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mercredi 30 mai 2012

La Chine et le Japon se passent du dollar

Pour dynamiser leur commerce bilatéral, la Chine et le Japon ont décidé de se passer du dollar. Les deux pays vont se servir directement de leur monnaie pour faire du commerce à partir du 1er juin. Jusqu‘à présent, le yuan chinois et le yen japonais s'échangeaient via le dollar qui sert de pivot dans la détermination du taux de change. Symbole du déclin étasunien et de la montée en puissance de la Chine ? A Shanghai, le taux de change yuan/yen sera fixé chaque jour par la Banque populaire de Chine. Au Japon c’est le marché de Tokyo qui fixera cette parité.



Pékin souhaite réduire les risques liés aux fluctuations du dollar, qui a vu sa courbe faire des dents de scie. Pékin possède une bonne partie de la dette américaine en bon du Trésor, la fluctuation du dollar a entrainé des pertes pour les Chinois qui ont vu leurs échanges avec les Américains se refroidir.

Vers l'internationalisation du yuan


Pour Yao Wei, analyste en Chine pour la Société Générale à Hong Kong, "c’est un pas important vers l’internationalisation du yuan. Cet accord ouvre les portes à une conversion future de la monnaie chinoise directement dans d’autres monnaies, et cela, en plus de ce traité yen-yuan. Il y aura donc d’autres monnaies qui entreront dans cet accord à l’avenir".

Xia Yeliang, professeur d’économie à l’université de Pékin, ajoute : "la longue marche vers l’internationalisation du yuan est donc en route mais le chemin sera encore long. Malgré nos efforts, le yuan n’est pas encore une monnaie de réserve. Si nous pouvons échanger directement sans passer par le dollar avec des blocs économiques importants, cela facilitera évidemment les questions de liquidités et de dettes. Mais il a fallu beaucoup d’efforts pour arriver à ce niveau de confiance et ces efforts sont régulièrement interrompus par nos des problèmes politiques".

lundi 30 janvier 2012

Jeffrey Sachs et le monde sans leadership moral

jeffrey sachs
Dans une tribune publiée ce matin dans Les Échos, Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la Terre à Columbia et conseiller spécial du secrétaire général des Nations unies pour les objectifs du Millénaire pour le développement, souligne le fait que le monde actuel ne connaît pas seulement une crise économique mais également une crise morale. Pour Jeffrey Sachs, il manque des hommes de la trempe de Vaclav Havel... Ce n'est pas très gentil pour Nicolas Sarkozy (il voulait moraliser la finance ?) ou Barack Obama (le toutou de Wall Street et de George Soros)... Extraits :

La mort de Vaclav Havel est intervenue à l'heure où des manifestations majeures se déroulaient en Russie en protestation contre la fraude électorale ; où les violences en Égypte opposaient les activistes prodémocratie à une armée inébranlable ; où la Chine rurale se soulevait contre la corruption des fonctionnaires locaux ; et où la police aux États-Unis démantelait violemment les campements d'Occupy Wall Street. La réalité d'aujourd'hui est celle d'un monde dans lequel la richesse se traduit en pouvoir, et le pouvoir est au service de la richesse personnelle, aux dépens du pauvre et de l'environnement naturel. Alors que les puissants détruisent l'environnement, engagent des conflits armés sous de faux prétextes, fomentent des soulèvements sociaux, ils ne semblent pas prendre conscience qu'eux-mêmes et leurs enfants devront aussi payer le prix lourd. Mais, à la différence des titans de la dissidence d'hier, nous sommes dotés des instruments que constituent les médias sociaux pour diffuser des messages, surmonter l'isolement et mobiliser des millions pour soutenir les réformes et le renouveau. Aussi, et surtout, nous bénéficions de la constante inspiration que constitue la vie d'un Vaclav Havel.

