ambiguës sur une candidature 2012 : Newt Gingrich.

Quelles sont les chances de Newt Gingrich ?

Selon un sondage de Public Policy Polling (PPP) relayé par Cyberpresse.ca, Mike Huckabee s’est détaché de ses trois principaux rivaux dans la course virtuelle à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2012. Il reçoit désormais l’appui de 24% des républicains, contre 14% pour Sarah Palin et Mitt Romney et 11% pour Newt Gingrich. Mais la route est longue, comme on dit !

lundi 24 janvier 2011

Montebourg et la "mise sous tutelle" des banques

Le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, candidat aux primaires PS pour la présidentielle de 2012, a préconisé dimanche 23 janvier sur Canal + "une mise sous tutelle des banques" afin que leurs profits "puissent servir au renflouement des États".

Arnaud Montebourg sort son argument coup de poing pour
peser dans les débats des primaires PS.

Invité à dire ce qu'il ferait s'il était élu à la présidence de la République pour résorber les déficits abyssaux du pays, il a affirmé qu'il ferait "payer les banques" qui sont "responsables de la situation" : "Elles font des profits et empruntent à des taux moins élevés que les États sur les marchés financiers", a noté M. Montebourg, en précisant qu'il mettrait les banques "sous tutelle autoritaire - une forme de nationalisation-sanction" - afin que "leurs profits puissent servir au renflouement des États".

Au niveau de l'Union européenne, le candidat aux primaires PS pour la présidentielle a préconisé une "mutualisation des dettes" et "les faire financer par la Banque centrale européenne".



vendredi 21 janvier 2011

Jacques Attali est-il un gros con ?

Rien de pire qu'un opposant à la démocratie du peuple (populiste ?) qu'un partisan de la démocratie oligarque (termes contradictoires ? pas pour Jacques Attali qui fait évidemment partie de la seconde catégorie). Jacques Attali, la couille gauche de Dominique Strauss Kahn, se permet dans une chronique de lexpress.fr de donner des leçons de révolution... et de citer Marx ! On n'en attendait pas moins de ce renégat, démocrate façon DSK et Goldman Sachs. Mais qui a, pardon ?, toutes les tribunes dans la presse... Ce petit péteux ferait mieux d'écouter les Buzzcocks ou les Clash, mais il a fait écrire (par un nègre aux cheveux plats) un livre sur le "bruit" qui est truffé de généralités et d'erreurs sur la musique électronique et le rap. Il est même passé à côté du rock, ce vantard ! Si ce type était intelligent, ça se saurait, non ?

J'ai écouté le premier album des Buzzcocks avec Jacques Attali !
Je fais partie de l'élite mondiale !

Bref, Jacques Attali a tout faux sur la musique, il a tout faux sur la Tunisie (qu'en bon occidental blanc colonialiste, il doit fréquenter tous les étés). J'arrête ma prose et je cite :
Tout le monde sait, en effet, au moins depuis 20 ans, que la démocratie est en marche dans le monde entier. Non par le jeu du politique, mais par l’économie de marché. Au moins en théorie : on sait en effet, au moins depuis l’analyse de l’histoire anglaise par Karl Marx, que le marché crée les conditions de la naissance de la démocratie. Parce qu’il crée une bourgeoise, qui a besoin de sécurité juridique et de liberté d’innovations. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, la théorie de l’auteur du Capital s’est révélée vraie. D’abord en Europe de l’Ouest, puis de l’Est, puis en Russie, en Amérique du Sud, dans une partie de l’Afrique et de l’Asie.

Ce qui vient de se passer en Tunisie démontre au contraire que la démonstration de Marx reste valable: la Tunisie devenue, une économie de marché ne pouvait que devenir une démocratie. Et après elle, ce sera le cas de l’Egypte, du Vietnam, de la Chine, de l’Afrique Sub Saharienne et bien plus tard, (parce que l’économie de marché y est balbutiante ou parce qu’une rente pétrolière protège la nomenklatura ), de l’Algérie et de la Syrie.

Angela Merkel veut sauver l'euro (et la Grèce)


Information de La Tribune : soumise à la pression de l'opinion, la chancelière allemande Angela Merkel prône un "gouvernement économique" de la zone euro à l'allemande. L'Allemagne va-t-elle gouverner la zone euro ? La Tribune évoque (avec humour et trait d'esprit, pour changer) la quasi officialisation de "l'Union europallamende". On attend les réactions de Christine Lagarde, pour qui (elle ne cesse de le répéter pour s'en convaincre) tout va bien dans la zone euro.

La prise de conscience de l'inévitable restructuration de la dette grecque, et donc, de la première mise à contribution de l'Allemagne va conduire Angela Merkel à poser ses conditions à ses partenaires européens. Dans une interview dans l'hebdomadaire Stern, la chancelière affirme ainsi qu'elle "fera le nécessaire pour sauver l'euro" et qu'il n'est "pas question de revenir au deustche mark". Mais le prix à payer sera celui d'une "plus forte coordination des politiques sociales et fiscales, des droits du travail et de l'évolution des salaires dans la fonction publique".

La chancelière donne un exemple concret : l'âge légal de départ à la retraite. "Il doit y avoir dans chaque pays une relation entre cette âge et l'évolution de l'espérance de vie". "On ne doit pas seulement en parler, il faut également le réaliser concrètement", prévient la chancelière. Autrement dit, ce sont bien les recettes allemandes que Berlin entend administrer à l'ensemble des pays de la zone euro. Cette fermeté est le seul moyen pour Angela Merkel de faire accepter à sa coalition et à l'opinion la contribution de l'Allemagne au sauvetage de la monnaie unique.

