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lundi 21 mai 2012

Le Royaume-Uni à la présidence de la BERD

Les Anglo-Saxons tiennent désormais les leviers du pouvoir à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Le 18 mai, c'est en effet le candidat britannique, Sir Suma Chakrabarti, qui a été élu à la présidence de cette institution, chargée initialement d'aider les pays de l'ancien bloc soviétique à passer à l'économie de marché. Les sujets de la reine détiennent déjà les postes de direction des institutions financières, de la communication, ainsi que des risques et ressources humaines au sein de la hiérarchie de la BERD.

Sir Suma Chakrabati, nouveau Président de la BERD.

Manœuvres du Royaume-Uni pour évincer le duo franco-allemand


M. Chakrabarti, 53 ans, directeur général du ministère de la justice et ancien conseiller du premier ministre travailliste Tony Blair, a recueilli les voix de 34 gouverneurs (actionnaires) de la BERD sur les 61 votants à bulletin secret, représentant 55 % du capital. Avec 15 suffrages, soit 29 % des parts, le Français Philippe de Fontaine Vive, longtemps présenté comme favori, est arrivé en deuxième position. Il a devancé le président sortant, l'Allemand Thomas Mirow.

L'élection de M. Chakrabarti marque un tournant dans le fonctionnement de la BERD. Depuis sa fondation en 1991, l'institution avait été dirigée alternativement par les Français et les Allemands. C'est pourquoi, avec l'accord de Berlin, Paris avait proposé la candidature de M. de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, dont le cursus répondait au profil d'une organisation dont l'essentiel des prêts va au secteur privé. Malgré un bilan globalement positif lors de son premier mandat, M. Mirow n'avait pas bénéficié du soutien de la chancelière Angela Merkel, qui appuyait le Français. A la surprise générale, le Royaume-Uni a renié un accord informel de 1991, en vertu duquel il détenait un siège à la direction de la BERD, mais laissait la présidence au duo franco-allemand.

David Cameron : thumbs up !


La redoutable machine diplomatique du Foreign Office s'est mise en branle. La priorité du premier ministre britannique, David Cameron, était d'empêcher que l'attribution du poste de président soit décidée par les seuls membres de la zone euro. Qu'importe que M. Chakrabarti ait fait l'essentiel de sa carrière dans l'aide au développement, qui n'est pas du ressort de la BERD. A écouter le Foreign Office, l'effet de la crise de la zone euro sur les pays d'intervention de cette enseigne, présente dans 29 pays d'opération, la préservation pour la BERD de la note financière maximale AAA et surtout l'extension des activités à quatre pays méditerranéens (Maroc, Égypte, Tunisie, Jordanie) nécessitaient un dirigeant d'une autre trempe que le Français. La preuve, laissaient entendre les diplomates de Sa Majesté, est que Paris envisageait de lui substituer Xavier Muscat, à l'époque secrétaire général de l’Élysée. Ce dernier a eu beau démentir la rumeur, rien n'y a fait.

Fort du support de la Pologne, qui présentait un candidat ayant peu de chance vu sa faible connaissance de l'anglais, et de la Suède, qui ne fait pas partie de la zone euro, le ministre des finances britannique, George Osborne, a empêché le Conseil européen des ministres des finances du 15 mai de choisir le candidat français. De plus, faute d'accord, la Commission européenne et la Banque centrale d'investissement, qui représentent 6 % des suffrages, ont été contraintes de s'abstenir lors du vote du 18 mai.

Mario Monti : le changement c'est maintenant !


Goldman Sachs est  de la partie, bien sûr...


Vu l'absence de candidat unique européen, les États-Unis et le Japon ont soutenu Londres. Le premier ministre italien, Mario Monti, ancien conseiller de Goldman Sachs à Londres et grand admirateur de la City, a aussi rompu la solidarité au sein de la zone euro, se ralliant aux Britanniques. Si Londres a fait une "campagne sérieuse", affichant "une diplomatie ferme", selon M. Osborne, Paris, occupée par la présidentielle, a été inaudible.

