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lundi 4 juin 2012

Un homme manifeste devant la Société Générale. La justice le soutient

Depuis treize jours, de 7h45 à 18h15, Bruno Boulefkhad fait le siège de la Société Générale située place de la Liberté à Lons-le-Saunier (Jura), avec une pancarte « Stop aux abus bancaires, cette banque a coulé mon entreprise en pratiquant le crédit ruineux ».

Bruno Boulefkhad devant la Société Générale.

La banque a assigné en référé ce père de famille de 48 ans, pour mettre un terme à ce « trouble manifestement illicite » qui nuit à son image. Mais dans sa décision, la juge des référés du tribunal de Lons-le-Saunier a estimé que le « caractère illicite de cette situation » n'avait pas été prouvé, « tandis que M. Boulefkhad se tient en dehors des locaux de la banque ». « Mon client se trouve sur le domaine public et il ne fait qu'exercer son droit d'occuper et son droit de s'exprimer », a estimé de son côté l'avocat du chef d'entreprise, Me Jean-Philippe Narjoz-Delatour.

« C'est de l'escroquerie ! »


Selon son avocat, deux autres procédures sur le fond opposent M. Boulefkhad à la Société générale, l'une devant le tribunal de grande instance et l'autre devant le tribunal de commerce. La société de vente de voitures d'occasion de M. Boulefkhad, Flash Auto, a en effet été placée en liquidation judiciaire début 2012. « Fin 2008, la crise automobile et la prime à la casse, qui a plombé la vente de voitures d'occasion, ont fait chuter mes ventes », a expliqué l'ancien chef d'entreprise. « La Société générale m'a obligée à transformer environ 350.000 euros d'encours bancaires (dettes) en crédits amortissables sur trois ans alors qu'elle savait que je ne pourrais pas les rembourser. Le tout en se servant des garanties bancaires de l'entreprise publique Oséo. C'est de l'escroquerie ! », estime l'homme qui se dit « à bout ».

Sources : cbanques.com et  franche-comte.france3.fr

lundi 21 mai 2012

Le Royaume-Uni à la présidence de la BERD

Les Anglo-Saxons tiennent désormais les leviers du pouvoir à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Le 18 mai, c'est en effet le candidat britannique, Sir Suma Chakrabarti, qui a été élu à la présidence de cette institution, chargée initialement d'aider les pays de l'ancien bloc soviétique à passer à l'économie de marché. Les sujets de la reine détiennent déjà les postes de direction des institutions financières, de la communication, ainsi que des risques et ressources humaines au sein de la hiérarchie de la BERD.

Sir Suma Chakrabati, nouveau Président de la BERD.

Manœuvres du Royaume-Uni pour évincer le duo franco-allemand


M. Chakrabarti, 53 ans, directeur général du ministère de la justice et ancien conseiller du premier ministre travailliste Tony Blair, a recueilli les voix de 34 gouverneurs (actionnaires) de la BERD sur les 61 votants à bulletin secret, représentant 55 % du capital. Avec 15 suffrages, soit 29 % des parts, le Français Philippe de Fontaine Vive, longtemps présenté comme favori, est arrivé en deuxième position. Il a devancé le président sortant, l'Allemand Thomas Mirow.

L'élection de M. Chakrabarti marque un tournant dans le fonctionnement de la BERD. Depuis sa fondation en 1991, l'institution avait été dirigée alternativement par les Français et les Allemands. C'est pourquoi, avec l'accord de Berlin, Paris avait proposé la candidature de M. de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, dont le cursus répondait au profil d'une organisation dont l'essentiel des prêts va au secteur privé. Malgré un bilan globalement positif lors de son premier mandat, M. Mirow n'avait pas bénéficié du soutien de la chancelière Angela Merkel, qui appuyait le Français. A la surprise générale, le Royaume-Uni a renié un accord informel de 1991, en vertu duquel il détenait un siège à la direction de la BERD, mais laissait la présidence au duo franco-allemand.

David Cameron : thumbs up !