La folle semaine de Rudolf Elmer contre les paradis fiscaux


Retour sur la folle semaine de Rudolf Elmer, cet ex-directeur de la filiale de la banque suisse Julius Bär aux îles Caïmans, qui est devenu "lanceur d'alertes" (whistleblower) en dénonçant les fraudes fiscales engendrées en toute impunité à cause des paradis fiscaux.

Lundi 17 janvier
A Londres, Rudolf Elmer remet à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, deux disques durs contenant les noms de 2000 personnalités ayant des comptes dans des paradis fiscaux.

Mercredi 19 janvier
Rudolf Elmer est condamné par le Tribunal de district de Zurich à 240 jours-amendes à 30 francs (7200 francs) avec sursis pendant deux ans pour, notamment, violation répétée du secret bancaire. A peine sorti du tribunal, Rudolf Elmer se retrouve à nouveau confronté à la justice. Dans la soirée, il est en effet interpellé par la police qui a perquisitionné à son domicile. Motif de la fouille et de l’interpellation : les deux disques durs contenant des données bancaires, transmis lundi à Julian Assange.Une nouvelle procédure pénale a ainsi été ouverte contre lui par le Ministère public zurichois.

Jeudi 20 janvier
Rudolf Elmer fait appel du jugement de la veille. Affaire à suivre...

Paul Boccara et la mort du système libéral actuel

Après l'analyse économique et financière établie par Michel Cicurel, de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, passons à un tout autre registre, avec... Paul Boccara ! Rien que ça ! L'économiste néo-marxiste, récent auteur de Transformation et crise du capitalisme mondialisé. Quelle alternative ? (2008)... Pour lui, la crise actuelle n’est pas qu’économique. 
Une autre civilisation est en gestation. A la crise économique correspond une véritable crise du sens. A juste titre, Paul Boccara condamne le modèle néo-libéral actuel, dont les crises à répétition prouvent l'illégitimité, la criminalité et l'absurdité. Il vante au contraire l'avènement d'un "nouvel humanisme". Bref, un changement radical. En novembre dernier, l'Humanité a longuement interrogé Paul Boccara.

Paul Boccara en pleine dialectique.

En voici quelques extraits.

Pour quelle raison affirmez-vous que la crise de la civilisation occidentale se caractérise à la fois par une crise du capitalisme et du libéralisme ?

La crise systémique actuelle est à la fois une crise économique et une crise de tous les aspects anthroponomiques. Ces crises sont interdépendantes. Au niveau économique, il n’y a pas seulement des crises périodiques au bout de sept à douze ans, il y a des crises plus durables, des crises du système capitaliste lui-même, car le type de technologie est devenu trop lourd, le type de rapports sociaux trop dur. Ce sont des crises de suraccumulation durable des capitaux, comme celle de l’entre-deux-guerres, ou de la crise actuelle. Cette dernière exige des transformations systémiques bien plus profondes que celles intervenues après la Deuxième Guerre mondiale dans le capitalisme monopoliste d’État social, avec des entreprises nationalisées, la Sécurité sociale, le développement des services publics.

Vous affirmez qu’il y a, dans 
la crise, à la fois exacerbation 
de la domination des capitaux mais aussi des délégations de pouvoir 
et leurs remises en cause. 
Vous évoquez en outre un tournant d’aggravation extrême de cette crise systémique d’ensemble. Pouvez-vous préciser votre pensée ?

Il y a eu l’exacerbation des marchés en même temps que la progression de l’industrialisation et de la salarisation, avec toutes les déréglementations. Puis, en 2008-2009, on a assisté à un tournant, avec l’éclatement du surendettement surtout des ménages, tandis que le crédit aux ménages avait permis de répondre, dans une certaine mesure, à l’insuffisance de la demande. D’où les énormes difficultés des banques et le relais pris par l’endettement public.

Il y a aussi montée des hyperdélégations représentatives. C’est au plan politique l’exaspération des présidentialismes, des pouvoirs supranationaux dans les zones de libre-échange comme l’Union européenne, l’éloignement des directions d’entreprises vis-à-vis des travailleurs, la crise des pouvoirs culturels traditionnels battus en brèche par la télévision et Internet. Il y a à la fois progression de l’urbanisation, de l’accès à la culture, et aggravation considérable des inégalités. C’est aussi la radicalisation des affrontements sur les mœurs et les valeurs. On assiste à la montée des intégrismes, intégrisme islamiste de réaction aux mœurs occidentales contemporaines, à la fois contre leur émancipation et leurs débordements individualistes, mais aussi intégrismes occidentalistes, des conservatismes populistes et des extrêmes droites dans les pays développés. D’où les défis du terrorisme et des guerres en Irak et en Afghanistan.

Il y a également un tournant d’exacerbation des délégations représentatives, mais aussi de montée du discrédit des marchés financiers et de l’hyperlibéralisme, avec les immenses interventions étatiques nouvelles. Cependant ces interventions non démocratiques, soutenant surtout les banques et maintenant la domination de la rentabilité financière, ont relancé la spéculation, surtout sur les dettes publiques. D’où déjà la crise des dettes européennes et de l’euro et l’énorme risque futur concernant les bons du Trésor des États-Unis détenus par les banques centrales étrangères et le dollar.

Lire l'entretien complet de Paul Boccara sur l'Humanité.