M. de Fontaine Vive n'a pu compter que sur l'appui du directeur du Trésor français, Ramon Fernandez. Entré en fonctions le 16 mai, le nouveau ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, n'a pas eu le temps de prendre ses marques pour venir en aide au candidat. Avec la présidence aux mains d'un Britannique, dont le français et l'allemand sont très "basiques" d'après sa biographie, et la première vice-présidence traditionnellement détenue par un Américain, la BERD devrait accentuer sa réorientation vers les espaces extra-européens.

Source : Le Monde

mercredi 21 décembre 2011

811 milliards d'euros pour éviter la faillite de la zone euro

Les États de la zone euro devront emprunter 811 milliards d'euros l'an prochain. Au cours des deux prochaines années, la zone euro devra emprunter 1.700 milliards, soit 19% de son PIB ! Une broutille... Les trois plus gros émetteurs sont l'Italie (231 milliards), l'Allemagne (187 milliards) et la France (178 milliards).

François Baroin
François Baroin, plus boy scout que Nicolas Dupont-Aignan...

Selon les calculs de la vertueuse banque d'affaires Goldman Sachs, les besoins de financement représenteront environ 17 % du PIB des quatre principaux pays de la zone (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas) et monteront à plus de 21 % dans les pays dits périphériques. À plus court terme aussi, l'inquiétude est forte : selon les économistes (qui font du beau boulot depuis 2007 !) de la Société Générale, les États de la zone euro auront besoin d'emprunter 250 milliards d'euros au cours du seul premier trimestre 2012. Un mur de dette qui se dresse dans un environnement de marché incertain, alors que les instruments financiers de soutien à la zone euro (FESF, MES) ne seront pas encore disponibles...

dimanche 18 septembre 2011

Interview de Jean-Michel Quatrepoint sur la Chine et la crise

Pour présenter son livre "Mourir pour le yuan", Jean-Michel Quatrepoint répond aux questions de BFM TV. Selon lui, la principale erreur était de faire rentrer la Chine dans l'OMC en 2001.

jean-michel quatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Extraits de ses propos : il y a une collusion entre les élites américaines et les multinationales. Les chinois veulent faire du haut de gamme. Ils vont prendre le label "made in France". Ils développent leurs marques. Maintenant on délocalise le capital. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire que de tels déséquilibres ou paupérisations (européennes) ne se traduisent pas par un conflit. Les chinois ont un modèle : ils sont capitalistes pour l'économie, communistes en matière politique avec le système du partie unique, et ils sont hypernationalistes. Ils disent aujourd'hui que ce système marche... On peut se demander si l’Amérique est encore une démocratie contenu du poids des lobbies et de Wall Street. Ce sont les grands groupes industriels qui mènent la stratégie de l'Allemagne.


jeudi 15 septembre 2011

Mourir pour le yuan par Jean-Michel Quatrepoint

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes et conseiller du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, a publié dans Les Échos un article sur le dernier livre de Jean-Michel Quatrepoint, d'une actualité brûlante : Mourir pour le yuan, sous-titré Comment éviter une guerre mondiale. Cet ouvrage fait suite à La Crise globale (2008) et La Dernière bulle (2009). Selon Jean-Hervé Lorenzi, en dépit de la situation actuelle, cette trilogie se termine "sur une note d'espoir lucide et positive".

Quatrepoint mourir pour le yuan
La Chine et sa volonté de domination

Avec ce dernier livre, Jean-Michel Quatrepoint clôt avec talent et profondeur son analyse de l'économie mondiale, de la crise, des déséquilibres sociétaux et du rôle extrêmement nocif que la finance a joué un peu partout dans le monde, à l'origine des dérèglements profonds que nous connaissons. Précédemment, notre auteur s'était largement appuyé sur une vision économique et sociologique du fonctionnement de nos sociétés, mettant notamment en avant le rôle des lobbys qui progressivement pervertissent nos démocraties.

