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vendredi 16 septembre 2011

Les banques éthiques en Europe face à la crise

Comment les banques éthiques traversent-elles la crise économique ? La semaine dernière, la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (Febea) a organisé à Cracovie en Pologne la deuxième conférence "Europe Active". Heureuse surprise : si la crise ne les épargne guère, elle valide la pertinence de leur modèle. À terme, elles pourraient donc bien en sortir renforcées, à condition que les pouvoirs publics entendent leurs demandes.

FEBEA banque ethiqueFebea : banques éthiques et alternatives !

Les banques éthiques n'ont pas de cours de Bourse à surveiller, pas de rumeurs désagréables à démonter. Elles se contentent de faire ce que toute devrait faire : collecter l'épargne pour financer la création d'emplois, en particulier à destination des publics défavorisés.

Trois conséquences de la crise sur les banques éthiques

Tout d'abord, les plans d'austérité adoptés par tous les gouvernements européens menacent les crédits accordés au secteur social. Jean-Michel Lecuyer, directeur général de France Active, précise: "surtout dans les pays comme la France, où l'État a toujours été fortement impliqué".

Ensuite, la crise a fragilisé plusieurs institutions de microfinance, notamment en Europe de l'Est. Bruno Dunkel, de CoopEst, reconnaît : 'les revenus des porteurs de projets ont chuté, donc le taux de non-remboursement des prêts a bondi de moins de 5 % à parfois plus de 10 %".

Enfin, les membres de la Febea voient d'un très mauvais œil les nouvelles réglementations, dites "Bâle III", exigeant des établissements bancaires qu'ils augmentent significativement leurs fonds propres, pour faire face à un nouvel "accident", du type subprime ou défaut d'un État. Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, affirme : "nous aurons les pires difficultés à nous plier à ces règles, souligne . Le résultat sera catastrophique : les petites et moyennes banques seront fragilisées puis absorbées par les plus grandes. C'est dramatique". Les membres de la Febea espèrent donc obtenir une dérogation, en plaidant qu'ils ne prennent pas de risques sur les marchés financiers.

banque ethique
Pour l'amour de l'argent...

Un fonds européen d'investissement pour les entreprises sociales

Hugues Sibille, vice-président du Crédit Coopératif, estime que la crise peut favoriser le développement des banques éthiques : "on sent bien que la crise pousse les pouvoirs publics à aider les entreprises sociales. Ils comprennent que nous pouvons apporter des réponses innovantes aux difficultés actuelles, notamment dans la lutte contre le chômage. Alors ils tendent une oreille plus attentive. À nous d'en profiter".

Autre signal positif, la nouvelle implication de l'Union européenne : Michel Barnier, commissaire au marché intérieur, devrait formuler à la mi-octobre des propositions concrètes. Il est notamment question de mettre en place un fonds européen d'investissement à destination des entreprises sociales. Karol Sachs, ancien président de la Febea, rêve de le voir doté d'un milliard d'euros, mais il pourrait plus vraisemblablement démarrer avec cent ou deux cents millions et servir d'effet de levier en attirant d'autres financements nationaux. Un projet que les banquiers éthiques prendraient comme un nouvel encouragement.

mardi 16 août 2011

Un centre financier qatari en Biélorussie ?

Selon Ria Novosti, la création d'un grand centre financier en Biélorussie a été évoquée lors d'une visite officielle du Président biélorusse Alexandre Loukachenko au Qatar. La Biélorussie et le Qatar ont donc l'intention de créer une grande zone industrielle baptisée "île du Qatar en Europe". "Le terrain destiné à héberger cette zone se trouvera non loin de Brest, près de la frontière polonaise. La zone accueillera des banques qataries, des centres culturels d'affaires des pays arabes du Golfe, des logements et des objets d'infrastructure sociale.

Alexandre Loukachenko BielorrusieAlexandre Loukachenko, Président de la Biélorussie.

Selon Alexandre Loukachenko, les Qataris "ont une bonne expérience de réalisation de tels projets. La Biélorussie offre des possibilités uniques alors que le Qatar a des ressources financières énormes. Ils manquent de possibilités, nous des moyens financiers. Il est temps d'agir [...] Nous sommes en outre prêts à mettre à la disposition du Qatar des terrains pour la construction de centres logistiques près d'Orcha et de Brest".