Pour aller plus loin, lire l'essai de 16 pages "La crise systémique actuelle : une crise de civilisation. Ses perspectives et des propositions radicales" (clic droit et enregistrer la cible du lien)

jeudi 20 janvier 2011

Michel Cicurel (LCF Rothschild) est plus optimiste qu'il y a un an

Michel Cicurel, Président du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild depuis 1999, a donné le 10 janvier un entretien aux Échos. Il se révèle plutôt optimiste pour l'avenir économique international même s'il concède que "l'économie mondiale marche sur une ligne de crête". Il explique également que "la guerre des monnaies est une expression dénuée de réalité. Nous n'avons pas vraiment intérêt à ce que la Chine réévalue modérément le yuan". Plus prudent vers la fin la fin de l'entretien, il lâche tout de même cette évidence que certains font semblant d'ignorer : "un jour viendra où certains pays européens ne pourront rembourser la totalité de leur dette".

Michel Cicurel, ancien énarque et Président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild.

Extraits :
Le monde se remet lentement du choc de la plus grave crise financière depuis les années 1930. Comment voyez-vous l'année qui vient ?

Je suis bien plus optimiste qu'il y a un an. A l'époque, souvenez-vous, l'économie mondiale était en réanimation. Nous avions vidé les armoires à pharmacie, les banques centrales avaient ramené leurs taux à zéro, accumulé des quantités d'actifs de piètre qualité dans leurs bilans et les États déjà surendettés, grillant leurs dernières cartouches, étaient eux-mêmes en danger. Et malgré tout cela, la croissance restait trop molle. C'était inquiétant.

Il était facile d'imaginer un scénario du pire. Que, sous la pression des opinions publiques, le protectionnisme l'emporte. Un Congrès américain plus populiste face à une certaine Chine qui aurait pu choisir la riposte massive, en réduisant ses achats de dette publique américaine, amorçant une spirale de « guerre économique ».

Enfin, il y avait un doute très sérieux quant à l'attitude de l'Allemagne où, là encore, sous la pression de l'opinion intérieure, on pouvait craindre qu'Angela Merkel n'abandonne les autres pays de la zone euro à leur sort, déclenchant une crise grave du système monétaire international.
Bref, au regard de toutes ces catastrophes qui ne se sont pas produites, 2010 est une année de grand soulagement. La rationalité l'a emporté sur l'émotion

La zone euro a subi l'assaut des marchés l'an dernier. La monnaie européenne est-elle menacée dans son existence même ?

Mais non, en aucune façon ! La leçon de l'année écoulée est qu'on ne laissera aucun pays sortir de la zone euro et que l'existence de l'euro est irréversible. Depuis dix ans, les Anglo-Saxons saisissent tous les prétextes pour poser la question de la pérennité de la monnaie européenne qui rivalise avec le dollar et a marginalisé la livre. C'est absurde ! La Californie et d'autres États américains sont en faillite et cela ne menace pas l'existence du dollar, que je sache !

Bien sûr, nous allons encore traverser des périodes de grandes tensions au sein de la zone euro. Il y aura de nouvelles crises de la dette souveraine en 2011. Nous allons sans cesse flirter avec la limite, mais nous avons douloureusement appris en 2010 à pratiquer le massage cardiaque de l'euro.

L'envolée de la dette des États ne condamne-t-elle pas le monde développé à plusieurs années de rigueur ?

Il faudra bien sûr que le consommateur occidental, bien trop cigale depuis tant d'années, se fasse un peu plus fourmi à l'avenir. Mais comment ne pas voir en même temps que l'économie mondiale dispose de moteurs exceptionnels ? L'entrée du monde émergent et de sa classe moyenne dans la modernité, l'augmentation de la population mondiale de 3 milliards d'habitants en un demi-siècle signalent l'entrée dans un cycle de Kondratieff de croissance forte sur longue période. Cela signifie aussi que le sujet de la rareté va se poser de manière extrêmement aiguë. Rareté des énergies fossiles, de certains métaux décisifs ou des émissions de carbone supportables. Je n'ai jamais rencontré autant d'opportunités d'investissements spectaculaires, que l'on songe aux technologies de la communication ou à celles qu'impose le souci écologique.

Entretien complet de Michel Cicurel pour Les Échos ici.

mercredi 19 janvier 2011

Zone euro: déficit des comptes courants creusé en novembre à 11,2 miliards d'euros


Le déficit de la balance des comptes courants en zone euro a continué de se creuser en novembre, atteignant 11,2 milliards d'euros, selon des données provisoires publiées le 19 janvier par la Banque centrale européenne (BCE).

Si l'on résume le déficit des comptes courants de la zone euro en 4 mois, on obtient ceci :
- Août 2010 : déficit de 3,7 milliards d'euros.
- Septembre 2010 : déficit de 6,5 milliards d'euros.
- Octobre 2010 : déficit de 9,6 milliards d'euros.
- Novembre 2010 : déficit de 11,2 milliards d'euros.

Une situation encourageante pour l'avenir de la zone euro ?

L'Espagne est trop grosse pour être renflouée


Selon Guillermo de la Dehesa, ancien secrétaire d’État espagnol à l’Économie (PSOE), président du Centre for Economic Policy Research (CEPR), et vice-Président (ou président du vice) chez Goldman Sachs Europe, l’Espagne est trop grosse pour être renflouée ("too big to fail"). Guillermo de la Dehesa explique cela dans un article qui vise à démontrer que les plans de sauvetage devraient s’arrêter à l’Irlande pour éviter que la crise de la dette souveraine dans la zone euro ne connaisse une contagion auto-réalisatrice. En conséquence, les plans de sauvetage ne devraient pas toucher au Portugal, et encore moins à l’Espagne.