Mais ici, l'analyse est surtout géostratégique, analysant successivement la Chine et sa volonté de domination, l'Allemagne et son changement de stratégie par rapport à l'Europe et cette dernière, perdue dans ses impuissances et ses contradictions ; sans oublier l'affaiblissement de l'économie américaine et la déception d'un président ballotté entre une opposition virulente et un cabinet largement acquis aux thèses de Wall Street. Plus encore que dans ses deux livres précédents, Jean-Michel Quatrepoint s'appuie sur une vision historique de ces pays qui lui permet de construire une analyse rigoureuse de la situation présente, et surtout de définir les contraintes du futur, notamment pour le nôtre.

Jean-Michel QuatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Frustrations et revanches

Car l'histoire des peuples permet de mieux comprendre les frustrations, les désirs de revanche et les stratégies pour les années qui viennent. C'est ainsi qu'il nous fait plonger de manière passionnante dans l'histoire des deux derniers siècles chinois, avec le rôle majeur qu'a pu jouer la guerre de l'Opium, le comportement impérialiste des Occidentaux au XIXe siècle et le retour à une place que la Chine a occupée pendant tant de siècles, la première.

C'est ainsi qu'il nous fait aussi comprendre toute la cohérence de la politique allemande et cette hésitation que celle-ci peut avoir aujourd'hui à soutenir la construction européenne à l'évolution si chaotique ou à se choisir un destin de grande puissance autonome qui va chercher ses relais de croissance dans les pays émergents. C'est bien d'ailleurs un des points de débat naturel que l'on peut avoir aujourd'hui sur la réalité des degrés de liberté dont l'Allemagne dispose, sachant que les deux tiers de ses excédents commerciaux se font en Europe.

Le livre se termine comme il se doit sur la France, dont l'avenir est largement déterminé par l'évolution de ce monde si bien décrit. Cela n'étonnera personne que Jean-Michel Quatrepoint mette en lumière nos capacités à développer un modèle économique et social propre. Le retour de l'action politique consciente et ambitieuse ! Cette trilogie se termine sur une note d'espoir lucide mais positive.

mercredi 24 août 2011

La Deutsche Bank fraude en Corée du Sud

Deutsche Bank a confirmé le 22 août que quatre de ses employés faisaient l'objet de poursuites en Corée du Sud pour avoir mené des transactions boursières illégales dans le pays. La justice sud-coréenne les accuse d'avoir illégalement empoché plus de 41 millions de dollars (soit 28 millions d'euros) en une seule séance à la Bourse de Séoul le 11 novembre 2010. Ce jour-là l'indice boursier sud-coréen Kospi avait anormalement chuté dans les dix dernières minutes de la séance.

Deutsche Bank : la banque allemande de l'avenir...

Déjà condamnée à 642.000 euros d'amende en février 2011...

La maison de courtage de Deutsche Bank à Séoul est également poursuivie. Les enquêteurs sud-coréens l'accusent d'avoir effectué des opérations d'arbitrage incorrectes sur certains marchés durant cette fameuse séance. Deutsche Bank a affirmé que sa maison de courtage sud-coréenne "nie les accusations", qu'elle n'a "jamais autorisé à violer la réglementation du marché" et qu'elle avait l'intention de se défendre.

En février, la Bourse de Séoul a déjà infligé à Deutsche Bank une amende record d'un milliard de wons (soit 642.000 euros) dans cette affaire. Par ailleurs certaines activités de la maison de courtage de Deutsche Bank à Séoul font l'objet de 6 mois de suspension depuis le 1er avril.

... et condamnée à 541.000 euros le 22 mars 2011 !

Le 22 mars dernier, Deutsche Bank avait été condamnée à 541.000 euros par la Cour fédérale de Karlsruhe, la plus haute juridiction allemande, pour avoir joué contre les intérêts d'un de ses clients. La banque avait conseillé à Ille, une entreprise de robinetterie, d'investir dans un produit financier "complexe" (comprendre "toxique" ou "pourri"). Autrement dit, Deutsche Bank gagnait de l'argent quand Ille en perdait. Du banksterisme pur et simple.

mercredi 10 août 2011

Politique économique de Chevènement : l'alternative à l'UMPS ?