La redoutable machine diplomatique du Foreign Office s'est mise en branle. La priorité du premier ministre britannique, David Cameron, était d'empêcher que l'attribution du poste de président soit décidée par les seuls membres de la zone euro. Qu'importe que M. Chakrabarti ait fait l'essentiel de sa carrière dans l'aide au développement, qui n'est pas du ressort de la BERD. A écouter le Foreign Office, l'effet de la crise de la zone euro sur les pays d'intervention de cette enseigne, présente dans 29 pays d'opération, la préservation pour la BERD de la note financière maximale AAA et surtout l'extension des activités à quatre pays méditerranéens (Maroc, Égypte, Tunisie, Jordanie) nécessitaient un dirigeant d'une autre trempe que le Français. La preuve, laissaient entendre les diplomates de Sa Majesté, est que Paris envisageait de lui substituer Xavier Muscat, à l'époque secrétaire général de l’Élysée. Ce dernier a eu beau démentir la rumeur, rien n'y a fait.

Fort du support de la Pologne, qui présentait un candidat ayant peu de chance vu sa faible connaissance de l'anglais, et de la Suède, qui ne fait pas partie de la zone euro, le ministre des finances britannique, George Osborne, a empêché le Conseil européen des ministres des finances du 15 mai de choisir le candidat français. De plus, faute d'accord, la Commission européenne et la Banque centrale d'investissement, qui représentent 6 % des suffrages, ont été contraintes de s'abstenir lors du vote du 18 mai.

Mario Monti : le changement c'est maintenant !


Goldman Sachs est  de la partie, bien sûr...


Vu l'absence de candidat unique européen, les États-Unis et le Japon ont soutenu Londres. Le premier ministre italien, Mario Monti, ancien conseiller de Goldman Sachs à Londres et grand admirateur de la City, a aussi rompu la solidarité au sein de la zone euro, se ralliant aux Britanniques. Si Londres a fait une "campagne sérieuse", affichant "une diplomatie ferme", selon M. Osborne, Paris, occupée par la présidentielle, a été inaudible.

M. de Fontaine Vive n'a pu compter que sur l'appui du directeur du Trésor français, Ramon Fernandez. Entré en fonctions le 16 mai, le nouveau ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, n'a pas eu le temps de prendre ses marques pour venir en aide au candidat. Avec la présidence aux mains d'un Britannique, dont le français et l'allemand sont très "basiques" d'après sa biographie, et la première vice-présidence traditionnellement détenue par un Américain, la BERD devrait accentuer sa réorientation vers les espaces extra-européens.

Source : Le Monde

mercredi 11 avril 2012

Spéculer sur la dette française à partir du 16 avril ?

13 ans après la disparition du MATIF, le marché à terme des instruments financiers, une semaine avant les élections Française, tous les spéculateurs du monde entier pourront facilement vendre à découvert de la dette française. Facilement. A coûts bas. Et avec un effet de levier maximum.


A partir du 16 Avril, tout le monde pourra spéculer contre la dette Française

C'est une annonce qui est passée relativement inaperçue. Le 16 Avril, soit, quelle coïncidence, une semaine avant le premier tour des élections françaises, le marché des dérivés, l'Eurex, va ouvrir un contrat à terme sur les emprunts d’État français.. Qu'est ce que cela veut dire? Très simplement. Jusqu'à présent, si vous vouliez spéculer contre la dette Française, vous n'aviez que deux moyens : acheter des CDS, ces fameux contrats d'assurance contre la faillite, ou vendre à découvert des emprunts d'état Français, deux moyens destinés aux grandes institutions financières et aux gros fonds spéculatifs et qui nécessitaient de gros moyens.

Avec l'ouverture de ce contrat, ce sera plus facile

Tout le monde ou presque pourra acheter ou vendre à découvert des emprunts d’État Français. Facilement. Et en plus avec un effet de levier de 20. C'est-à-dire qu'avec 50,000 euros seulement vous pourrez vendre à découvert 1 million d'euros d'emprunts d’État Français. C'est l'arme idéale pour attaquer la France. Cela fait plus de 13 ans qu'avec la disparition du MATIF, le marché à terme des Instruments Financiers, on ne pouvait plus spéculer contre la France aussi facilement.

On va dire que c'est une simple coïncidence. Que c'est un hasard si quelques jours avant les élections Françaises, les spéculateurs du monde entier se dotent d'une arme fatale, bon marché, et à fort effet de levier pour s'attaquer à la dette Française. Il n'y a pas de complot. Rassurez-vous. Dormez tranquille. Il ne se passera rien…

Source : Monfinancier.com

jeudi 16 février 2012

L'économie de partage est-elle la solution à la crise ?