En effet :
Le stock de la dette privée et publique espagnole détenue par les citoyens et les banques des autres pays membres de la zone euro atteint presque 500 milliards d’euros. Un plan de sauvetage de cette ampleur pourrait provoquer une crise bancaire. Autrement dit, le renflouement de l’Espagne pourrait représenter un point de non-retour pour la survie de l’euro. Néanmoins, pour éviter un plan de sauvetage, l’Espagne doit montrer au reste de la zone euro qu’elle met en œuvre ce qu’elle a promis de faire : compléter un ajustement budgétaire rigoureux, une deuxième série de réformes du marché du travail et de la négociation collective , une réforme des retraites, la mise en œuvre de la restructuration des caisses d’épargne, et le lancement de réformes de l’éducation et de la santé. Cela signifie une plus faible croissance à court et moyen terme, mais un potentiel de croissance supérieur à plus long terme.

En conclusion, pour Guillermo de la Dehesa,
les dirigeants de la zone euro ne peuvent mettre en danger 52 ans d’intégration économique européenne et 16 ans d’intégration monétaire. C’est pourquoi ils doivent prendre des mesures aussi vite que possible pour empêcher la crise actuelle de devenir auto-réalisatrice. Le problème se pose aujourd’hui, donc ils devraient cesser de dépenser leur énergie en discutant de ce qu’il faudra faire en 2013 et au-delà.

Lire l'article complet : "Dix raisons d’arrêter les plans de sauvetage".

lundi 17 janvier 2011

Wikileaks - banques : qui est donc Rudolf Elmer ?


Julian Assange, le patron de WikiLeaks, a réceptionné le 17 janvier à Londres deux disques durs contenant les noms de 2000 personnalités ayant des comptes dans des paradis fiscaux. Une quarantaine d'hommes politiques y figureraient. Ces données confidentielles ont été confiées à WikiLeaks par Rudolf Elmer, un ancien banquier suisse qui a été pendant huit ans le responsable de la banque helvétique Julius Baer aux Îles Caïmans, l'un des paradis fiscaux des Caraïbes.

Premiers noms dans deux semaines

La liste exacte des 2000 personnes et multinationales n'a pas encore été révélée, mais contient d'après Rudolf Elmer une quarantaine d'hommes politiques ainsi que des grosses fortunes venant des «États-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de Suisse et d'ailleurs». Ces informations, qui lui ont été fournies par des contacts qui désirent rester anonymes, proviennent «d'au moins trois institutions financières et couvrent une période allant de 1990 à 2009».

Rudolf Elmer : le paradis n'est pas fiscal...

Qui est donc Rudolf Elmer ?

Sur son blog Mediatitudes, le journaliste free-lance David Leloup nous donne quelques informations :
Elmer, 55 ans, ex-directeur de la filiale de la banque suisse Julius Baer aux îles Caïmans, est au centre d’un documentaire sur lequel je travaille depuis plusieurs mois. Il sera jugé mercredi [19 janvier] à Zurich pour violation du secret bancaire suisse, faux et usage de faux, et menaces envers deux cadres de la banque.

C’est la première fois qu’une source de WikiLeaks passera devant un juge pour avoir «fuité» des informations bancaires confidentielles, d’abord à la presse suisse en 2005 – sans grand succès –, ensuite sur WikiLeaks en 2008 – ce qui a valu au jeune site son tout premier procès aux Etats-Unis et le blocage de son nom de domaine une semaine durant.

Suite aux premières fuites d’Elmer, plusieurs enquêtes fiscales ont été ouvertes, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni. A Bruxelles, le fisc s’est intéressé de très près au financier belge Philippe Stoclet (l’un des héritiers du Palais Stoclet, patrimoine mondial de l’UNESCO) qui avait dissimulé dix millions de dollars dans un trust administré par la Julius Baer à Grand Cayman.

Motivé au départ par un esprit de revanche dû à un licenciement fin 2002 qu’il juge abusif, Elmer est par la suite devenu un authentique «lanceur d’alertes» (whistleblower) en dénonçant des faits de fraude fiscale réalisés ou facilités par ses employeurs ultérieurs: le Noble Group, un gestionnaire de fonds basé à Hong Kong, et la banque sud-africaine Standard Bank pour laquelle Elmer a travaillé notamment à l’île Maurice, l'île de Man, Jersey et Guernesey.

Bande-annonce du documentaire réalisé par David Leloup et Jean-Philippe Rouxel, "A Leak in Paradise" :



Site du film : aleakinparadise.com

Le dollar n’est pas près de perdre sa place


Barry Eichengreen, Professeur d’économie et de sciences politiques à l’université de Californie à Berkeley, a publié sur l'agence d’inspiration réformiste Telos, une tribune intitulée "Le dollar n'est pas près de perdre sa place", dans laquelle il explique que "si la crise de l’euro a un côté positif, c’est qu’elle a détourné l’attention des risques pour le dollar". Pas complètement faux, tant les spéculations sur la fin de l'euro en 2011 vont bon train...

Extraits :
La seule chose qui pourrait mettre en péril la domination du dollar serait une mauvaise gestion économique, significative, aux États-Unis. Ce qu’on ne peut exclure.