Boudée par l'Union européenne et les États-Unis, d'autres pays comme la Russie, le Qatar et la Chine n'hésitent pas à passer des accords économiques avec la Biélorussie, alors que la dette publique du pays a augmenté de 82,5% depuis le début de l'année pour se chiffrer à près de 14 milliards de dollars le 1er juillet.

Lire également

- La Biélorussie coulée par la dette et l'inflation
- La Biélorussie explose les États-Unis
- Les banques conventionnelles du Qatar arrêtent leurs activités islamiques

jeudi 30 juin 2011

Lancement de Finance Watch

Finance Watch, le contre-pouvoir au lobby bancaire, voit le jour aujourd’hui. Un an après l'appel lancé par les députés européens pour demander à la société civile de mettre fin au monopole du lobby financier sur ces sujets, une trentaine d’organisations représentant 300 ONG, des syndicats, des associations de consommateurs et d’investisseurs se réunissent ce jeudi 30 juin pour créer le premier contre-pouvoir en matière financière.

finance watch lobby
Sur son site (disponible en français, anglais et allemand), Finance Watch explique sa mission :

A l’origine de Finance Watch, il y a la conviction que la société se doit de réglementer l’activité financière car l’autorégulation du secteur financier a non seulement été un échec patent mais surtout un échec donc le coût économique et social est à la fois considérable et de longue durée.

La réglementation du secteur financier ne constitue pas un objectif en soi: elle constitue la seule façon possible pour la société de s’assurer que la finance remplisse sa mission d’intérêt général, à savoir apporter du capital et des services de façon durable à l’économie productive.

L’activité financière possède un impact important sur la société et sur son fonctionnement et Finance Watch a comme mission de s’assurer que les intérêts de la société soient pris en compte dans des domaines dominés par l’industrie financière et son lobby. La situation actuelle caractérisée par une asymétrie où, si souvent, seuls les arguments en faveur des intérêts de l’industrie financière semblent être entendus constitue un danger pour la démocratie car elle favorise soit une réponse politique trop faible au regard des enjeux soit une réponse politique fondée sur l’émotion et le populisme. L’objectif premier de Finance Watch est de mettre fin à cette asymétrie.

Quarante organisations émanant d’une douzaine de pays différents ainsi que dix-sept experts en matière financière et de réglementation financière sont devenus membres de Finance Watch. Outre ses membres, Finance Watch fonctionnera avec une équipe d’une douzaine de professionnels spécialisés sur les questions financières, la communication et le lobbying.

- Site de Finance Watch.

mardi 19 avril 2011

Le maire d'Unieux dépose plainte contre Dexia

Alors que les banksters de Dexia sont déjà mis à l'index à Gand en Belgique, Christophe Faverjon, le maire d'Unieux dans la Loire, a déposé plainte contre ces mêmes banksters pour "défauts de conseil sur les risques encourus, alors que la banque connaissait la situation financière d’Unieux". La ville d'Unieux avait contracté un prêt de 4 millions auprès de la banque en 2007. Ironie de l'histoire, Christophe Faverjon est un élu du Parti Communiste Français (PCF) ! Pas très malin de faire confiance à Dexia, le rouge !

Chrsitphe Faverjon : un communiste pas très regardant sur les banques...

Pour Le Progrès, Christophe Faverjon explique sa démarche et ses attentes. Extraits :

Christophe Faverjon, vous déposez plainte aujourd’hui contre la banque Dexia. Comment a évolué la situation depuis vos premières sollicitations, soit depuis bientôt un an ?

Elle s’est dégradée : le prêt indexé sur le franc suisse commence en septembre 2011. Aujourd’hui, on serait à 12,5%, on aurait 326 000 euros à payer en plus. C’est l’équivalent de onze emplois temps plein, 8,92% d’impôts locaux.

Dexia a-t-elle ouvert des portes de négociation ?

Nous les avons rencontrés à deux reprises. La dernière proposition consistait à payer une indemnité de 6,47 millions d’euros, qui s’ajoute aux 4 millions que l’on doit encore, si l’on voulait un taux fixe à 3,9%.