Le blog Tendances Eco (réflexions sur l'économie et la finance dans un monde qui change) a publié un article sur la "dé-possession" comme remède à la crise économique et écologique. Le terme de "dé-possession" est issu du nouveau cahier d'enjeux publié par la FING (Fédération Internet Nouvelle Génération), "Questions numériques 2012-2013 : le temps des ruptures ?" Ce nouveau cahier imagine sept scénarios de rupture pour imaginer l'avenir.
Logo de la FING.

Ces sept scénarios sont les suivants :
  • Posséder, c'est dépassé
  • Éducation, de l'implosion à la reconstruction
  • CDI, c'est fini !
  • Grosse fatigue numérique
  • Vers l'industrie de proximité
  • Sécessions territoriales
  • Rendez-moi mes données !

"Dé-possession" et société de partage

La FING part de ce constat : « face à une crise qui dure, une économie de survie se développe : il faut dépenser moins et générer des revenus complémentaires. Comment ? En partageant tout ce qu’on peut : sa voiture, son logement, ses outils, son bout de jardin, son temps, ses compétences… [...] Petit à petit, la dé-possession devient autre chose qu’une contrainte, un champ d’innovation. Un imaginaire du partage émerge, issu des théoriciens de la décroissance : moins de biens, plus de liens (et un impact écologique diminué) ! [...] Cette transformation qui touche tant la production que la consommation, a en revanche un effet économique paradoxal : en permettant de satisfaire de nombreux besoins à un coût moindre, elle réduit mécaniquement le PIB ».

Est-ce viable économiquement ? Lire la suite sur Tendances Eco.

lundi 23 janvier 2012

Frédéric Lordon dénonce l'oligarchie financière

Dans son intervention lors de la conférence "Leur dette, notre démocratie", organisée le 15 novembre par Mediapart et Attac, l'économiste Frédéric Lordon, auteur de Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza, dénonce l'"oligarchie autistique" qu'est le gouvernement français, ainsi que l'oligarchie financière qui détruit peu à peu le semblant de démocratie en Europe. Déjà une intervention classique.


jeudi 22 décembre 2011

Conférence internationale "Leur dette, notre démocratie" le 15 janvier

En partenariat avec Médiapart, Attac organise le dimanche 15 janvier 2012 à Paris (12è) la conférence internationale "Leur dette, notre démocratie" qui rassemblera des animateurs des luttes sociales et citoyennes et des chercheurs venus de France, d'Europe et d'ailleurs, pour mettre en débat la dette publique, sa légitimité, les mouvements sociaux qui émergent et les stratégies pour refonder l'Europe sur des bases démocratiques.

attac mediapart conference

Déroulé de la journée

- 9h30-12h30 La dette publique contre les peuples : pour l'audit citoyen
- 14h15h30: Indignation et pouvoir des citoyens : refonder la démocratie ?
- 15h45-16h30: Le tribunal populaire des banques (une coproduction théâtrale Attac-Compagnie Naje)
- 16h30-18 h30: Crise européenne : peut on encore éviter le pire ?

Avec notamment : Cristina Asensi (Movimiento 15M, Espagne), Geneviève Azam (Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Isham Christie (Occupy Wall Street, USA), Philippe Corcuff (sociologue), Thomas Coutrot (Attac), Raquel Freire (Movimento 12 março, Portugal), Susan George, Manolis Glezos, Bernadette Groison (FSU), Nicolas Haeringer (Attac), Jean-Marie Harribey (Attac), Stéphane Hessel , Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Frédéric Lordon (Economistes atterrés), Dominique Plihon (Attac), Yves Sintomer (politiste), Eric Toussaint (CADTM), Aurélie Trouvé (Attac)...

Les enfants Bolloré, Decaux et Arnault au club Le Siècle

Félicitations à Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré et directeur général de Bolloré Média, qui vient d'être accueilli au sein du club Le Siècle, actuellement présidé par l'ancienne secrétaire générale du syndicat CFDT, Nicole Notat. Selon la Lettre A, ce n'est pas le seul "fils de" à y pénétrer : Jean-Charles Decaux, fils de Jean-Claude Decaux et directeur général de JCDecaux, ainsi que Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Dior, qui appartient à LVMH, groupe fondé par son papa Bernard. L'oligarchie peut dormir tranquille !

yannick bolloré
Yannick Bolloré, "fils de".

mercredi 21 décembre 2011

811 milliards d'euros pour éviter la faillite de la zone euro

Les États de la zone euro devront emprunter 811 milliards d'euros l'an prochain. Au cours des deux prochaines années, la zone euro devra emprunter 1.700 milliards, soit 19% de son PIB ! Une broutille... Les trois plus gros émetteurs sont l'Italie (231 milliards), l'Allemagne (187 milliards) et la France (178 milliards).