Jean-Pierre Chevènement, membre du club Le Siècle ("symbole de la grandeur du pays"), Sénateur du Territoire de Belfort et futur candidat aux élections présidentielles 2012 (lire sa brochure "Pourquoi je serai candidat", largement consacrée à la politique économique et monétaire), a semble-t-il décidé de peser dans le débat politico-économique franco-européen. Dans sa brochure-profession de foi, dépassant le clivage artificiel et inexistant "droite-gauche" pour soutenir la dichotomie en vogue "mondialisme financier-république souveraine". Ses chances de réussite sont nulles mais peut-il nourrir le débat économique actuel en provoquant les réactions du PS et de l'UMP.

Jean-PIerre Chevenement 2012Jean-Pierre Chevènement : le retour du troisième homme ?

Rachat massif des titres et dettes espagnols et italiens

Dans un récent fait d'arme, Jean-Pierre Chevènement a publié sur son blog la lettre qu'il a adressée le 8 août à Nicolas Sarkozy en lui affirmant que "seul le rachat massif des titres et dettes espagnols et italiens peut aujourd’hui permettre de sauvegarder la cohésion de la zone euro".

Il soutient : "je prends la liberté de vous suggérer d’agir auprès de la Chancelière allemande pour que la décision prise à une majorité écrasante par le Conseil des Gouverneurs de la BCE le 4 août soit publiquement soutenue par l’Allemagne et la France dans les prochains jours. L’action de la BCE pourrait se faire par le canal du Fonds européen de stabilité financière. Seule une telle arme nucléaire peut aujourd’hui faire reculer la spéculation".

"L'euro est un mark-bis"

En citant le nom d'Angela Merkel, on reconnaît bien l'idée de Jean-Pierre Chevènement selon laquelle l'Union européenne, et par extension l'euro, répondent à un impératif économique dirigé par l'Allemagne - pénalisant ainsi les autres Etats membres. Dans sa profession de foi, il explique d'ailleurs : "l’adoption de la monnaie unique en réponse à la réunification allemande a été une monumentale erreur de nos classes dirigeantes, toutes tendances confondues : l’euro est un mark-bis [...] L'euro est une monnaie surévaluée qui écrase notre compétitivité et celle de la plupart des pays européens. On ne peut envisager de réindustrialiser le pays sans un euro durablement moins cher".

Sarkozy Merkel nudeNicolas Sarkozy et Angela Merkel : "Je t'aime moi non plus" ou "Le baiser de la mort" ?

Le PS et l'UMP esclaves de la dictature des marchés financiers

Dans sa profession de foi, Jean-Pierre Chevènement se démarque en même temps de l'UMP et du PS (de l'UMPS ?), en soulignant leur allégeance, honteuse mais toujours niée, au diktat des marchés financiers. Selon lui, "la parenthèse libérale, ouverte en 1983, n'a jamais été refermée ni par François Mitterrand ni par Lionel Jospin. C'est pourquoi les candidats socialistes potentiels ont tant de mal à remettre en cause le système de contraintes héritées de choix qu'ils ont avalisés par conformisme et auquel ils devraient immédiatement faire face s'ils revenaient aux affaires :
  • la financiarisation de l'économie qu'a permise l'Acte unique européen ;
  • le libre-échangisme inégal codifié par l'OMC et prêché par son directeur Pascal Lamy ;
  • et surtout le système de l'euro qui met l’État emprunteur à la merci des marchés financiers.
Tout laisse à penser que la tyrannie du « triple A » s'exercerait sur les socialistes comme sur l'actuel Président de la République, faute qu'ils aient élaboré dans leur tête une stratégie alternative".

Jean-Pierre Chevenement 2012Le Jean-Pierre Chevènement 2012 est arrivé !