C’est de la provocation ?

Oui. En réalité Dexia est dans une situation financière très délicate. Elle ne peut pas se permettre de faire une offre intéressante, elle préfère le risque du contentieux.

D’autres collectivités attaquent-elles cette banque ?

A ma connaissance, nous sommes les seuls, avec le conseil général de Seine-Saint-Denis [...] L'État doit intervenir. Deux solutions : renationaliser ces banques qui sont financeurs publics, ou proposer comme Maurice Vincent que l’Etat crée une structure de défaisance de la dette qui récupérerait les emprunts toxiques. En échange, on prendrait des emprunts à la Caisse des dépôts dont les risques seraient assumés par l'État.

Les banksters Dexia et KBC lâchés par Gand


Nouvelle chronique du bankstérisme, cette fois-ci en Belgique : la ville de Gand a décidé de retirer entre 30 et 35 millions d'euros de ses comptes dans les banques Dexia et KBC pour protester contre les bonus versés à leurs dirigeants. Ces deux banques avaient été aidés par le pouvoir public pendant la crise financière. Dexia a décidé au début du mois de verser à son administrateur délégué Pierre Mariani une rémunération variable de 600.000 € pour l'exercice 2010, en baisse comparé à l'année précédente. KBC a annoncé pour sa part son intention de reprendre le versement de bonus à ses dirigeants.

Retour de la culture des bonus

L'échevin des Finances de Gand, au nord de la Belgique, le libéral Christophe Peeters, explique : « Nous réagissons de cette manière aux bonus confortables octroyés aux patrons. Quand tout allait mal, l'argent des contribuables a aidé les banques. Maintenant que la situation s'améliore, les banques recommencent la même culture de bonus. Nous ne disons pas uniquement que ce n'est pas éthique, mais nous agissons [...] avec le langage de l'argent. »

Aucun devoir de responsabilité, de morale et d'éthique

KBC a regretté la décision de la ville de Gand, tout en soulignant que la ville était dans son droit. Dexia a réaffirmé pour sa part que sa politique de rémunération était conforme aux dispositions légales et réglementaires européennes, belges et françaises. En Belgique, le nouveau gouverneur de la Banque nationale, Luc Coene, juge « indécent » que les banques qui ont bénéficié d'aides des pouvoirs publics octroient des bonus à leurs dirigeants.

Michel Barnier, ses bonnes paroles et sa naïveté face aux banques...

Déjà en janvier dernier, le Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier déclarait : « dans la situation actuelle dans laquelle on demande beaucoup d'efforts à beaucoup de gens, les banques ont un devoir de responsabilité, de morale et d'éthique aussi ».

Non Michel, là est ton erreur : les banques n'ont aucun devoir de responsabilité, de morale et d'éthique.

mardi 12 avril 2011

La banque irlandaise AIB dans le rouge !

La banque Allied Irish Banks (AIB), récemment nationalisée (et détenue à 90% par l'État), a déclaré ce matin une perte de 10,4 milliards d'euros en 2010. Cette perte est près de cinq fois plus élevée que pour 2009. Les dépôts des clients ont ainsi diminué de 22 milliards d’euros l’an passé. Malgré les 13,3 milliards alloués fin mars dans le cadre du plan de sauvetage des banques irlandaises, l'établissement annonce la suppression de 2.000 postes d'ici à l'année prochaine.


Un plan de restructuration irlandais déjà compromis

Effectivement, fin mars, AIB recevait déjà à elle seule 13,3 milliards d’euros lors du dernier plan de renflouement des banques par l'État. Parmi les mesures du plan de sauvetage mis en place par l’Irlande figure la création de deux "piliers" : l’un naîtra de la fusion d’AIB avec la société de crédit EBS, l’autre reposera sur la Bank of Ireland. Un plan qui ne commence pas très bien, c'est le moins que l'on puisse dire !

Affaire à suivre dans la faillite progressive des banques et des États de l'euroland.

lundi 14 mars 2011

La Banque d'Italie met sous tutelle une banque romaine contrôlée par la Libye

Khadafi milliard banque dollars banca UBAE Tripoli
Selon Ria Novosti et Le Figaro, la Banque d'Italie a annoncé aujourd'hui, lundi 14 mars, avoir placé sous tutelle provisoire Banca UBAE, une banque italienne avec une forte participation libyenne, se conformant ainsi aux sanctions adoptées par l'Union européenne contre le régime du dictateur Mouammar Kadhafi, le milliardaire chasseur de jeunes drogués manipulés par des islamistes.