dimanche 18 septembre 2011

Interview de Jean-Michel Quatrepoint sur la Chine et la crise

Pour présenter son livre "Mourir pour le yuan", Jean-Michel Quatrepoint répond aux questions de BFM TV. Selon lui, la principale erreur était de faire rentrer la Chine dans l'OMC en 2001.

jean-michel quatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Extraits de ses propos : il y a une collusion entre les élites américaines et les multinationales. Les chinois veulent faire du haut de gamme. Ils vont prendre le label "made in France". Ils développent leurs marques. Maintenant on délocalise le capital. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire que de tels déséquilibres ou paupérisations (européennes) ne se traduisent pas par un conflit. Les chinois ont un modèle : ils sont capitalistes pour l'économie, communistes en matière politique avec le système du partie unique, et ils sont hypernationalistes. Ils disent aujourd'hui que ce système marche... On peut se demander si l’Amérique est encore une démocratie contenu du poids des lobbies et de Wall Street. Ce sont les grands groupes industriels qui mènent la stratégie de l'Allemagne.


jeudi 15 septembre 2011

Mourir pour le yuan par Jean-Michel Quatrepoint

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes et conseiller du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, a publié dans Les Échos un article sur le dernier livre de Jean-Michel Quatrepoint, d'une actualité brûlante : Mourir pour le yuan, sous-titré Comment éviter une guerre mondiale. Cet ouvrage fait suite à La Crise globale (2008) et La Dernière bulle (2009). Selon Jean-Hervé Lorenzi, en dépit de la situation actuelle, cette trilogie se termine "sur une note d'espoir lucide et positive".

Quatrepoint mourir pour le yuan
La Chine et sa volonté de domination

Avec ce dernier livre, Jean-Michel Quatrepoint clôt avec talent et profondeur son analyse de l'économie mondiale, de la crise, des déséquilibres sociétaux et du rôle extrêmement nocif que la finance a joué un peu partout dans le monde, à l'origine des dérèglements profonds que nous connaissons. Précédemment, notre auteur s'était largement appuyé sur une vision économique et sociologique du fonctionnement de nos sociétés, mettant notamment en avant le rôle des lobbys qui progressivement pervertissent nos démocraties.

Mais ici, l'analyse est surtout géostratégique, analysant successivement la Chine et sa volonté de domination, l'Allemagne et son changement de stratégie par rapport à l'Europe et cette dernière, perdue dans ses impuissances et ses contradictions ; sans oublier l'affaiblissement de l'économie américaine et la déception d'un président ballotté entre une opposition virulente et un cabinet largement acquis aux thèses de Wall Street. Plus encore que dans ses deux livres précédents, Jean-Michel Quatrepoint s'appuie sur une vision historique de ces pays qui lui permet de construire une analyse rigoureuse de la situation présente, et surtout de définir les contraintes du futur, notamment pour le nôtre.

Jean-Michel QuatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Frustrations et revanches

Car l'histoire des peuples permet de mieux comprendre les frustrations, les désirs de revanche et les stratégies pour les années qui viennent. C'est ainsi qu'il nous fait plonger de manière passionnante dans l'histoire des deux derniers siècles chinois, avec le rôle majeur qu'a pu jouer la guerre de l'Opium, le comportement impérialiste des Occidentaux au XIXe siècle et le retour à une place que la Chine a occupée pendant tant de siècles, la première.

C'est ainsi qu'il nous fait aussi comprendre toute la cohérence de la politique allemande et cette hésitation que celle-ci peut avoir aujourd'hui à soutenir la construction européenne à l'évolution si chaotique ou à se choisir un destin de grande puissance autonome qui va chercher ses relais de croissance dans les pays émergents. C'est bien d'ailleurs un des points de débat naturel que l'on peut avoir aujourd'hui sur la réalité des degrés de liberté dont l'Allemagne dispose, sachant que les deux tiers de ses excédents commerciaux se font en Europe.

