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mercredi 24 août 2011

La Deutsche Bank fraude en Corée du Sud

Deutsche Bank a confirmé le 22 août que quatre de ses employés faisaient l'objet de poursuites en Corée du Sud pour avoir mené des transactions boursières illégales dans le pays. La justice sud-coréenne les accuse d'avoir illégalement empoché plus de 41 millions de dollars (soit 28 millions d'euros) en une seule séance à la Bourse de Séoul le 11 novembre 2010. Ce jour-là l'indice boursier sud-coréen Kospi avait anormalement chuté dans les dix dernières minutes de la séance.

Deutsche Bank : la banque allemande de l'avenir...

Déjà condamnée à 642.000 euros d'amende en février 2011...

La maison de courtage de Deutsche Bank à Séoul est également poursuivie. Les enquêteurs sud-coréens l'accusent d'avoir effectué des opérations d'arbitrage incorrectes sur certains marchés durant cette fameuse séance. Deutsche Bank a affirmé que sa maison de courtage sud-coréenne "nie les accusations", qu'elle n'a "jamais autorisé à violer la réglementation du marché" et qu'elle avait l'intention de se défendre.

En février, la Bourse de Séoul a déjà infligé à Deutsche Bank une amende record d'un milliard de wons (soit 642.000 euros) dans cette affaire. Par ailleurs certaines activités de la maison de courtage de Deutsche Bank à Séoul font l'objet de 6 mois de suspension depuis le 1er avril.

... et condamnée à 541.000 euros le 22 mars 2011 !

Le 22 mars dernier, Deutsche Bank avait été condamnée à 541.000 euros par la Cour fédérale de Karlsruhe, la plus haute juridiction allemande, pour avoir joué contre les intérêts d'un de ses clients. La banque avait conseillé à Ille, une entreprise de robinetterie, d'investir dans un produit financier "complexe" (comprendre "toxique" ou "pourri"). Autrement dit, Deutsche Bank gagnait de l'argent quand Ille en perdait. Du banksterisme pur et simple.

mardi 23 août 2011

Goldman Sachs et la fraude... après Enron et Worldcom

Le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein (qui, rappelons-le, prétend "œuvrer pour Dieu") a engagé un avocat extérieur à la société pour le conseiller suite à la publication en avril d'un rapport du Sénat américain très critique envers la banque d'affaire, connu pour son bankstérisme superactivé directement opératoire.

Lloyd Blankfein Goldman SachsLloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs, futur Prix Nobel de la Paix.

La commission du Sénat avait fustigé le mode de fonctionnement de Goldman Sachs et relevé que l'établissement avait souvent pris le parti de spéculer au détriment de ses propres clients. En juin 2010, Goldman Sachs avait accepté de payer 550 millions de dollars (une blague) pour solder une plainte de l'autorité américaine de régulation des marchés boursiers (SEC) qui l'accusait d'avoir trompé ses clients avec des investissements liés au marché immobilier.

Enron, Worldcom... et Goldman Sachs

Le juriste engagé par Lloyd Blankfein est Reid Weingarten, un avocat pénaliste réputé ayant par le passé représenté l'ancien PDG de WorldCom et un ex-comptable d'Enron. Quand on connaît l'escroquerie monumentale qu'a constitué Enron, qui fit faillite en 2001, suite à des manipulations financières et autres opérations frauduleuse, on a de quoi frémir. Sans parler de Worldcom qui, en 2001 et 2002, a déclaré près de 11 milliards de dollars de revenus totalement fictifs, avant de faire faillite. Goldman Sachs entre dans l'indigne lignée de ces entreprises criminelles.

Un porte-parole de Goldman Sachs a sobrement commenté : "comme il est commun dans de telles situations, M. Blankfein et d'autres personnes qui doivent être entendues dans le cadre de l'enquête du département de la Justice concernant certains problèmes soulevés par le rapport (d'une commission d'enquête du Sénat) ont engagé un avocat".

Goldman Sachs et le financement de la politique américaine

Rappelons que Goldman Sachs est le deuxième plus grand financeur de la politique des États-Unis depuis ces vingt dernières années, avec un versement de 36,7 millions de dollars aux hommes et partis politiques. Des dépenses qui ont tendance à fortement augmenter ces dernières années. Ce sont d'ailleurs les candidats démocrates qui profitent le plus de cette générosité.