Le Congrès et l’Administration n’ont manifesté aucune volonté de prendre les décisions difficiles qui s’imposent pour combler le déficit budgétaire. Les Républicains sont délibérément devenus le parti du refus des nouveaux impôts et des promesses de coupes dans les dépenses publiques. Les démocrates sont incapables d’articuler une alternative. 2011 verra un autre déficit de 1000 milliards de dollars. Il est difficile d’imaginer que 2012, année électorale, sera différente. Et la situation ne fait que se détériorer avec des baby-boomers qui prennent leur retraite et des soins de santé et de retraite toujours plus onéreux.

La crise accélére la mutation économique espagnole


Javier Santiso, professeur d'économie à l'ESADE Business School et directeur de l'ESADE Centre for Global Economy and Geopolitics (ESADEgeo), a publié une tribune dans Le Monde, dans laquelle il démontre le bienfait de la crise économique actuelle, qui oblige l'Espagne a mettre en place des réformes longtemps repoussées. Pour Javier Santiso, le salut du pays passe en grande partie par l'internationalisation de son économie. Extraits :

La crise est en fait en train d'accélérer une mutation espagnole. D'une certaine manière elle comporte une bénédiction déguisée, provoquant une accélération de réformes, longtemps paralysées ou tout simplement esquivées.

Dans le domaine économique, la crise accélère l'internationalisation des groupes espagnols, à la recherche, plus que jamais, d'opportunités hors du pays. L'Amérique latine continue d'être une des régions privilégiées. Ainsi, à eux seuls, Santander et Telefónica auront investis en Amérique latine près de 10 milliards d'euros en 2010. Preuve de cet appétit international, en septembre 2010, Santander s'est offert une des principales banques polonaises pour un montant de 4,2 milliards d'euros tandis que moment le groupe de construction ACS lançait une OPA sur l'allemand Hotchief pour un montant de près de 3 milliards d'euros, une opération qui le placerait devant Vinci et Bouygues en termes de revenus.

vendredi 14 janvier 2011

Satyajit Das et la seconde Grande Dépression européenne

Satyajit Das, l'auteur de Traders, Guns & Money: Knowns and Unknowns in the Dazzling World of Derivatives, a publié le site indien Daily News and Analysis une tribune sur la crise économique de l'Europe, où il redoute l'arrivée prochaine d'une seconde Grande Dépression. Rien de moins ! Coup de poing et... légèrement catastrophiste ! Pour lui, l'Europe pourrait très bien tomber dans le chaos et la révolte populaire. Très rock, Satvajit Das estime que la chanson "Street Fighting Man" des Rolling Stones est plus actuelle que jamais. Sauf que le "Sleepy London Town" peut laisser place à une "Bailed out Europe".

Satyajit Das : élégance et sobriété.

L'article s'intitule : "European sovereigns stare at a second Great Depression". Il commence par ce commentaire de l'Irish Times qui établit un parallèle entre 2009 et 1916 :
Politics now increasingly dominates the economics. Commenting about the EU bailout of Ireland, the Irish Times referred to the Easter Rising against British rule asking: “was what the men of 1916 died for a bailout from the German chancellor with a few shillings of sympathy from the British chancellor on the side”.


Plus loin, Satyajit Das établit un nouveau parallèle entre la situation actuelle et les années 1930, préludes à la Seconde guerre mondiale. Ici, l'Asie (surtout la Chine) joue le rôle de l'Allemagne... Sauf que si l'Europe s'enlise, la Chine, qui a beaucoup investit sur le continent, pourrait être directement touchée :
In the prelude to World War 2, former British prime minister Neville Chamberlain dismissed the German occupation of Sudeten arguing that it was “a quarrel in a far away country between people of whom we know nothing.” [...] China, which contributed around 80% of total global growth in 2010, has expressed growing concern about the problems in Europe [...] China is also a major holder of euro sovereign bonds, standing to lose significantly if problems continue. China has indicated preparedness to use some of its $2.7 trillion of foreign exchange reserves to buy bonds of countries such as Greece and Portugal.

C'est reparti comme dans les années 1930 ?

Comme l'attitude du 3ème Reich a d'abord provoqué des conflits européens avant de devenir une guerre mondiale, Das soutient que si l'Europe n'arrive pas à régler sa dette, un effet domino entraînerait une crise de l'euro et un effondrement de l'économie internationale :
Unless resolved, the European debt problems will affect currency markets and through that channel the global economy. Any breakdown in the euro, such as the withdrawal of defaulting countries or change in the mechanism, would result in a sharp fall in the new currencies.


Das conclut donc de façon très alarmiste en comparant la faillite de la banque européenne le 11 mai 1931 et la situation actuelle. L'Europe est-elle prête à connaître une seconde Grande Dépression ?
On May 11, 1931, the failure of a European bank — Austria’s Credit-Anstalt — was a pivotal event in the ensuing global financial crisis and the Great Depression. The failure set off a chain reaction and crisis in the European banking system. Some 80 years later, European sovereigns may be about to set off a similar sequence of events with unknown consequences.



The Rolling Stones : un hymne qui renaît actuellement en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni. Bientôt en Espagne et au Portugal ? Et plus si Grande Dépression ? Mick Jagger et Keith Richards sont toujours dans les bons coups.

Profits, profits : la JP Morgan ne connaît pas la crise

La bonne nouvelle de la journée !

Le deuxième établissement bancaire des États-Unis par les actifs a dégagé 4,8 milliards de dollars de profits au quatrième trimestre 2010, soit un bond de 47 % sur un an. Le bénéfice de la banque de détail s'est élevé à 708 millions de dollars au quatrième trimestre contre une perte de 399 millions un an plus tôt, et le chiffre d'affaires a augmenté de 11%, grâce à une hausse de frais liés aux emprunts hypothécaires, et malgré une baisse des revenus liés aux taux d'intérêts.