Le livre se termine comme il se doit sur la France, dont l'avenir est largement déterminé par l'évolution de ce monde si bien décrit. Cela n'étonnera personne que Jean-Michel Quatrepoint mette en lumière nos capacités à développer un modèle économique et social propre. Le retour de l'action politique consciente et ambitieuse ! Cette trilogie se termine sur une note d'espoir lucide mais positive.

jeudi 4 août 2011

La Chine émettra 20 milliards de yuans de bons à Hong Kong

Le ministère chinois des Finances a annoncé le 3 août l'émission de 20 milliards de yuans (soit 2,17 milliards d'euros) de bons gouvernementaux à Hong Kong en août, une démarche pour promouvoir Hong Kong comme le centre offshore du yuan du pays.

Hong Kong visa airport
Le ministère chinois des Finances a indiqué sur son site Internet que des bons d'une valeur de 15 milliards de yuans à des échéances fixées à trois ans, cinq ans, sept ans et dix ans seront offerts aux investisseurs institutionnels.

Consolider le statut de centre financier international de Hong Kong

Le reste des bons aura une échéance de deux ans et sera disponible pour les acheteurs individuels, ajoute le communiqué. Cette démarche montre la détermination du gouvernement central à consolider et élever le statut de centre financier international de Hong Kong. Le gouvernement va également accroître les outils d'investissement pour les investisseurs hongkongais et élargir l'utilisation transfrontalière du yuan.

mercredi 18 mai 2011

Rapport de la Banque mondiale sur les pays émergents en 2025

Selon le rapport de la Banque Mondiale publié le 18 mai et intitulé "Développement global horizon 2011 - Multipolarité" [Global Development Horizons 2011—Multipolarity: The New Global Economy], dès 2025, les pays en développement constitueront le principal moteur de la croissance économique globale.

BRIC economie mondiale breseil inde russie chineLes pays du BRIC en force pour un monde multipolaire.

En effet, les économies des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), ainsi que celles de l'Indonésie et de la Corée du Sud progresseront de 4,7% par an entre 2011 et 2025, tandis que leur part dans l'économie mondiale passera de 36% à 45%. Quant aux économies développées, elles ne croîtront que de 2,3% par an sur la même période mais occuperont toujours une position prédominante. Dans le même temps, les analystes de la BM estiment que le yuan chinois jouera un rôle beaucoup plus important sur la scène mondiale dès 2025 et qu'il sera en mesure de concurrencer le dollar.

Une tranformation radicale de l'économie mondiale

D'après Justin Yifu Lin, économiste en chef et vice-président de la Banque Mondiale, "la rapide montée en puissance des économies émergentes a fait bouger les pôles de croissance économique au sein des pays développées et des pays en développement. Il s'agit donc d'un véritable modèle multipolaire".

Mansoor Dailami, auteur principal du rapport et chef de l’équipe Nouvelles tendances mondiales à la Banque mondiale, poursuit : "on s’attend à une transformation radicale de l’économie mondiale. Ces changements seront sans doute globalement positifs pour les pays en développement, mais il reste à savoir si les normes et les institutions multilatérales actuellement en place sont suffisamment solides pour survivre dans un système multipolaire. Face aux difficultés que pose l’intégration mondiale entre les grandes puissances, il est essentiel que les pays coordonnent mieux leurs politiques pour réduire les risques d’instabilité économique".

Voir les principales données du rapport en présentation Powerpoint.

lundi 4 avril 2011

Jacques Mistral et la transition économique de la Chine

L'économiste Jacques Mistral vient de publier pour l'IFRI (Institut français des relations internationales) une étude de 40 pages intitulée La réorientation de la croissance chinoise ; sa logique, ses enjeux et ses conséquences. Pour les économistes, tout ce qui touche à la Chine est primordial. Les États-Unis et l'Europe sont tellement affaiblis et acculés par les banques d'affaires qu'ils flippent à la moindre déclaration d'un ministre chinois. Le vice-Premier ministre Wang Qishan pour ne citer que lui !

Wang Qishan et Barack ObamaWang Qishan et Barack Obama se font un basket sous l'œil amusé d'Abraham Lincoln.