L'impossibilité du débat sur les banques et la finance

A la Lumière des déclarations de Jean-Pierre Chevènement, on attend les réactions de ses "adversaires" (copains comme cochons) politiques. On est pourtant en droit de douter de débats véritablement constructifs remettant en cause le système financier actuel. En effet, les déclarations d'Arnaud de Montebourg sur la démondialisation et la "mise sous tutelle des banques" ; ou les dénonciations de la loi de 1973 Pompidou-Rothschild sur la Banque de France par Nicolas Dupont-Aignan ne suscitent que de brefs commentaires, souvent narquois ou faussement outrés. Quoi qu'il en soit, sans ce débat essentiel, la campagne électorale 2012 n'aura pas lieu - ou n'aura servi à rien. Et elle ne servira de toute façon à rien.

mercredi 11 mai 2011

La mort de l'Europe par Jean-Thomas Lesueur

A l'occasion de la Fête de l'Europe (le 9 mai, et oui, vous ne le saviez pas ?), le site d'information Atlantico a publié un entretien avec Jean-Thomas Lesueur, Délégué général de l’Institut Thomas More. Il fait notamment le point sur la sortie de l'euro, la faillite de la Grèce et le rôle de l'Allemagne pour assurer une certaine "stabilité". Une vision loin d'être optimiste. Extraits.

Jean Thomas Lesueur
Sur la mort de l'euro

Je ne sais pas si l'euro va mourir mais si l’Europe doit subir, dans cette période instable, un revers fondamental, ce sera en effet sur l’euro. Nous ne sommes pas du tout sortis de la menace que font peser les marchés sur la monnaie unique. L’endettement des États est tellement considérable ! Ce sont de « petits » dominos, si j’ose dire, qui sont tombés pour l’instant (la Grèce, l’Irlande, le Portugal) mais derrière, si l’Espagne et la France entraient dans la tourmente, en perdant leur crédibilité sur les marchés, là ce serait autrement sérieux ! [...] Aux yeux des marchés, le « réassureur » de la France aujourd’hui, c’est l’Allemagne. Tant que l’Allemagne ne remet pas en cause le partenariat franco-allemand, la France reste protégée. Mais jusqu’à quand ?

Sur la sortie de la Grèce de l'euro

On ne peut même pas se dire que les trois pays pour lesquels un plan de sauvetage a été mis en place sont tirés d’affaires : c’est ce que nous apprend cette rumeur. Non, la Grèce n’est pas sauvée, loin de là. Maintenant, raisonnablement, je pense que le problème grec est gérable. C’est l’accumulation des cas d’endettement excessif en Europe ne l’est pas. Il serait de la responsabilité de la France d’annoncer un plan sérieux et crédible de baisse de la dépense publique : ce serait d’abord un bien pour les Français, mais aussi un signal fort envoyé aux marchés et à nos partenaires, au premier rang desquels l’Allemagne.


Sur l'Allemagne, la "locomotive" de l'Europe
Son modèle ne peut être suivi par tout le monde : l’Allemagne ne consomme plus depuis 10 ans, n’augmente plus ses salaires. Sa croissance vient essentiellement des exportations – notamment en direction de ses voisins européens. Si tout le monde faisait comme elle en Europe, ça irait mal !

mercredi 13 avril 2011

Crise économique et vol de papier toilette

C'est l'histoire insolite du jour. Rien ne dit si elle a été provoquée par la kleptomanie, les bas instincts naturels ou la précarité économique issu de la crise. Un responsable politique local du parti allemand Die Linke (l'équivalent teuton du Front de Gauche) a été pris en flagrant délit de vol de papier toilette. Comme il s'agit d'un responsable politique, on serait tenté de justifier cet acte par la kleptomanie inhérente à sa fonction. On imagine d'ici le franc-maçon Jean-Luc Mélenchon voler des rouleaux de papier toilette pour s'amuser de l'origami : des pliages en forme de triangle ou autres symboles faussement ésotériques pour dégénérés laïcards.

Jean-Luc Melenchon franc maçon front de gauche siecle
Origami franc-mac façon Jean-Luc Mélenchon !