La Banque centrale libyenne (BCL) et la Libyan Foreign Bank (LFB) ont au sein de Banca UBAE, une banque de droit italienne, une position de contrôle et le rôle de principal financier, souligne la Banque d'Italie dans son communiqué. La Banque d'Italie a également chargé ses commissaires Vincenzo Cantarella et Maurizio Losavio d'exercer provisoirement la gestion d'UBAE.

En relation avec la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 26 février 2011 et des mesures restrictives adoptées par l'Union européenne, visant notamment ces deux banques libyennes, la Banque d'Italie a décidé de placer UBAE sous gestion provisoire, en nommant deux commissaires chargés de la gestion de la banque, afin que puissent être assurée la continuité de ses activités, indique le communiqué.

mercredi 23 février 2011

La Lloyd's entre les plaintes de clients et le Qatar


Selon The Guardian, la Lloyd's, plus grande banque du Royaume-Uni, a reçu plus de 330.000 plaintes au cours du second semestre 2010, soit plus de 2.000 plaintes par jour ! Cela correspond à une augmentation de 14 % par rapport au premier semestre (288.717 plaintes). L'augmentation est due aux plaintes liées assurance décès invalidité (ADI), qui sont passées de 87.668 à 148.300.

Lloyd's toujours : la BBC nous apprend que le Qatar est "intéressé" pour acheter des parts à la fois dans la Lloyd's et dans la Royal Bank of Scotland (RBS). Le gouvernement britannique a annoncé de sa volonté de vendre 83 % de ses parts de la RBS et 43 % de la Lloyd's.

mercredi 16 février 2011

Privatisation de la banque russe VTB


La Russie a donné le coup d'envoi de son vaste programme de privatisation annoncé l'année dernière, en vendant le 14 février 10% de la banque VTB pour plus de 2,4 milliards d'euros (95 milliards de roubles), une offre qui a rencontré un large succès auprès des investisseurs étrangers.

Selon Herbert Moos, directeur financier de l'assureur italien Generali, ce dernier est le plus gros acquéreur d'actions de la banque VTB. Selon lui, le volume total des investissements du groupe italien s'est élevé à 300 millions de dollars.

D'après Ria Novista, pour le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, "cela veut dire qu'en dépit des difficultés de la période après-crise, les actions des entreprises russes présentent toujours un intérêt [...] Nous considérons la vente comme un succès, et continuerons de travailler dans ce domaine".

Rappelons que le gouvernement russe a annoncé en juillet 2010 vouloir privatiser plusieurs entreprises publiques ou semi-publiques. En octobre, il a approuvé un colossal programme de privatisations de 42 milliards d’euros sur cinq ans, au sein duquel figurent notamment VTB, la banque semi-publique Sberbank, le pétrolier Rosneft et nombre d’autres entreprises clés. Cette nouvelle vague de privatisations, la plus grande depuis les années 1990, a pour objectif de lever des fonds pour contribuer à moderniser le pays et lui permettre de maîtriser son déficit budgétaire.

lundi 14 février 2011

Faillite de l'Amagerbanken au Danemark

Amagerbanken-banque-danoise-faillite-immobilier
La faillite de la banque Amagerbanken, la dixième banque danoise à succomber à la crise financière, coûtera 15,2 milliards de couronnes danoises, soit 2 milliards d'euros, à l'État ! La banque Amagerbanken a annoncé le 6 février le transfert de ses actifs au groupe public Finansiel Stabilitet A/S qui administre les banques en faillite, et la fermeture de la banque. L'Amargerbanken a été fondée en 1903. Encore une banque victime des crédits toxiques de l'immobilier.