L'obligatoire transition économique de la Chine

Jacques Mistral se veut optimiste : pour lui (et comment ne pas lui donner raison ?), craindre la Chine n'est pas la meilleure solution pour instaurer de saines relations politico-économiques. Le cœur de l'étude Jacques Mistral est de montrer que, comme les autres pays, la Chine n'est pas un bloc monolithique capable de faire la pluie et le beau temps sur l'économie mondiale... Du moins, pas sans se remettre en cause et évoluer. Jacques Mistral explique que la Chine a également été touchée par la dernière crise mondiale mais qu'elle a très vite su rebondir. L'Empire du Milieu effectue actuellement sa transition économique, jugée nécessaire. Qu'elle est-elle ? Explication :
On désigne ainsi le passage d’un modèle de croissance mercantiliste, tiré par l’investissement, les exportations et des excédents commerciaux gigantesques, à un modèle de croissance endogène reposant sur la progression de la demande intérieure, plus respectueux des enjeux environnementaux et induisant des relations plus équilibrées avec ses partenaires commerciaux [...] Il ne s’agit rien moins que de transformer les structures de consommation et de production, les mécanismes de distribution du revenu et donc le marché du travail, la structure sociale et sans doute aussi, finalement, les structures politiques.

Voilà l'idée centrale de l'étude de Jacques Mistral. S'ensuit cinq chapitres sur la transformation de la mondialisation par la Chine ; la double réorientation de la croissance chinoise (la stabilité sociale et le rattrapage technologique) ; les risques et dilemmes de la nouvelle croissance ; le climat des affaires et les stratégies d'entreprises ; et enfin, le renmibi, une monnaie entre deux systèmes.

China Rock punk"Chinese Rocks !"

L'Europe et le "pari chinois"

Comme l'écrit Jacques Mistral, "la mondialisation, la crise, l’émergence de la Chine : ce ne sont pas des hypothèses, mais des faits face auxquels l’Europe, la France en particulier, ses entreprises plus concrètement, doivent faire des choix décisifs". La Chine est d'ailleurs actuellement le premier fournisseur de l'Europe. Cette dernière doit donc profiter de la mutation économique chinoise pour l'accompagner et nouer des relations saines et amicales.

C'est ainsi que la conclusion de Jacques Mistral s'adresse plus aux Européens qu'aux Chinois : "la seule chose dont nous ayons à avoir peur vis-à-vis de la Chine, c’est de ne pas savoir nous-mêmes ce que nous voulons faire de notre avenir". Une bonne question à laquelle ne sont pas prêts de répondre les seconds couteaux rouillés et émoussés de l'Union Européenne, en particulier de la France.

Nous, Européens, sommes presque assommés par le spectacle de nos faiblesses, les divisions et rivalités internes, l’enlisement dans une croissance au mieux modeste, le processus chaotique par lequel il faut passer pour trouver une issue à la crise des dettes souveraines. Il nous faut rebondir, c’est ce qu’attendent nos partenaires chinois, faute de quoi ils nous feront en effet basculer du mauvais côté de leur histoire. Mais ce n’est pas encore le cas, loin de là, car, vu de Pékin, l’avenir de la scène mondiale n’est rien moins que transparent et l’Europe est loin d’être marginalisée : elle reste une puissance économique et, plus important, un élément de stabilité dans un monde en voie de multipolarisation.

Au fond, la leçon de cette enquête est assez simple. La réorientation de la croissance chinoise est l’un des paramètres qui déterminera l’avenir de l’économie mondiale, son succès n’est pas garanti à 100 %, les risques sont élevés. Pourtant, même si l’avenir de la Chine est bourré d’inconnues, il faut faire le pari chinois. Paradoxalement, ce n’est pas le parti le plus difficile à prendre. Puisqu’il s’agit d’établir une relation adulte avec la Chine, ce dont nous devons avoir conscience, c’est que les clés sont dans notre main : la seule chose dont nous ayons à avoir peur vis-à-vis de la Chine, c’est de ne pas savoir nous-mêmes ce que nous voulons faire de notre avenir.

jeudi 10 mars 2011

Vers une crise bancaire en Chine ?