François Baroin
François Baroin, plus boy scout que Nicolas Dupont-Aignan...

Selon les calculs de la vertueuse banque d'affaires Goldman Sachs, les besoins de financement représenteront environ 17 % du PIB des quatre principaux pays de la zone (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas) et monteront à plus de 21 % dans les pays dits périphériques. À plus court terme aussi, l'inquiétude est forte : selon les économistes (qui font du beau boulot depuis 2007 !) de la Société Générale, les États de la zone euro auront besoin d'emprunter 250 milliards d'euros au cours du seul premier trimestre 2012. Un mur de dette qui se dresse dans un environnement de marché incertain, alors que les instruments financiers de soutien à la zone euro (FESF, MES) ne seront pas encore disponibles...

jeudi 15 décembre 2011

Le rapport de Terra Nova sur les hautes rémunérations

La fondation Terra Nova vient de publier son rapport "Pour une régulation des hautes rémunérations", rédigé par Gaby Bonnand (Président de l'Unédic), Martin Hirsch (ancien Président d'Emmaüs France) et Sandra Desmettre.

fondation terra nova

Justice sociale, gestion des risques et efficacité économique

Depuis le début de la crise, le discours sur les hautes rémunérations a changé : on les explique et on les excuse de moins en moins. Pendant cette période où la crise s’est aggravée et où les plus hautes rémunérations ont continué à flamber, la seule réaction collective, tardive et timide, a été celle de quelques hauts patrons appelant à être davantage imposés. Le rapport de Terra Nova montre que l’existence d’écarts aussi élevés entre les rémunérations pose des problèmes de justice sociale, de gestion des risques et d’efficacité économique, notamment au niveau de leur impact sur les dépenses publiques et les déficits.

Il n’y a pas d’un côté des dépenses publiques galopantes et de l’autre des hautes rémunérations exorbitantes, comme deux phénomènes indépendants. Il y a une explosion des hautes rémunérations qui contribue à déclencher des dépenses sociales supplémentaires. Réduire les plus hautes rémunérations, c’est aussi participer, via la réduction des inégalités, à la réduction des dépenses publiques.



Les propositions de Terra Nova


Terra Nova donne 11 propositions de régulation face à ce scandale propre à alimenter une fureur populaire pré-révolutionnaire dans un monde capitaliste agonisant :
  1. Réduire les inégalités de revenus en accroissant substantiellement les taux d’imposition portant sur les plus hautes rémunérations et en limitant les possibilités de contournement.
  2. Diffuser les écarts de rémunération au sein de l’entreprise.
  3. Diffuser les critères de rémunération variable qui devraient contenir au moins un objectif à caractère social et un objectif environnemental pour les sociétés cotées
  4. Prévoir des modalités de concertation au sein du comité d'entreprise sur les critères de rémunération.
  5. Supprimer les retraites chapeaux.
  6. Rendre transparentes l’intégralité des rémunérations des élus et des membres de cabinet, ainsi que les plus hautes rémunérations dans les administrations et établissements publics.
  7. Diffuser chaque année l’évolution des hauts salaires, ainsi que les données relatives à la progressivité de l’impôt.
  8. Limiter la tentation du court-termisme en prévoyant une part de rémunération des dirigeants sous forme de participations bloquées pendant au moins cinq ans et un exercice différé des options.
  9. Réformer le fonctionnement des conseils d’administration et soumettre les rémunérations des mandataires sociaux, ainsi que les dix rémunérations les plus élevées, au vote de l’assemblée générale des actionnaires.
  10. Mettre en place une conférence des hautes rémunérations.
  11. Adopter un plafonnement en valeur absolue des bonus des traders.

Alain Minc responsable des difficultés de Groupama ?

Selon la Lettre A, Alain Minc, qui vient d'être nommé Président de la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef), serait responsable d'une partie des graves difficultés de Groupama, menacé d'être dégradé dans la catégorie des junk bonds par Standard & Poors.

Alain Minc
Alain "Tony Montana" Minc : le monde est à moi !