Jamie Dimon en couverture de Fortune.

Entre deux coupes de champagne, Jamie Dimon, PDG de la JP Morgan, a déclaré à des journalistes économiques émus aux larmes :
La performance solide sur le trimestre et l'année reflète de bons résultats dans toutes nos activités. Les tendances du crédit dans nos activités de cartes de crédit et vente de gros continuent à s'améliorer. Dans les prêts hypothécaires, si les défauts sont moins nombreux, le coût du crédit reste anormalement élevé et continue à peser de façon importante sur nos résultats. Bien que nous continuions à faire face à des difficultés, il y a des signes de stabilité et de croissance à la fois dans les marchés de capitaux et l'économie américaine.

mercredi 12 janvier 2011

1,2 milliard d'euros de dette pour les clubs de foot européens


Pour la première fois depuis l'adoption au printemps dernier du principe de «fair-play financier», l'UEFA vient donc de publier un rapport sur les finances des 732 clubs de l'élite européenne en 2009.

56% d'entre eux ont enregistré des pertes. La perte globale s'élève à 1,2 milliard d'euros, soit une augmentation de 85% par rapport à 2008, où 48% des clubs faisaient état de dépenses supérieures à leurs recettes. Les salaires ont représenté 64% des 12,9 milliards d'euros.


Si l'UEFA n'a pas souhaité donner des noms de clubs, il est à supposer que la liste comprend des clubs anglais, espagnols ou italiens. Et pas n'importe lesquels : Manchester United, Valence, Liverpool ou encore le Real Madrid. Leurs dettes globales estimées pour la saison 2008-2009, s'élèvent respectivement à 826 millions d'euros, 547 millions, 370 millions et 327 millions.

Pour mettre fin à la situation malsaine du football professionnel européen, le président Michel Platini a fait adopté un principe de "fair-play financier". Les premiers audits seront menés dès la saison prochaine, l'équilibre devra être respecté pour la saison 2013-2014. Dans le cas contraire, l'UEFA pourrait aller jusqu'à exclure un club en dehors des clous de toute compétition européenne. "Le fair-play financier aboutira à un plafonnement indirect des salaires," prédit le patron de l'Association européenne des clubs, Karl-Heinz Rummenigge, actuel président du Bayern Munich.

Car si les nouvelles règles s'imposaient dès à présent, "onze clubs auraient été privés de coupes européennes cette saison", a déclaré le secrétaire général de l'instance européenne Gianni Infantino.

Cliquez pour lire le rapport complet de l'UEFA.

mardi 11 janvier 2011

Les Estoniens brûlent leurs billets de banque

Insolite : d'après Le Figaro, après leur passage à l'euro le 1er janvier, les Estoniens ont eu l'idée d'utiliser les vieux billets de banque de leur ancienne monnaie nationale comme combustible de chauffage pour leurs maisons. De la monnaie de singe donc, pas vraiment un acte subversif façon K Foundation, qui se filma en 1994 en train de brûler 1 million de livres sterling.

Image du film The K Foundation Burn A Million Quid.

Les couronnes estoniennes, collectées avec le passage à l'euro, ont d'abord été coupées en morceaux, puis comprimées, pour servir de combustible à la centrale de cogénération d'Iru qui assure le chauffage de certains quartiers de Tallinn", a déclaré à la presse un responsable de la banque centrale d'Estonie, Rait Roosve. "Il n'y a pas énormément de solutions pour utiliser les billets de banque qui n'ont plus cours", a-t-il ajouté.

L'Estonie, l'un des trois pays baltes sortis du giron soviétique en 1991, est devenue le 1er janvier le 17e membre de la zone euro, et le 3e pays ex-communiste à avoir adopté la monnaie européenne, après la Slovénie en 2007 et la Slovaquie en 2009.

La crise économique et les nouveaux rapports Europe - Asie

Le think tank Chatham House a publié un compte-rendu de la 5ème Asia-Europe Editor's Roundtable, organisée à Bruxelles le 4 octobre 2010, dans le cadre du Dialogue Asie-Europe (ASEM). Le thème était l'engagement à venir entre l'Europe et l'Asie pour sortir de la crise mondiale.


Le compte-rendu souligne l'arrêt de la domination de l'Europe et l'essor de l'Asie dans les rapports internationaux. L'Europe peine plus que l'Asie à s'adapter à la crise économique. Comme l'a déclaré le Président du Conseil de l'Union européenne, Herman van Rompuy, "nous avons des partenaires stratégiques mais nous avons maintenant besoin d'une stratégie".

Le rapport met en lumière l'inadaptation des institutions internationales comme le G8 et le FMI, qui ne reflètent pas les réalités économiques actuelles et sur-représentent les pays européens.

Half of the members of the G8 were European, and only one, Japan, was Asian [...] Similarly, in the IMF the members of the EU hold a 32% share of the vote ; China’s vote, in contrast, stands at 3.7%. Since the IMF presidency has always been European (and the US holds a 17% share of the vote), it is understandable that from the perspective of many in Asia the IMF is an alien and unrepresentative body. After negotiations, the EU has agreed to cede two of its seats on the IMF to developing countries from 2011. But greater restructuring is needed, especially in view of the IMF’s need now for Chinese financial support.


