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mardi 20 septembre 2011

Sans la BCE, la zone euro aurait-elle déjà explosé ?

Dans un entretien donné à Easybourse, Étienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers (EDRIM), affirme : "on reproche aujourd’hui à l’Europe un manque de leadership politique. Heureusement que la BCE apporte un minimum de leadership. Je pense sincèrement que s’il n’y avait pas la BCE, la zone euro aurait réellement implosé". Concernant le cas la Grèce, il explique : "la logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro". Extraits :

Étienne Gorgeon : "un défaut ordonné de la Grèce s'impose".

La BCE utilise sa politique de rachat pour amener les pays fragilisés à procéder aux réformes nécessaires ?

Si la BCE s’est mise à racheter massivement des titres d’emprunt italiens c'est en échange de l’engagement pris par Berlusconi d’assainir ses comptes par des mesures de rigueur budgétaire. Un plan d’une quarantaine de milliards d’économies a alors été voté. Deux jours plus tard, Berlusconi contredit son ministre des Finances lui signalant que le plan va beaucoup trop loin. De ce fait la BCE stoppe son programme de rachat. Le taux de refinancement de l’Italie grimpe de nouveau. Il s’en suit un plan beaucoup plus ambitieux et une accélération des rachats de la BCE. La politique de rachat de la BCE est une manière saine de mettre sous tutelle un Etat. C’est un moyen de pression qu’a l’institution européenne pour mettre les Etats devant leurs responsabilités. La BCE pourrait tout à fait réduire davantage les taux de refinancement de l’Italie et de l’Espagne en procédant à des rachats plus conséquents. Elle ne le fait pas pour être sure d’obtenir des gages de la part des politiques d’aller dans la bonne direction et parce qu’elle ne veut pas brûler ses cartouches trop vite trop fort.

Un autre moyen de rendre plus efficace cette politique menée par la BCE serait de laisser tomber la Grèce ?

La logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro. L’idée étant que quand les gros ont faim, les petits meurent. Malheureusement l’Italie et l’Espagne sont bien plus importantes que la Grèce. Dans un environnement où la contagion se répand jusqu’aux gros pays sur lesquels il n’y a pas de justification pour qu’ils s’effondrent, alors un défaut ordonné de la Grèce s’impose. Tout l’argent prévu pour aider la Grèce, qui ne cesse de s’enfoncer dans la récession et qui rencontre de véritables problèmes administratifs ; les 109 milliards auxquels on ajoute la capacité du fonds de stabilisation ; devraient être mobilisés pour renforcer le secteur bancaire et recapitaliser la Banque centrale européenne pour l’aider à continuer à jouer son rôle d’arme de dissuasion en achetant dans le marché des emprunts d’Etat italiens et espagnols pour définitivement caler le marché. C’est une question d’allocation et de volonté politique.

lundi 14 mars 2011

La Banque d'Italie met sous tutelle une banque romaine contrôlée par la Libye

Khadafi milliard banque dollars banca UBAE Tripoli
Selon Ria Novosti et Le Figaro, la Banque d'Italie a annoncé aujourd'hui, lundi 14 mars, avoir placé sous tutelle provisoire Banca UBAE, une banque italienne avec une forte participation libyenne, se conformant ainsi aux sanctions adoptées par l'Union européenne contre le régime du dictateur Mouammar Kadhafi, le milliardaire chasseur de jeunes drogués manipulés par des islamistes.

La Banque centrale libyenne (BCL) et la Libyan Foreign Bank (LFB) ont au sein de Banca UBAE, une banque de droit italienne, une position de contrôle et le rôle de principal financier, souligne la Banque d'Italie dans son communiqué. La Banque d'Italie a également chargé ses commissaires Vincenzo Cantarella et Maurizio Losavio d'exercer provisoirement la gestion d'UBAE.

En relation avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 26 février 2011 et des mesures restrictives adoptées par l'Union européenne, visant notamment ces deux banques libyennes, la Banque d'Italie a décidé de placer UBAE sous gestion provisoire, en nommant deux commissaires chargés de la gestion de la banque, afin que puissent être assurée la continuité de ses activités, indique le communiqué.

mardi 11 janvier 2011

Les coûts de la dette de l'Italie dans la zone rouge


Sur son blog, Pierre Jovanovic nous informe que l'éditorialiste économique du Telegraph, Ambrose Evans-Pritchard explique que "les coûts de la dette de l'Italie atteignent la zone rouge". En effet, le pays a largement augmenté ses emprunts depuis 2008, sans pouvoir les rembourser. Conséquence : de jour en jour, l'Italie accroît sa dette, et recule pour mieux sauter :

Italy avoided the sort of property bubble seen in Spain or Ireland and has kept a tight rein on public spending under finance minister Giulio Tremonti. However, the rise in yields looks ominously like the pattern seen in Greece, Ireland, Portugal and Spain when they first began to lose easy access to the capital markets.


Dans son édition du 10 janvier, le Financial Times confirme les explications d'Evans-Pritchard en précisant que l'endettement de l'Italie va atteindre 120 % du PIB en 2011 et que le chômage risque de s'aggraver dans les mois à venir. Le ministre de l'Économie et des Finances Giulio Tremonti pourrait même être amené à restreindre les allocations chômage :
Italy’s unemployed remains at about 8.7 %, according to figures released last week, and analysts say those figures are helped by widespread welfare benefits and temporary lay-offs. Almost a third of those under 24 are unemployed. Economists expect unemployment figures may rise later in the year as Mr Tremonti could be forced to make further austerity cuts, with welfare programmes a probable target.


Concernant le taux de chômage toujours, Zero Hedge relaie que le taux de chômage des moins de 24 ans vient d'atteindre un niveau historique : 28,9 %.

Pour The Market Oracle, cette augmentation de la dette souveraine et du chômage font de l'Italie "l'éléphant invisible" de la zone euro.