En effet, un "ancien dirigeant" du groupe assure que Jean Azéma, démis le 24 octobre de la direction générale de Groupama, était "fasciné" par le conseiller préféré de Nicolas Sarkozy, commandeur de la Légion d'Honneur depuis 2008. Minc, toujours riche de bons conseils (une rapide étude de ses déclarations le prouve aisément), a donc largement contribué au "développement tous azimuts à l'international de Groupama", choix que l'assureur paie aujourd'hui au prix fort.

Alain Minc joue-t-il sur deux tableaux dans son intérêt personnel ?

Autre fait révélé par la Lettre A : Groupama possède 4,9% de la banque d'affaires Mediobanca, alliée de Vincent Bolloré dont le principal conseiller est... Alain Minc. La Lettre A commente : "de là à penser que ce dernier a incité Groupama à soutenir son autre client, il n'y a qu'un pas, que la nouvelle équipe dirigeante n'est pas loin de franchir".

Rappelons qu'Alain Minc, oracle influent de notre époque, est également ancien inspecteur des finances de 2ème classe, PDG de la SAS AM Conseil, administrateur de la FNAC, de Direct Energie et de Prisa, et, enfin, Censeur de Bolloré Média (Direct 8). Mais où trouve-t-il le temps d'écrire ses livres ? A moins que... non, n'y pensons même pas.

jeudi 8 décembre 2011

La finance et les Français font deux

Selon l'étude "La culture financière des Français", réalisée par le Crédoc pour L'Institut pour l'éducation financière du public (IEFP) avec le soutien de l'Autorité des marchés financiers (AMF), seul un Français sur deux sait que 100 euros placés à 2% par an conduisent à un capital de 102 euros au bout d'un an ! Ceci étant un seul exemple d'un tableau peu reluisant du niveau de connaissance des Français en matière financière.


80% des Français avouent qu'ils sont un peu perdus en matière de placements financiers. Et 49% estiment leurs connaissances insuffisantes pour évaluer la rentabilité et le risque des produits financiers.

Il existe quand même un espoir puisque 79% des personnes interrogées souhaitent en apprendre davantage en matière de finance au cours de leurs études. Ils sont même 86% chez les 18-24ans. Et 77% ne sont pas contre le fait de suivre une formation dans leur entreprise.

mardi 29 novembre 2011

François Soulage (Secours Catholique) et l'économie sociale

Dans un entretien donné à La Montagne, François Soulage, économiste et président du Secours catholique, dénonce une société "inégalitaire" et estime que personne ne devrait être obligé d'acheter "son droit à l'assistance". François Soulage s'explique sur le microcrédit, l'économie sociale et solidaire, et les causes de la pauvreté en France.

françois soulage
François Soulage, président du Secours Catholique.

Quelles sont les raisons de votre venue en Haute-Loire ?

J'ai signé une convention de partenariat sur le microcrédit. Cet établissement bancaire fera crédit sur un dossier présenté et partiellement garanti par le Secours catholique. J'ai participé aussi à une conférence le 24 novembre sur le thème de l'économie sociale et solidaire.

Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire ?

L'économie sociale, c'est un ensemble d'entreprises dont le capital appartient aux usagers, et non pas aux actionnaires. Leur objectif n'est donc pas de faire de la rentabilité. Quant à l'économie solidaire, ce sont des entreprises dont la finalité est de répondre à des besoins sociaux auxquels le marché traditionnel ne répond pas ou répond mal. Par exemple, des entreprises d'insertion, d'agriculture de proximité, de services à la personne, etc.

Que pensez-vous de la décision de Bruxelles de prolonger son programme d'aide alimentaire jusqu'en 2014 ?

Je ne voudrais pas qu'on se réjouisse trop de cette prolongation. Cela voudrait dire qu'on se félicite qu'il y ait beaucoup d'aide alimentaire, or il ne devrait plus y en avoir. En 2014, je souhaite qu'il y ait un débat de fond pour aller plus loin.

Comment peut-on aller plus loin ?

J'essaie d'être réaliste. De voir comment, avec les moyens actuels, on peut couvrir des besoins qui permettent aux plus démunis de commencer à construire quelque chose. Par exemple, il faudrait mettre en place plus d'hébergements de stabilisation pour que l'accompagnement soit plus important.

Quelles sont, selon vous, les causes de la pauvreté ?