Lire également :

- Le bankster Goldman Sachs mis en examen pour usage de faux
- Le "socialiste" Strauss-Kahn vend l'Europe à Goldman Sachs
- Goldman Sachs ou Goldman "Sex" ?

mercredi 8 juin 2011

Réunion du groupe Bilderberg en Suisse

Le très discret groupe de Bilderberg, qui rassemble une centaine de personnalités de la politique, de l'économie et de l'aristocratie, se réunit à partir du 9 juin dans la station huppée de St-Moritz dans une opacité dénoncée par les acteurs politiques helvétiques.

Bilderberg Group 2011 St Moritz
Le lieux et la date de cette réunion sont entourés par le plus grand mystère. Un porte-parole du département de la Justice et de la Sécurité du canton des Grisons a ainsi seulement confirmé que la réunion se tenait bien à St-Moritz, mais n'a pas voulu préciser l'endroit, les dates et les participants : "nous avons pris des mesures policières spéciales pour protéger des personnalités".

Opposition de la Jeunesse socialiste suisse

Le président de la Jeunesse socialiste suisse, David Roth, a affirmé que la centaine de participants se retrouvaient à partir du 7 juin et pour quatre jours dans l'hôtel cinq étoiles Suvretta de St-Moritz. Selon lui, "il y a un problème lorsque des représentants politiques et économiques se retrouvent à huis clos. Ce groupe prend des décisions importantes en catimini. Les participants ne se retrouvent pas pour boire le café mais influencer la gouvernance". Les Jeunesses socialistes prévoient de manifester le 11 juin dans la station contre cette réunion.

Pas de complot mais une autocensure réelle

Dans son livre La Vraie Histoire du Bilderberg, le journaliste d'investigation Daniel Estulin estime que ce groupe est "devenu une sorte de gouvernement mondial de l'ombre, qui décide lors de réunions annuelles comment il met en œuvre ses plans". De fait, le Bilderberg publie seulement au terme de sa réunion un bref communiqué et une liste des participants. Sur celle de l'année dernière figure le vice-président de Suez-Tractebel, Etienne Davignon, en qualité de président de cette réunion discrète.

Le président de Deutsche Bank, Joseph Ackermann, son homologue d'Axa, Henri de Castries, et le président d'Airbus, Thomas Enders, y figurent également, tout comme le PDG du Washington Post Company, Donald Graham, et la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies, Neelie Kroes. Cette dernière, tout comme le commissaire européen à la Concurrence Joaquin Almunia devraient se rendre à St-Moritz, a-t-on confirmé à la Commission européenne.

Doris Leuthard Bilderberg Group 2011
Doris Leuthard, invitée la réunion des Bilderberg à St-Moritz.

En Suisse, la venue de la ministre de l'Environnement et de l’Énergie Doris Leuthard a été confirmée lors de la cession du parlement en réponse à une question du député UDC Dominique Baettig. "Cette réunion est totalement en contradiction avec le modèle suisse de la transparence. Des dirigeants se réunissent sans qu'on puisse savoir de quoi il en retourne", a-t-il estimé. M. Baettig a souligné qu'il ne partageait "pas du tout la théorie du complot", mais il a expliqué qu'on lui avait "fait comprendre qu'il y a une sorte d'autocensure" sur le sujet.

lundi 21 mars 2011

Gaspillage de l'argent public à Paris

bertand delanoe maire de paris gaspillage argent public delanopolis
Le site Delanopolis est catégorique, chiffres à l'appui : "Subventions parisiennes : le clientélisme en folie !" En effet, en 2001, le budget primitif parisien prévoyait l'équivalent en francs de 140 millions d'euros de subventions diverses. En 2011, ce montant passe à... 203 millions d'euros ! Un gaspillage orchestré par Bertrand Delanoë, maire de Paris depuis 2001, pour acheter des votes de pique-assiette qui ont tout compris au principe donnant-donnant de l'actuelle municipalité ? Delanopolis explique :

Pour mémoire, l'inflation de 2001 à 2010, dernière année échue, s'est élevée à 16, 9 %. La dérive générale des prix aurait donc dû conduire à une inscription de 164 millions au budget 2010. Or, près de 200 millions furent inscrits l'an dernier : une hausse de 42 % ! Bref, les subventions parisiennes augmentent grosso modo deux fois plus vite que l'inflation. Elles représentent désormais environ le dixième du coût total des personnels de la ville, lesquels doivent batailler pour se voir payer leur travail du dimanche, on le redécouvre ces temps-ci.

lundi 21 février 2011

La fortune de Ben Ali dévoilée à la télévision

Un reportage vidéo d'Euronews nous apprend que le samedi 19 février, les Tunisiens ont pu découvrir un reportage de télévision sur le palais de l'ancien président Ben Ali, à Sidi Bou Saïd. Des liasses de billets de banque (en euros ou en dollars) et des bijoux en diamant et des or étaient dissimulés dans des coffres-forts, des fausses bibliothèques et d'autres "planques"...