La disparition à la mairie de Stralsund de plus de 200 rouleaux de papier toilette au fil des semaines, souvent les jours de réunion du conseil municipal, avait mis la puce à l'oreille au concierge. Il s'est caché dans les toilettes des hommes pour tendre un piège au voleur. Frank-Michael John, 24 ans, a été pris la main dans le sac, en train de dérober deux rouleaux de papier hygiénique.

Selon Ralf Lechte, porte-parole du parquet de Stralsund, "nous enquêtons sur le vol d'objets de faible valeur. Quant à savoir si des poursuites vont être engagées, cela dépendra du suspect et d'éventuels antécédents".

mercredi 23 mars 2011

Deutsche Bank condamnée à 541.000 euros d'amendes

Chronique du banksterisme : Deutsche Bank a été condamnée le 22 mars par la Cour fédérale de Karlsruhe, la plus haute juridiction allemande, pour avoir joué contre les intérêts d'un de ses clients. La banque avait conseillé à Ille, une entreprise de robinetterie, d'investir dans un produit financier "complexe" (comprendre "toxique" ou "pourri").


Deutsche Bank pariait contre son client

Acheter ce produit revenait pour le client à échanger des crédits à long terme contre des crédits à court terme, en spéculant sur des taux d'intérêt plus bas à court terme. En assurant la vente de ces titres, la première banque allemande faisait mécaniquement le pari inverse de son client. Autrement dit, elle gagnait de l'argent quand il en perdait. Ce qui arriva quand les taux d'intérêt se sont relevés avec la crise financière.

Les banksters de Deutsche Bank font dans leurs pantalons

Deutsche Bank, pris la main dans le pot de miel, a commenté le jugement de la Cour fédérale de Karlsruhe : "Nous allons examiner de près la notification du jugement. C'est seulement après qu'il pourra être établi si d'autres activités financières seront touchées et dans quelle mesure".

Plus précisément, Deutsche Bank craint d'autres plaintes : elle fait en face à 8 contentieux similaires à la Cour fédérale et 17 autres qui font traités par des instances inférieures pour le moment. Soit 25 plaintes en tout.

Une jurisprudence en Europe ?

Selon Les Echos, la condamnation de Deutsche Bank pourrait avoir des répercussions en Allemagne et dans le reste de l'Europe, où les banques sont accusées d'avoir vendu des produits toxiques en faisant preuve d'un défaut de conseil, notamment à des collectivités locales. L'autre volet de la condamnation de Deutsche Bank qui pourrait avoir des répercussions en France concerne les "marges cachées" perçues par les banques dans l'opération. La question de la transparence de la rémunération de la banque est donc clairement posée.

vendredi 21 janvier 2011

Angela Merkel veut sauver l'euro (et la Grèce)


Information de La Tribune : soumise à la pression de l'opinion, la chancelière allemande Angela Merkel prône un "gouvernement économique" de la zone euro à l'allemande. L'Allemagne va-t-elle gouverner la zone euro ? La Tribune évoque (avec humour et trait d'esprit, pour changer) la quasi officialisation de "l'Union europallamende". On attend les réactions de Christine Lagarde, pour qui (elle ne cesse de le répéter pour s'en convaincre) tout va bien dans la zone euro.

La prise de conscience de l'inévitable restructuration de la dette grecque, et donc, de la première mise à contribution de l'Allemagne va conduire Angela Merkel à poser ses conditions à ses partenaires européens. Dans une interview dans l'hebdomadaire Stern, la chancelière affirme ainsi qu'elle "fera le nécessaire pour sauver l'euro" et qu'il n'est "pas question de revenir au deustche mark". Mais le prix à payer sera celui d'une "plus forte coordination des politiques sociales et fiscales, des droits du travail et de l'évolution des salaires dans la fonction publique".