Aujourd'hui, la société est de moins en moins solidaire et les inégalités s'accroissent. Dans notre rapport, on se rend compte que les gens en grande pauvreté s'enfoncent dans cette grande pauvreté, que l'écart se creuse. Et comme nous sommes dans une société qui ne fabrique plus d'emploi mais des opportunités, le capital social joue un rôle essentiel. Or les pauvres n'ont plus de capital social.

Cela explique la paupérisation des jeunes ?

40 % des jeunes qui viennent nous voir sont au chômage et 30 % sans ressources. Le drame c'est que quand ils sont dans une famille en difficulté, leurs propres difficultés s'accroissent. C'est un cercle vicieux. C'est ce qu'on appelle la reproduction sociale. En période de crise, lorsque la bataille pour l'emploi est plus dure, la reproduction sociale joue de plus en plus car il ne suffit plus d'avoir un bon diplôme. Il faut être dans le bon quartier, avoir une famille qui peut vous soutenir

Source : La Montagne

jeudi 10 novembre 2011

Présidentielles 2012 et franc-maçonnerie

Le 22 novembre, le Grand Orient de France (GODF) reçoit au Temple Groussier ses invités, parmi lesquels... François Hollande ! Ce jour-là, François Hollande, candidat du Parti Socialiste, y sera convié par les loges République et Salvador Allende, dans le cadre d'un programme d'audition de candidats à la présidentielle.

melenchon franc maçon

François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon (qui n'aime pas qu'on lui rappelle qu'il est franc-maçon... pourquoi tant de pudeur ?) ont déjà répondu à l'appel, les 27 septembre et 8 novembre. Nicolas Sarkozy, Eva Joly et Hervé Morin sont attendus dans les prochains mois, ainsi que Jean-Pierre Chevènement.

Les non-initiés auront-ils les retranscriptions de ces audiences, ô combien importantes pour le choix "républicain" et 'démocratique" de la prochaine échéance électorale ?

jeudi 3 novembre 2011

Traitement du G20 dans la presse

Voici quelques titres et extraits d'articles de la presse française consacrés au sommet du "G20 Cannes 2011". Instructif.

Le Figaro : "Nicolas Sarkozy endosse ses habits de « président des crises"
"Quel que soit le résultat du G20, Nicolas Sarkozy espère qu'il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions. Pour son entourage, "le président des crises" apparaît complètement à son affaire au moment où François Hollande "se contente d'ironiser sur le chef de l'État".

Le Monde : "G20 : la France à l'épreuve des émergents"
"L'activisme de Nicolas Sarkozy sur la Libye a heurté. Les IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) sont des démocraties, mais leur approche de la défense des valeurs à l'échelle internationale n'est pas celle du président français qui les accueille à Cannes."

G20 Cannes 2011G20 de Cannes 2011 : "Nouveau monde, nouvelles idées" ?

L'Humanité : "Un G20 hanté par la peur de la démocratie"
"La souveraineté populaire d'un État membre ne vaut que lorsqu'elle est conforme aux décisions du cénacle des chefs d'État. Or, précisément, le problème soulevé par la crise politique grecque est d'ordre démocratique. On a sous-estimé en haut lieu la rébellion de tout un peuple contre sa mise sous tutelle par ses créanciers de la troïka (UE, BCE, FMI) prévue explicitement par le plan européen."

La Croix : "Les pays émergents s'inquiètent de la crise de l'euro"
"Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré hier que la crise dans la zone euro "est devenue la principale source d'inquiétudes pour l'économie mondiale". L'agence Chine nouvelle a, de son côté, estimé que le projet de référendum grec était "une alerte qui pourrait déclencher d'autres reculs ou revers".

La Tribune : "Gouvernance mondiale : les blocs régionaux font de la résistance"
"L'un des conseillers du président russe Dmitri Medvedev a dit voici quelques jours, sur une radio russe, que le problème du G20 était que les décisions prises n'étaient jamais mises en vigueur et il en prenait pour preuve la décision d'augmenter les pouvoirs des pays émergents au FMI, qui n'a pas encore été réellement concrétisée."

mercredi 2 novembre 2011

Occupons la Défense le 4 novembre

occupons la defense
Reproduction de l'"Appel aux journalistes et aux blogueurs", publié le 2 novembre par le mouvement Occupons la Défense. A relayer.

A partir de vendredi 4 novembre 2011, 17h, nous occuperons le quartier d’affaire de La Défense.