Chine Fitch crise bancaire financiaire yuan
Selon Les Echos, le risque d'une crise du système financier chinois est estimé à 60 % au cours des trois prochaines années par l'agence de notation Fitch. En cause : l'explosion du volume des crédits dans le pays, conséquence du plan de relance voulu par Pékin lors de la crise financière internationale. Au cours des années 2009 et 2010, les banques chinoises ont en effet prêté, en cumulé, l'équivalent de 2.700 milliards de dollars.

A la mi-2010, Fitch avait déjà inquiété, en estimant que la hausse du crédit était plus forte qu'il n'y paraissait - de 28 % -, les banques contournant les interdictions de prêter aux collectivités locales au moyen d'instruments financiers complexes. Fitch n'excluait pas que cette titrisation informelle puisse représenter un risque systémique.

Pour l'heure, les banques chinoises affichent une grande santé. ICBC, la première d'entre elles, est ainsi la plus profitable au monde.

lundi 21 février 2011

George Soros : "la guerre des monnaies est déjà déclarée"

George Soros guerre monnaies
Les Echos ont publié aujourd'hui un entretien avec George Soros, Président de Soros Fund Management et 35è fortune mondiale en 2010 selon Forbes (14 milliards de dollars). Pour George Soros, la menace d'une guerre des monnaies augmente, à vrai dire, "elle est déjà déclarée"... La faute aux Chinois !

La guerre des monnaies est déjà déclarée. Car, en pratique, il y a aujourd'hui deux systèmes monétaires : le système international et celui de la Chine, qui, encore une fois, sépare son compte courant de son capital. Le fait que la Chine ait choisi de laisser son compte de capital fermé lui donne un grand avantage tant qu'elle est la seule à le faire. Le Brésil, la Corée et d'autres pays asiatiques sont aussi tentés par cette tendance. Cela risque d'entraîner la fin du libre mouvement des capitaux et des changes, et une perte pour tout le monde. Ce serait un grave revers. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous allons dans cette direction. La menace des guerres commerciales devient un vrai sujet de préoccupation. Il faut que la Chine se rapproche du système monétaire international à travers l'instrument des DTS. A cet égard, il serait exagéré de considérer le dernier sommet entre Barack Obama et Hu Jintao comme un succès. C'est surtout un constat amiable de désaccord. c'est pourquoi le président Nicolas Sarkozy a encore certainement un rôle constructif à jouer sur ce terrain.

Lire l'entretien complet avec George Soros sur Lesechos.fr.

jeudi 10 février 2011

Clash monétaire entre Bernanke et la Chine

Ben-Bernanke-FED-China-yuan
La guerre monétaire continue entre les États-Unis et la Chine ! Ben Bernanke, Président de la FED a tenté de faire la leçon à la Chine, qui n'a pas tardé à renvoyer le yankee arrogant dans les tréfonds de son pays en voie d'appauvrissement (PVA). Le litige est la dévaluation du yuan, qui met à mal les échanges commerciaux sino-yankees. Aux dépends des Américains, bien sûr. Selon des parlementaires américains, le yuan serait sous-évalué de 20% à 40%, conférant un avantage compétitif indu aux exportations chinoises. Une réévaluation du yuan rendrait les importations moins chères mais Pékin considère qu'elle mettrait en danger la compétitivité de nombreux exportateurs chinois.