L'agence de presse Reuters précise : "Huitième banque danoise en terme de prêts, Amagerbanken a fait savoir que ses dépréciations au quatrième trimestre ont épuisé ses fonds propres. La banque souligne qu'elle a dû faire face à de nombreux crédits immobiliers douteux."

jeudi 10 février 2011

Les banques conventionnelles du Qatar arrêtent leurs activités islamiques


L'Institut Français de Finance Islamtique (IFFI) informe que les banques conventionnelles du Qatar vont devoir arrêter leurs activités islamiques. La Banque centrale a en effet émis une circulaire indiquant qu’« il a été décidé de mettre fin aux activités des services financiers islamiques » des banques conventionnelles. C'était déjà le cas au Koweït.

« Nous nous attendons à ce que les banques diminuent leurs activités et convertissent leurs prêts islamiques en conventionnels ou vendent leurs prêts islamiques aux banques islamiques », prévoit Jaap Meijer, senior analyst au sein d´AlembicHC.

mercredi 9 février 2011

La Seine-Saint-Denis assigne en justice trois banques

Claude-bartelone
Une information révélée par acteurspublics.com : le Conseil général de Seine-Saint-Denis (93) a décidé d'attaquer trois banques avec lesquelles avaient été souscrits des emprunts toxiques, pour les annuler. Les banques en question : Depfa, Calyon et Dexia. Selon Claude Bartolone, député PS et Président du Conseil général, "il y a le temps de la diplomatie – là, j’ai tout essayé – et celui de la guerre".
Claude Bartolone a pour objectif de faire annuler cinq contrats passés avec les banques Depfa, Calyon et Dexia entre 1997 et 2008, quand le département était présidé par des communistes. Au 1er janvier, la dette de la Seine-Saint-Denis s’élevait à 952,7 millions d’euros, dont 72 % d’emprunts toxiques. Un pourcentage en baisse, puisqu’il s’élevait à 93 % en 2008.

La Seine-Saint-Denis a souscrit 63 emprunts toxiques, qui représentent un surcoût de 23 à 28 millions d’euros par an en moyenne jusqu’en 2036. “Les banques n’ont pas satisfait à l’obligation de mise en garde à laquelle elles sont tenues dans le domaine des opérations spéculatives”, estime Claude Bartolone. "J’ai un emprunt de 10 millions d’euros avec la banque irlando-allemande Depfa, pour lequel le taux d’intérêts est calculé en fonction de la parité euro-franc suisse, poursuit l’élu. Le taux initial, pendant trois ans, était de 1,47% et le taux actuel est de 24,20%, ce qui représente un surcoût de 1,5 million d’euros par an, soit presque le coût d’une crèche !"
Lire les explications de Claude Bartolone sur son blog.

La Seine-Saint-Denis n'est pas un cas isolé

Et le cas du conseil général de Seine-Saint-Denis n’est pas isolé. Selon Maurice Vincent, le maire PS de Saint-Étienne, qui a lui-même assigné la Deutsche Bank en octobre 2009, "plusieurs centaines de collectivités vont connaître progressivement, dans les prochaines années, des situations de ce type pour des niveaux de difficulté différents". Aujourd’hui, "la prise de conscience du côté des élus n’est pas totale", constate-t-il néanmoins.

Citant des sociétés de conseil, l’élu évalue à 10 milliards d’euros le montant des emprunts structurés dangereux souscrits par les collectivités, ce qui représente un risque de pertes potentielles de 5 à 8 milliards d’euros. Pour sécuriser et gérer ces emprunts, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a annoncé, le 1er février, avoir mis en place un groupe de travail, animé par Claude Bartolone, sur cette question.

samedi 29 janvier 2011

Goldman Sachs : le salaire de Blankfein va tripler


Goldman Sachs a annoncé le 28 janvier que le salaire annuel de son PDG Lloyd Blankfein (qui affirme œuvrer pour Dieu) va passer de 600.000 à 2 millions de dollars. Les quatre autres cadres de l'entreprise voient les leurs tripler.

Le directeur d'exploitation Gary Cohn, le directeur financier David Viniar, et les deux vice-présidents Michael Evans et John Weinberg, toucheront chacun désormais 1,85 million de dollars. Bien sûr, ces sommes ne comprennent pas les primes que pourraient en outre toucher ces cadres dirigeants (et ils en toucheront quoi qu'il arrive, soyez-en sûrs !).