Par leur traitement des différents mouvements de contestation qui ont lieu partout dans le monde, les médias nous indignent de plus en plus ! Comment peuvent-ils traiter des sujets aussi graves et indignants en une petite colonne ou dans un sujet télévisé d’à peine une minute ?

Les questions de la création monétaire, du rôle de la BCE (et de la récente nomination de son nouveau président), de la crise actuelle de la zone euro et de la finance mondiale, de l’illégitimité du G20 et de la précarisation des citoyens (entres autres) sont expédiées et traitées avec fatalité.

Il ne passe pas une journée sans qu’une nouvelle information nous indigne toujours plus. Pour passer pas mal de temps sur le terrain, dans la rue, la population est dans sa très grande majorité tout aussi indignée que nous. Nous ne sommes pas des utopistes marginaux. De grands noms de l’économie, de la sociologie et des médias (encore trop peu nombreux) soutiennent notre cause et saluent nos actions.

Nous posons alors la question suivante : Pourquoi, les journalistes (dont les emplois sont de plus en plus précarisés et la liberté de ton de plus en plus menacée) ne nous soutiennent pas plus ouvertement ? Nous avons besoin d’eux et de vous, amis blogueurs, pour ouvrir les yeux à la majorité de la population et pour leur montrer que, contrairement à ce qui se dit dans les journaux télévisés, la révolte est bien là, que d’autres solutions sont possibles et proposées.

Nous en avons assez du traitement de nos actions dans les médias. Toujours minimisées, trop peu expliquées et souvent ridiculisées.

Nous en appelons donc aujourd’hui à chacun d’entre vous: que votre blog soit visité par 5, 10, 100 ou 10.000 personnes par jour à relayer notre appel, à diffuser les informations sur l’occupation de la Défense et sur les aberrations du monde dans lequel on vit et que nous voulons changer.

Nous sommes les 99%, nous sommes indignés, nous sommes de plus en plus révoltés, nous ne les laisserons pas nous décourager !

Liens utiles :

http://occupyfrance.org
http://paris.reelledemocratie.com
http://facebook.com/occupyfrance
http://facebook.com/occuponsladefense
http://twitter.com/occupydefense
http://twitter.com/occupyfrance
http://twitter.com/acampadaparis

vendredi 28 octobre 2011

Conférence sur la crise financière à Silfiac en Bretagne

L’Institut de Silfiac / Skol-Uhel Silieg, "pour un développement durable et solidaire en Bretagne", organise le le 5 novembre une conférence intitulée "la crise financière, causes, répercussions et alternatives". Parmi les intervenants, on trouvera le blogueur Paul Jorion et Jean-Claude Pierre, cofondateur d'Eau et Rivières Bretagne.

Paul Jorion, blogueur économique, chouchou des médias.

Pour s'inscrire et connaître les détails de cette conférence, il faut écrire avant le 30 octobre à : institutdesilfiac@orange.fr.

A propos de l'Institut de Silfiac

Implanté dans le Morbihan en Bretagne, dans une commune pionnière et dans un centre d’accueil en éco-construction, l’Institut de Silfiac/Skol-Uhel Silieg a pour objectif de donner l’occasion aux réseaux d’acteurs qui le souhaitent de mettre en commun leurs expériences et leurs réflexions en matière de développement durable et solidaire, et de débattre dans le respect de leur spécificités et de leurs différences.

mercredi 26 octobre 2011

Baroin veut interdire bonus et dividendes pour les banques recapitalisées

Le ministre de l’Économie et des Finances François Baroin a averti le 25 octobre que la recapitalisation des banques françaises pourrait s'accompagner à tout moment d'une interdiction de verser des dividendes ou de bonus si les autorités de contrôle devaient l'exiger. A L'Assemblée nationale, le ministre a déclaré : "ça se fera avec l'interdiction de distribution des dividendes et des bonus. L'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) sera en charge de contrôler tout cela".

françois baroinFrançois Baroin, "jeune et inexpérimenté" selon le Telegraph.

Dans ses pouvoirs réglementaires, l'ACP, régulateur des banques dépendant de la Banque de France, dispose de la possibilité d'enjoindre à tout moment aux établissements financiers de cesser le versement de bonus ou de dividendes afin qu'ils puissent plus rapidement augmenter leurs fonds propres.