Acte 1 : 9 février 2011

Lors d'une audition devant la Commission du budget de la Chambre des représentants, Ben Bernanke, Président de la FED dénonce la politique monétaire de la Chine, notamment la "sous-évaluation du yuan : "il serait dans l'intérêt à la fois des Chinois et du nôtre qu'ils réévaluent leur monnaie. Cela les aiderait à résoudre leur problème d'inflation". Selon Bernanke, la politique monétaire chinoise "contribue aux forts déséquilibres en terme de comptes courants que nous voyons de par le monde. Il se passe quelque chose d'assez surprenant d'une certaine façon: ils ont un problème d'inflation et ils s'y attaquent, mais pas en augmentant la valeur de leur monnaie, ce qui réduirait la demande pour leurs exportations".

Acte 2 : 10 février 2011

Lors d'une conférence de presse, M. Ma, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a expliqué à Bernanke la vision chinoise de la chose :" les faits ont prouvé que le taux de change du yuan n'était pas la cause principale du déséquilibre commercial entre la Chine et les États-Unis. Nous espérons que certaines personnes vont aborder ce sujet de manière objective".

Question : qui décide ?

Entre Ben Bernanke, Président d'une banque centrale discréditée de part et d'autre par des décennies de mauvaise gestion et d'inféodation à Wall Street, et M. Ma, porte-parole d'un des pays les plus prospères du Monde, qui aura le dernier mot ?

mardi 25 janvier 2011

Le FMI et la croissance mondiale en 2011

Le Fond Monétaire International (FMI) réévalue à la hausse ses prévisions pour l’année qui commence. Un bonne nouvelle, si ce n’est que l’Europe est loin du peloton de tête composé de la Chine, de l’Inde et du Brésil. En 2011, la croissance mondiale devrait être de 4,4 %, après 5 % l’année précédente. Dans la mise à jour de ses Perspectives économiques mondiales publiées à Johannesburg, le FMI relève ses prévisions mais souligne de fortes inégalités en fonction des continents qui ont chacun leur vulnérabilité.

Dominique "Socialist" Strauss-Kahn : rebondira-t-il lui aussi en 2011 ?

Au États-Unis, l'institution table sur 3% (contre 2,3% auparavant), grâce à la prolongation de réductions d'impôts en vigueur depuis 2001 ou 2003. S'il salue la vigueur de la consommation des Américains, il explique que la première économie mondiale est toujours confrontée à un chômage élevé, à la fragilité des finances des ménages et au marasme de l'immobilier.

Pour l'Europe, les prévisions restent globalement inchangées : 1,5 % en zone euro, 1,6 % en France, 2,2 % en Allemagne (contre 2 % auparavant). La crise de la dette publique devrait perdurer, sans déstabiliser le reste du monde. Ces projections, explique le Fonds, "supposent que les mesures politiques actuelles parviennent à contenir la tourmente financière à la périphérie de la zone euro, pesant seulement d'un poids modéré sur la reprise mondiale".

Dans les grands pays émergents, les perspectives semblent bien meilleures : croissance attendue de 9,6% en Chine, 8,4% en Inde ou encore 4,5% au Brésil. Mais pour ces pays, le FMI lance un avertissement face au risque d'emballement. "Dans beaucoup d'économies émergentes, l'activité reste vigoureuse, et il y a désormais quelques signes de surchauffe, provoquée en partie par des entrées importantes de capitaux" ou dans certains cas une monnaie sous-évaluée.

vendredi 14 janvier 2011

Satyajit Das et la seconde Grande Dépression européenne

Satyajit Das, l'auteur de Traders, Guns & Money: Knowns and Unknowns in the Dazzling World of Derivatives, a publié le site indien Daily News and Analysis une tribune sur la crise économique de l'Europe, où il redoute l'arrivée prochaine d'une seconde Grande Dépression. Rien de moins ! Coup de poing et... légèrement catastrophiste ! Pour lui, l'Europe pourrait très bien tomber dans le chaos et la révolte populaire. Très rock, Satvajit Das estime que la chanson "Street Fighting Man" des Rolling Stones est plus actuelle que jamais. Sauf que le "Sleepy London Town" peut laisser place à une "Bailed out Europe".

Satyajit Das : élégance et sobriété.