Cette fortune de Ben Ali et de son entourage sera déposée dans les coffres de la Banque centrale de Tunisie, en attendant une décision de justice. Des membres du gouvernement ont déjà promis qu’elle servira à financer des projets de développement dans les régions défavorisées. L'enrichissement, notamment celui du clan Trabelsi, l'épouse de Ben Ali, a longtemps cristallisé la colère des manifestants. La fortune de l'ancien président est estimé à 5 milliards de dollars.



A noter en fin que le 20 février, le gouvernement tunisien a réclamé à l'Arabie saoudite de lui « fournir dans les plus brefs délais » des informations sur l'état de santé de Ben Ali, suite aux récentes rumeurs de décès.

jeudi 17 février 2011

Vive l'économie mafieuse du Kirghizistan

René Cagnat, ex-Consul Honoraire de France à Bichkek, spécialiste de l'Asie Centrale et chercheur associé à l'IRIS, vient de publier la note "Kirghizistan : ne pas tuer la poule aux œufs d’or !". Alors que le Kirghizistan a connu un renversement violent du Président Bakiev et de son gouvernement en avril 2010, René Cagnat se demande si le pays pourrait connaître une nouvelle révolution, comme c'est actuellement le cas en Tunisie et en Égypte. Selon René Cagnat, tout inégalitaire soit-il, le système kirghize peut tenir grâce... à son économie souterraine ! Autrement dit à l'économie mafieuse !

Émeutier durant la révolution kirghize d'avril 2010 ©BELGA_EPA_IGOR KOVALENKO

En effet, "le spectacle donné aujourd’hui par le peuple kirghize révèle que, par son économie souterraine, il a trouvé un équilibre qui, si précaire soit‐il, pourrait lui permettre d’échapper, sinon aux désordres, du moins à l’effondrement". Au programme, trafic de drogues (héroïne et cannabis), d'humains, d'armement, de fourrures, d'oiseaux rapaces (!) et de métaux précieux. Extraits :

Dans la société kirghize actuelle chacun y va de son petit trafic, plus ou moins clandestin, organisé souvent au niveau clanique ce qui assure la discrétion. Cela aboutit à une richesse considérable. Alors que le PIB kirghize, témoin de l’économie de surface, ne dépasse pas en 2010 4 milliards de $, la valeur de ce qui transite ou part du Kirghizistan atteindrait, selon un document officiel circulant sous le manteau, le montant de 100 milliards ! Bien entendu, les barrages édifiés aux frontières s’ouvrent devant le pouvoir corrupteur de l’argent. Le bénéfice tiré au Kirghizistan de ce « négoce » serait légèrement inférieur, voire égal à son PIB. L’économie de l’ombre – ou économie parallèle ‐ indépendante et non soumise à l’impôt, ferait donc aujourd’hui jeu égal avec l’économie officielle !

On comprend, dans ces conditions, l’abondance des voitures haut de gamme à Bichkek et pourquoi cette capitale fonctionne normalement dans un pays censé être en perdition. L’avantage pour le Kirghizistan de ce pactole est qu’il se redistribue vaille que vaille dans la société. Grands, petits et semi-mafieux kirghizes ont en effet tendance à réinvestir – ou blanchir ‐ dans leur pays une part de leurs revenus supérieure, par exemple, à celle que les Russes réutilisent chez eux. Ce réinvestissement est souvent très maladroit et assez improductif (restaurants et boutiques de luxe, résidences kitsch, maisons de jeux, etc), mais il donne du travail aux plus pauvres. Ainsi, une économie qui devrait sombrer se maintient‐elle, en définitive, pendant qu’il éteindre ou orienter les velléités révolutionnaires.

Lire la note complète "Kirghizistan : ne pas tuer la poule aux œufs d’or !"

Site personnel de René Cagnat