Une question primordiale est donc la place du G20 dans les prises de décisions économiques, ainsi que le remodelage du G20 :

The G20 is likely to set a model for an ad hoc system of global governance. Six ‘Asian’ countries (including Australia) are represented in the G20 [...] Whether the composition of the G20 would (or should) remain the same for future crises is more disputable. In general, the G20 comprises the largest economies of the world. This makes sense in an attempt to resolve an economic crisis. But if a future crisis related to health or migration, for instance, the 20 key stakeholders might well differ.


En conclusion, le rapport estime que l'Union européenne doit trouver des solutions rapides pour garder une position de leader économique international ; et que les pays asiatiques doivent faire face à deux défis majeurs : les droits de l'homme et les dégâts environnementaux.
The EU, and its member states, need to assess how they should deal with emerging issues ; if the Union cannot establish a coherent position in relation to UN reform, then the chances of it being taken seriously as a thought-leader on global governance are slight, to say the least.

While Asia may be in the economic ascendency, it too faces challenges: questions over human rights and democracy are frequently unanswered ; environmental degradation and climate change threaten to affect countries in Asia.

Le rapport complet est disponible sur le site de Chatham House.

Les coûts de la dette de l'Italie dans la zone rouge


Sur son blog, Pierre Jovanovic nous informe que l'éditorialiste économique du Telegraph, Ambrose Evans-Pritchard explique que "les coûts de la dette de l'Italie atteignent la zone rouge". En effet, le pays a largement augmenté ses emprunts depuis 2008, sans pouvoir les rembourser. Conséquence : de jour en jour, l'Italie accroît sa dette, et recule pour mieux sauter :

Italy avoided the sort of property bubble seen in Spain or Ireland and has kept a tight rein on public spending under finance minister Giulio Tremonti. However, the rise in yields looks ominously like the pattern seen in Greece, Ireland, Portugal and Spain when they first began to lose easy access to the capital markets.


Dans son édition du 10 janvier, le Financial Times confirme les explications d'Evans-Pritchard en précisant que l'endettement de l'Italie va atteindre 120 % du PIB en 2011 et que le chômage risque de s'aggraver dans les mois à venir. Le ministre de l'Économie et des Finances Giulio Tremonti pourrait même être amené à restreindre les allocations chômage :
Italy’s unemployed remains at about 8.7 %, according to figures released last week, and analysts say those figures are helped by widespread welfare benefits and temporary lay-offs. Almost a third of those under 24 are unemployed. Economists expect unemployment figures may rise later in the year as Mr Tremonti could be forced to make further austerity cuts, with welfare programmes a probable target.


Concernant le taux de chômage toujours, Zero Hedge relaie que le taux de chômage des moins de 24 ans vient d'atteindre un niveau historique : 28,9 %.

Pour The Market Oracle, cette augmentation de la dette souveraine et du chômage font de l'Italie "l'éléphant invisible" de la zone euro.

lundi 10 janvier 2011

Emmanuel Todd et le protectionnisme européen intelligent

Dans un entretien récent, donné au quotidien belge Le Soir, et repris sur le blog Tout sur la Chine, le politologue, démographe et essayiste français Emmanuel Todd, a livré son pronostic sur 2011, une année difficile pour l’euro. Et l’occasion pour lui de défendre de nouveau un "véritable protectionnisme européen". Emmanuel Todd n'y va pas avec le dos de la cuillère...


Emmanuel Todd sur les plans de relance économique :
2010 fut une année charnière. C'est l'année où les croyances, économiques et politiques dominantes de l'Occident sont arrivées au bout de quelque chose [...]

Les plans de relance ont, à la rigueur, relancé les profits dans les économies occidentales, ont regonflé à un niveau acceptable les indicateurs boursiers, mais n'ont pas fait repartir l'emploi, les salaires. Malgré ces plans, la dégradation du niveau de vie a commencé ; aux États-Unis, les indicateurs mettent même en lumière une diminution de l'espérance de vie [...]

Moi, je me bats depuis longtemps pour un protectionnisme intelligent.


Emmanuel Todd sur l'euro :
Je serais très étonné que l'euro, dans sa forme actuelle, survive à l'année 2011. S'il survit, ce sera dans un contexte de réorientation générale des politiques économiques européennes [...]

Pour moi, l'explosion de l'euro, c'est une probabilité de 90 %. Ce qui provoquerait un trou d'air idéologique formidable mais, dans ce contexte, j'ai très très peur de l'effet de délégitimation des élites.


Emmanuel Todd sur la relance européenne :
La sortie vers le haut : on veut sauver l'euro, on y tient vraiment et on accepte l'idée que le problème mondial, c'est le libre-échange, l'insuffisance de la demande. On fait revenir l'Europe à sa conception initiale de la préférence communautaire. On dit que l'Europe a le droit, dans un monde en guerre sur les coûts salariaux, de faire un virage protectionniste.

Entretien intégral à lire sur Tout sur la Chine.

Oliver Knipping veut privatiser les autoroutes européennes


Le think tank britannique Adam Smith Institute (libertarien à 100 %) vient de publier un article d'Oliver Knipping, un membre du Berlin Manhattan Institute for Free Enterprise (un think tank allemand vaguement environnemental). L'auteur n'y va pas par quatre chemins : selon lui, la "dénationalisation" des routes pourrait réduire les coûts des accidents routiers, les dommages environnementaux et le stress des conducteurs, ainsi que fluidifier le trafic routier. Sans blague. En tout cas, l'idée semble plaire à l'Adam Smith Institute, partisan éternel du moindre État.