Une recapitalisation d'une dizaine de milliards d'euros

Le Premier ministre François Fillon a confirmé à l'Assemblée nationale que les banques françaises auront besoin d'augmenter leurs fonds propres d'environ "une dizaine de milliards d'euros" dans le cadre d'une recapitalisation du secteur bancaire européen.

mardi 25 octobre 2011

Carte de l'insurrection mondiale contre l'occupation bancaire

Occupy Wall Street aux États-Unis, les Indignés en Europe... La colère populaire monte contre le féodalisme bancaire. On appelle ça la "Global Insurrection Against Banker Occupation", "GIABO" pour les intimes. Ci-dessous, voici une carte répertoriant toutes les villes et les pays en "résistance" : Vancouver, San Francisco, Mexico San Juan, Stockholm, Londres, Madrid, Berlin, Séoul, Hong Kong, Tokyo, Sydney, Auckland... mais également la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Liban, Israël, le Yémen ou l'Irak...

Le mouvement est en plein essor. reste que rien ne passe vraiment en France, pourtant naguère un pays contestataire, parfois sanguinaire... Avec les Français (et leur ministre adoré François Baroin), les banquiers ont encore de beaux jours devant eux !

global insurrection against banker occupationCliquez sur la carte pour l’agrandir.

jeudi 20 octobre 2011

L'avarice de Danone envers ses salariés

L'Humanité a publié le 13 octobre l'article intitulé "Chez Danone, la paille et la botte de fric" qui met en lumière le double jeu de Franck Riboud, PDG de Danone, qui tente de se faire passer pour un patron altruiste responsable, alors que ces actes démontrent le contraire. Il préfère se goinfrer, lui et ses actionnaires, au lieu de distribuer équitablement ses bénéfices aux employés. Voici donc un extrait de l'article de l'Humanité.

Franck Riboud YunnusFranck Riboud, PDG de Danone, et son pote Muhammad Yunus.

1,3 milliard pour les actionnaires, 200 euros par salarié

Du microcrédit à la microprime... Côté scène, chantre du "capitalisme éthique" et de l'"économie sociale de marché" du yaourt, Franck Riboud, le PDG de Danone, n'aime rien tant que s'afficher avec Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix et pionnier de la microfinance au Bangladesh. Plus récemment, toujours sous les feux de la rampe, le même a lancé, avec Liliane Bettencourt, un vibrant appel à taxer les plus riches pour lutter contre l'austérité... Mais, en coulisses, les salariés du géant agroalimentaire peinent souvent à discerner les spécificités "sociales" du philanthrope qui les dirige. Dernier exemple en date, avec les négociations au sein du groupe Danone sur la prime de partage des profits : après avoir distribué 850 millions d'euros de dividendes et brûlé 500 millions d'euros pour racheter, et détruire, ses propres actions, Danone propose de verser 200 euros de prime Sarko, non soumise aux cotisations sociales, à chacun de ses 8 700 salariés en France, soit à peu près 1,75 million d'euros. Une paille dans une botte de fric !

mardi 18 octobre 2011

Notation de la France : in the Moody's for love

Les conseillers de François Baroin et des sinistres français (du type Valérie Pécresse ou Christian Estrosi) font devoir plancher sur des "éléments de langage" au plus vite... Terreur sur l'économie française : l’agence de notation Moody’s va étudier la note AAA de la France durant les 3 prochains mois. Pour une fin de la note souveraine du pays de Zadig et Voltaire (cf Frédéric Lefebvre) ? La note AAA de la France permet d’emprunter dans des conditions très favorables pour financer ses déficits budgétaires. L'été dernier, les États-Unis a lui-même perdu son AAA, causant une panique générale. Du point de Sarko l'Américain, imiter les États-Unis est peut-être une sorte d'hommage et de respect... Sait-on jamais.

In the moody's for love
Éric... non... Luc Besson... tournera-t-il In the Moody's for Love,
adaptation économique du film de Wong Kar-wai ?

Selon Moody’s, la solidité financière de la France s’est affaiblie. La crise a provoqué une détérioration des ratios d’endettement de la France, qui sont désormais parmi les plus faibles des pays bénéficiant de la note AAA. La France pourrait avoir à soutenir le système bancaire français dans les mois venir pour conserver sa note AAA.

Si la France ne tient pas ses engagements budgétaires et si Moody’s constate un nouveau développement négatif de l’économie ou des marchés financiers, alors la France pourrait voir sa notation baisser et pourrait ainsi perdre sa note AAA.