Pour en savoir plus :
- Goldman Sachs ou Goldman Sex ?
- Marc Roche : Comment Goldman Sachs dirige le monde
- Ces banques qui financent la politique américaine
- Le "socialiste" Strauss-Kahn vend l'Europe à Goldman Sachs

jeudi 27 janvier 2011

RMC publie le palmarès des banques les moins chères



RMC a publié ce matin le classement des 10 plus grandes banques d'Île-de-France, de la moins chère à la plus onéreuse, en tenant compte d'une liste de 10 critères, déterminés par le ministère de l'Économie, et qui ont pour but de permettre aux consommateurs de comparer plus facilement le coût des différentes banques.

Voici donc le classement, de la banque la moins chère à la plus onéreuse :

1 - Banque Postale
2 - HSBC
3 - Crédit Agricole
4 - Banque Populaire
5 - BNP
6 - Caisse d'Epargne
7 - Société Générale
8 - Crédit Mutuel
9 - LCL
10 - CIC

lundi 24 janvier 2011

Montebourg et la "mise sous tutelle" des banques

Le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, candidat aux primaires PS pour la présidentielle de 2012, a préconisé dimanche 23 janvier sur Canal + "une mise sous tutelle des banques" afin que leurs profits "puissent servir au renflouement des États".

Arnaud Montebourg sort son argument coup de poing pour
peser dans les débats des primaires PS.

Invité à dire ce qu'il ferait s'il était élu à la présidence de la République pour résorber les déficits abyssaux du pays, il a affirmé qu'il ferait "payer les banques" qui sont "responsables de la situation" : "Elles font des profits et empruntent à des taux moins élevés que les États sur les marchés financiers", a noté M. Montebourg, en précisant qu'il mettrait les banques "sous tutelle autoritaire - une forme de nationalisation-sanction" - afin que "leurs profits puissent servir au renflouement des États".

Au niveau de l'Union européenne, le candidat aux primaires PS pour la présidentielle a préconisé une "mutualisation des dettes" et "les faire financer par la Banque centrale européenne".



vendredi 21 janvier 2011

La folle semaine de Rudolf Elmer contre les paradis fiscaux


Retour sur la folle semaine de Rudolf Elmer, cet ex-directeur de la filiale de la banque suisse Julius Bär aux îles Caïmans, qui est devenu "lanceur d'alertes" (whistleblower) en dénonçant les fraudes fiscales engendrées en toute impunité à cause des paradis fiscaux.

Lundi 17 janvier
A Londres, Rudolf Elmer remet à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, deux disques durs contenant les noms de 2000 personnalités ayant des comptes dans des paradis fiscaux.

Mercredi 19 janvier
Rudolf Elmer est condamné par le Tribunal de district de Zurich à 240 jours-amendes à 30 francs (7200 francs) avec sursis pendant deux ans pour, notamment, violation répétée du secret bancaire. A peine sorti du tribunal, Rudolf Elmer se retrouve à nouveau confronté à la justice. Dans la soirée, il est en effet interpellé par la police qui a perquisitionné à son domicile. Motif de la fouille et de l’interpellation : les deux disques durs contenant des données bancaires, transmis lundi à Julian Assange.Une nouvelle procédure pénale a ainsi été ouverte contre lui par le Ministère public zurichois.

Jeudi 20 janvier
Rudolf Elmer fait appel du jugement de la veille. Affaire à suivre...

jeudi 20 janvier 2011

Michel Cicurel (LCF Rothschild) est plus optimiste qu'il y a un an

Michel Cicurel, Président du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild depuis 1999, a donné le 10 janvier un entretien aux Échos. Il se révèle plutôt optimiste pour l'avenir économique international même s'il concède que "l'économie mondiale marche sur une ligne de crête". Il explique également que "la guerre des monnaies est une expression dénuée de réalité. Nous n'avons pas vraiment intérêt à ce que la Chine réévalue modérément le yuan". Plus prudent vers la fin la fin de l'entretien, il lâche tout de même cette évidence que certains font semblant d'ignorer : "un jour viendra où certains pays européens ne pourront rembourser la totalité de leur dette".

Michel Cicurel, ancien énarque et Président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild.