Extrait :
Motorways and regional and communal roads should be transferred to private providers. Entrepreneurs should be in charge of operations, maintenance and the construction of new road networks. Also, the providers should decide the method of financing. Roads could be financed by ad posters, electronic commercials or sponsorship – as is already done in soccer stadiums and the like.

L'article intégral est à lire sur le site du Berlin Manhattan Institute for Free Enterprise ou sur le site de l'Adam Smith Institute.

Philipp Bagus : Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?

Philipp Bagus, professeur associé à l’Université Rey Juan Carlos à Madrid et auteur de The Tragedy of the Euro (à lire gratuitement sur scribd.com), a publié sur le site du Ludwig von Mises Institute (une organisation américaine libertarienne adepte de l'école autrichienne d'économie) un article intitulé : "Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?" Philipp Bagus commence ainsi :

Ben Bernanke a récemment annoncé que la phase 2 de l’assouplissement monétaire, connu sous le nom de QE2, pourrait être suivie d’une phase 3 voire 4, etc. Dans une interview début décembre 2010, il lui était demandé : « Anticipez-vous un scénario qui rendrait nécessaire d’acheter plus de 600 milliards de dollars ? » La réponse de Bernanke a de quoi surprendre : « Oh oui, c’est bien possible, dit-il. Tout dépend de l’efficacité du programme. Ça dépend du niveau d’inflation. Et pour finir, ça dépend de la façon dont l’économie se comportera. »

La réponse a cela d’intéressant qu’elle indique que la Fed (Banque centrale américaine) pourrait acheter davantage de bons du trésor tout en impliquant que l’assouplissement monétaire et l’inflation seraient deux phénomènes différents. En effet, ses déclarations ne seraient sinon que de simples tautologies : plus d’inflation dépend de l’inflation.

Un livre à lire : The Tragedy of the Euro.

Philipp Bagus poursuit en critiquant les assouplissements monétaires, leurs inefficacités et, surtout, leurs dangerosités. Extraits :

A vrai dire, QE1 pourrait entraîner davantage de malinvestissement et ainsi aggraver le problème. Nous pourrions assister à une japanisation du système bancaire au sein duquel des banques insolvables fonctionneraient sous perfusion de la Banque centrale [...]

La création monétaire ne rend pas la société plus riche. Elle ne produit pas davantage de biens. Elle a un effet redistributif en faveur de ceux qui la reçoivent en premier et au détriment de ceux qui la reçoivent ensuite. L’injection de monnaie dans un domaine de l’économie distord la production. Ainsi, QE2 ne permet pas d’assouplir l’économie. Au contraire, elle rend la récession plus dure et plus longue [...]

L’injection de nouvelle monnaie dans l’économie regonfle les vieilles bulles et en génère de nouvelles [...]


L'article complet est à lire en français sur le site de l'Institut Economique Molinari ou en anglais sur le site du Mises Institute.

Crise de la dette et menaces sur l'euro

Le 14 décembre 2010, l’Institut Thomas More a organisé une rencontre sur la crise de la dette et les menaces sur l'euros. Les intervenants étaient :

- Jean-Marc DANIEL, professeur d'économie à ESCP Europe, chargé de cours à l'École des Mines de Paris,
- Gérard DUSSILLOL, président du groupe de travail Finances publiques de l'Institut Thomas More,
- Paul GOLDSCHMIDT, ancien directeur à la Commission européenne, membre de l’Advisory Board de l’Institut Thomas More.

L'Institut Thomas More a publié sur son site un compte-rendu de ces interventions. En voici les extraits les plus forts.


Gérard Dussillol et la faillite de l'Europe :
A moyen terme, d’ici 2013, la question est de savoir si l'Europe et les États membres peuvent restaurer la confiance sur l'euro et sur la dette et comment ils peuvent le faire. La confiance sur la dette veut en fait dire sustainability, i.e. la capacité non pas de rembourser cette dette mais de la contenir... Les États européens fortement liés à l’euro n’ont rien à gagner d’une explosion de celui-ci du fait de leur fort engagement. Concernant la dette, les problèmes irlandais et grec sont a priori réglés ou en passe de l'être. Le Portugal est trop petit pour faire vaciller le système mais la question de l’Espagne est plus sérieuse : est-elle « too big to bail » ?, Après elle, c'est l’Italie et la France qui pourraient se retrouver sur le radar. Pour le moment, elles restent au bord du radar... mais pour le moment seulement.


Paul Goldschmidt et le désendettement :
Aujourd'hui, il faut évidemment se désendetter pour ne pas entraver la croissance et lancer un signal fort aux marchés afin qu’ils arrêtent la spéculation sur les dettes européennes. Deux solutions se présentent alors : soit on suit le modèle d’orthodoxie budgétaire avec des comptes publics en équilibre et donc un remboursement graduel de la dette, soit on dévalorise cette dette grâce à l’option de l’inflation.


Jean-Marc Daniel et l'union des pays européens :
Un véritable fédéralisme est difficile à tenir au niveau européen et ne peut être envisagé dans un avenir proche. L’Europe ne peut se mettre d’accord à 27. Or, elle a plus que besoin aujourd’hui d’être unie et de montrer sa cohésion face à des pays émergents de plus en plus puissants. L’idéal serait d’avoir des leaders prêts à mener et à incarner une politique et une ambition européennes. Rêvons un peu... On pourrait alors imaginer ainsi la distribution des rôles : l’Allemagne en leader sérieux, la France en leader en second moins sérieux, la Grande Bretagne en « traître » de comédie et l’Italie en Colombine fantaisiste et imaginative...