La chancelière donne un exemple concret : l'âge légal de départ à la retraite. "Il doit y avoir dans chaque pays une relation entre cette âge et l'évolution de l'espérance de vie". "On ne doit pas seulement en parler, il faut également le réaliser concrètement", prévient la chancelière. Autrement dit, ce sont bien les recettes allemandes que Berlin entend administrer à l'ensemble des pays de la zone euro. Cette fermeté est le seul moyen pour Angela Merkel de faire accepter à sa coalition et à l'opinion la contribution de l'Allemagne au sauvetage de la monnaie unique.

lundi 10 janvier 2011

Crise de la dette et menaces sur l'euro

Le 14 décembre 2010, l’Institut Thomas More a organisé une rencontre sur la crise de la dette et les menaces sur l'euros. Les intervenants étaient :

- Jean-Marc DANIEL, professeur d'économie à ESCP Europe, chargé de cours à l'École des Mines de Paris,
- Gérard DUSSILLOL, président du groupe de travail Finances publiques de l'Institut Thomas More,
- Paul GOLDSCHMIDT, ancien directeur à la Commission européenne, membre de l’Advisory Board de l’Institut Thomas More.

L'Institut Thomas More a publié sur son site un compte-rendu de ces interventions. En voici les extraits les plus forts.


Gérard Dussillol et la faillite de l'Europe :
A moyen terme, d’ici 2013, la question est de savoir si l'Europe et les États membres peuvent restaurer la confiance sur l'euro et sur la dette et comment ils peuvent le faire. La confiance sur la dette veut en fait dire sustainability, i.e. la capacité non pas de rembourser cette dette mais de la contenir... Les États européens fortement liés à l’euro n’ont rien à gagner d’une explosion de celui-ci du fait de leur fort engagement. Concernant la dette, les problèmes irlandais et grec sont a priori réglés ou en passe de l'être. Le Portugal est trop petit pour faire vaciller le système mais la question de l’Espagne est plus sérieuse : est-elle « too big to bail » ?, Après elle, c'est l’Italie et la France qui pourraient se retrouver sur le radar. Pour le moment, elles restent au bord du radar... mais pour le moment seulement.


Paul Goldschmidt et le désendettement :
Aujourd'hui, il faut évidemment se désendetter pour ne pas entraver la croissance et lancer un signal fort aux marchés afin qu’ils arrêtent la spéculation sur les dettes européennes. Deux solutions se présentent alors : soit on suit le modèle d’orthodoxie budgétaire avec des comptes publics en équilibre et donc un remboursement graduel de la dette, soit on dévalorise cette dette grâce à l’option de l’inflation.


Jean-Marc Daniel et l'union des pays européens :
Un véritable fédéralisme est difficile à tenir au niveau européen et ne peut être envisagé dans un avenir proche. L’Europe ne peut se mettre d’accord à 27. Or, elle a plus que besoin aujourd’hui d’être unie et de montrer sa cohésion face à des pays émergents de plus en plus puissants. L’idéal serait d’avoir des leaders prêts à mener et à incarner une politique et une ambition européennes. Rêvons un peu... On pourrait alors imaginer ainsi la distribution des rôles : l’Allemagne en leader sérieux, la France en leader en second moins sérieux, la Grande Bretagne en « traître » de comédie et l’Italie en Colombine fantaisiste et imaginative...

mardi 19 octobre 2010

Etude: la perte de confiance des Occidentaux envers les banques

Paul Verna, analyste pour eMarketer.com relaie dans sa tribune "In institutions we trust... or not" que selon l'institut de sondages Edelman, la confiance des citoyens envers les institutions bancaires et financières a baissé entre 2007 et 2010... sauf en Inde et en Chine !

Comme on le voit sur le graphique reproduit ci-dessous, (cliquez dessus pour agrandir) la perte de confiance la plus conséquente (et qui n'étonnera personne) a eu lieu aux États-Unis : de 68 à 29 % de confiance. Soit une perte de 39 points ! En Europe, l'écart est également conséquent : 20 points au Royaume-Uni, 17 points en Allemagne et 16 points en France.

A noter que le rapport d'Edelman date du 26 janvier 2010.