Extraits :
Le monde se remet lentement du choc de la plus grave crise financière depuis les années 1930. Comment voyez-vous l'année qui vient ?

Je suis bien plus optimiste qu'il y a un an. A l'époque, souvenez-vous, l'économie mondiale était en réanimation. Nous avions vidé les armoires à pharmacie, les banques centrales avaient ramené leurs taux à zéro, accumulé des quantités d'actifs de piètre qualité dans leurs bilans et les États déjà surendettés, grillant leurs dernières cartouches, étaient eux-mêmes en danger. Et malgré tout cela, la croissance restait trop molle. C'était inquiétant.

Il était facile d'imaginer un scénario du pire. Que, sous la pression des opinions publiques, le protectionnisme l'emporte. Un Congrès américain plus populiste face à une certaine Chine qui aurait pu choisir la riposte massive, en réduisant ses achats de dette publique américaine, amorçant une spirale de « guerre économique ».

Enfin, il y avait un doute très sérieux quant à l'attitude de l'Allemagne où, là encore, sous la pression de l'opinion intérieure, on pouvait craindre qu'Angela Merkel n'abandonne les autres pays de la zone euro à leur sort, déclenchant une crise grave du système monétaire international.
Bref, au regard de toutes ces catastrophes qui ne se sont pas produites, 2010 est une année de grand soulagement. La rationalité l'a emporté sur l'émotion

La zone euro a subi l'assaut des marchés l'an dernier. La monnaie européenne est-elle menacée dans son existence même ?

Mais non, en aucune façon ! La leçon de l'année écoulée est qu'on ne laissera aucun pays sortir de la zone euro et que l'existence de l'euro est irréversible. Depuis dix ans, les Anglo-Saxons saisissent tous les prétextes pour poser la question de la pérennité de la monnaie européenne qui rivalise avec le dollar et a marginalisé la livre. C'est absurde ! La Californie et d'autres États américains sont en faillite et cela ne menace pas l'existence du dollar, que je sache !

Bien sûr, nous allons encore traverser des périodes de grandes tensions au sein de la zone euro. Il y aura de nouvelles crises de la dette souveraine en 2011. Nous allons sans cesse flirter avec la limite, mais nous avons douloureusement appris en 2010 à pratiquer le massage cardiaque de l'euro.

L'envolée de la dette des États ne condamne-t-elle pas le monde développé à plusieurs années de rigueur ?

Il faudra bien sûr que le consommateur occidental, bien trop cigale depuis tant d'années, se fasse un peu plus fourmi à l'avenir. Mais comment ne pas voir en même temps que l'économie mondiale dispose de moteurs exceptionnels ? L'entrée du monde émergent et de sa classe moyenne dans la modernité, l'augmentation de la population mondiale de 3 milliards d'habitants en un demi-siècle signalent l'entrée dans un cycle de Kondratieff de croissance forte sur longue période. Cela signifie aussi que le sujet de la rareté va se poser de manière extrêmement aiguë. Rareté des énergies fossiles, de certains métaux décisifs ou des émissions de carbone supportables. Je n'ai jamais rencontré autant d'opportunités d'investissements spectaculaires, que l'on songe aux technologies de la communication ou à celles qu'impose le souci écologique.

Entretien complet de Michel Cicurel pour Les Échos ici.

lundi 17 janvier 2011

Wikileaks - banques : qui est donc Rudolf Elmer ?


Julian Assange, le patron de WikiLeaks, a réceptionné le 17 janvier à Londres deux disques durs contenant les noms de 2000 personnalités ayant des comptes dans des paradis fiscaux. Une quarantaine d'hommes politiques y figureraient. Ces données confidentielles ont été confiées à WikiLeaks par Rudolf Elmer, un ancien banquier suisse qui a été pendant huit ans le responsable de la banque helvétique Julius Baer aux Îles Caïmans, l'un des paradis fiscaux des Caraïbes.

Premiers noms dans deux semaines

La liste exacte des 2000 personnes et multinationales n'a pas encore été révélée, mais contient d'après Rudolf Elmer une quarantaine d'hommes politiques ainsi que des grosses fortunes venant des «États-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de Suisse et d'ailleurs». Ces informations, qui lui ont été fournies par des contacts qui désirent rester anonymes, proviennent «d'au moins trois institutions financières et couvrent une période allant de 1990 à 2009».