L'article s'intitule : "European sovereigns stare at a second Great Depression". Il commence par ce commentaire de l'Irish Times qui établit un parallèle entre 2009 et 1916 :
Politics now increasingly dominates the economics. Commenting about the EU bailout of Ireland, the Irish Times referred to the Easter Rising against British rule asking: “was what the men of 1916 died for a bailout from the German chancellor with a few shillings of sympathy from the British chancellor on the side”.


Plus loin, Satyajit Das établit un nouveau parallèle entre la situation actuelle et les années 1930, préludes à la Seconde guerre mondiale. Ici, l'Asie (surtout la Chine) joue le rôle de l'Allemagne... Sauf que si l'Europe s'enlise, la Chine, qui a beaucoup investit sur le continent, pourrait être directement touchée :
In the prelude to World War 2, former British prime minister Neville Chamberlain dismissed the German occupation of Sudeten arguing that it was “a quarrel in a far away country between people of whom we know nothing.” [...] China, which contributed around 80% of total global growth in 2010, has expressed growing concern about the problems in Europe [...] China is also a major holder of euro sovereign bonds, standing to lose significantly if problems continue. China has indicated preparedness to use some of its $2.7 trillion of foreign exchange reserves to buy bonds of countries such as Greece and Portugal.

C'est reparti comme dans les années 1930 ?

Comme l'attitude du 3ème Reich a d'abord provoqué des conflits européens avant de devenir une guerre mondiale, Das soutient que si l'Europe n'arrive pas à régler sa dette, un effet domino entraînerait une crise de l'euro et un effondrement de l'économie internationale :
Unless resolved, the European debt problems will affect currency markets and through that channel the global economy. Any breakdown in the euro, such as the withdrawal of defaulting countries or change in the mechanism, would result in a sharp fall in the new currencies.


Das conclut donc de façon très alarmiste en comparant la faillite de la banque européenne le 11 mai 1931 et la situation actuelle. L'Europe est-elle prête à connaître une seconde Grande Dépression ?
On May 11, 1931, the failure of a European bank — Austria’s Credit-Anstalt — was a pivotal event in the ensuing global financial crisis and the Great Depression. The failure set off a chain reaction and crisis in the European banking system. Some 80 years later, European sovereigns may be about to set off a similar sequence of events with unknown consequences.



The Rolling Stones : un hymne qui renaît actuellement en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni. Bientôt en Espagne et au Portugal ? Et plus si Grande Dépression ? Mick Jagger et Keith Richards sont toujours dans les bons coups.

vendredi 5 novembre 2010

La Chine et l'Europe clashent la Banque Centrale Américaine


La Tribune fait le point sur les réactions internationales suite à la décision de la Banque Centrale Américaine (FED) de soutenir l'activité économique en achetant pour 75 milliards de dollars de bons du Trésor américain jusqu'à fin 2011 soit un volume historiquement élevé de 600 milliards de dollars. Si l'Europe murmure un semblant d'embarras du bout des lèvres, la Chine hausse carrément le ton.

La Chine somme carrément la Fed et Washington de s'expliquer sur cette décision. La monnaie chinoise, le yuan ou renminbi (RMB), est alignée sur le dollar mais elle est estimée du coup très sous-évaluée et Pékin est sous pression pour la réévaluer, ce qu'elle ne fait qu'à très petite dose.

En Europe aussi (l'euro a bondi à 1,43 dollar ce 5 novembre), on fait grise mine d'autant que la BCE, la Banque centrale européenne, maintient elle une politique de rigueur pour faire face aux faiblesses de certains pays de la zone (Grèce, Irlande, Portugal...).

La ministre française de l'Économie Christine Lagarde a elle aussi regretté le 4 novembre dans un entretien au Wall Street Journal que l'euro "porte le poids" de la décision de la Fed. "Je ne suis pas en train de porter un jugement sur l'assouplissement quantitatif américain. Mais cela montre le besoin impératif de repenser le système monétaire international et les mécanismes de coopération", a-t-elle ajouté.