Rudolf Elmer : le paradis n'est pas fiscal...

Qui est donc Rudolf Elmer ?

Sur son blog Mediatitudes, le journaliste free-lance David Leloup nous donne quelques informations :
Elmer, 55 ans, ex-directeur de la filiale de la banque suisse Julius Baer aux îles Caïmans, est au centre d’un documentaire sur lequel je travaille depuis plusieurs mois. Il sera jugé mercredi [19 janvier] à Zurich pour violation du secret bancaire suisse, faux et usage de faux, et menaces envers deux cadres de la banque.

C’est la première fois qu’une source de WikiLeaks passera devant un juge pour avoir «fuité» des informations bancaires confidentielles, d’abord à la presse suisse en 2005 – sans grand succès –, ensuite sur WikiLeaks en 2008 – ce qui a valu au jeune site son tout premier procès aux Etats-Unis et le blocage de son nom de domaine une semaine durant.

Suite aux premières fuites d’Elmer, plusieurs enquêtes fiscales ont été ouvertes, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni. A Bruxelles, le fisc s’est intéressé de très près au financier belge Philippe Stoclet (l’un des héritiers du Palais Stoclet, patrimoine mondial de l’UNESCO) qui avait dissimulé dix millions de dollars dans un trust administré par la Julius Baer à Grand Cayman.

Motivé au départ par un esprit de revanche dû à un licenciement fin 2002 qu’il juge abusif, Elmer est par la suite devenu un authentique «lanceur d’alertes» (whistleblower) en dénonçant des faits de fraude fiscale réalisés ou facilités par ses employeurs ultérieurs: le Noble Group, un gestionnaire de fonds basé à Hong Kong, et la banque sud-africaine Standard Bank pour laquelle Elmer a travaillé notamment à l’île Maurice, l'île de Man, Jersey et Guernesey.

Bande-annonce du documentaire réalisé par David Leloup et Jean-Philippe Rouxel, "A Leak in Paradise" :



Site du film : aleakinparadise.com

vendredi 14 janvier 2011

Profits, profits : la JP Morgan ne connaît pas la crise

La bonne nouvelle de la journée !

Le deuxième établissement bancaire des États-Unis par les actifs a dégagé 4,8 milliards de dollars de profits au quatrième trimestre 2010, soit un bond de 47 % sur un an. Le bénéfice de la banque de détail s'est élevé à 708 millions de dollars au quatrième trimestre contre une perte de 399 millions un an plus tôt, et le chiffre d'affaires a augmenté de 11%, grâce à une hausse de frais liés aux emprunts hypothécaires, et malgré une baisse des revenus liés aux taux d'intérêts.

Jamie Dimon en couverture de Fortune.

Entre deux coupes de champagne, Jamie Dimon, PDG de la JP Morgan, a déclaré à des journalistes économiques émus aux larmes :
La performance solide sur le trimestre et l'année reflète de bons résultats dans toutes nos activités. Les tendances du crédit dans nos activités de cartes de crédit et vente de gros continuent à s'améliorer. Dans les prêts hypothécaires, si les défauts sont moins nombreux, le coût du crédit reste anormalement élevé et continue à peser de façon importante sur nos résultats. Bien que nous continuions à faire face à des difficultés, il y a des signes de stabilité et de croissance à la fois dans les marchés de capitaux et l'économie américaine.

mardi 11 janvier 2011

Les Estoniens brûlent leurs billets de banque

Insolite : d'après Le Figaro, après leur passage à l'euro le 1er janvier, les Estoniens ont eu l'idée d'utiliser les vieux billets de banque de leur ancienne monnaie nationale comme combustible de chauffage pour leurs maisons. De la monnaie de singe donc, pas vraiment un acte subversif façon K Foundation, qui se filma en 1994 en train de brûler 1 million de livres sterling.

Image du film The K Foundation Burn A Million Quid.

Les couronnes estoniennes, collectées avec le passage à l'euro, ont d'abord été coupées en morceaux, puis comprimées, pour servir de combustible à la centrale de cogénération d'Iru qui assure le chauffage de certains quartiers de Tallinn", a déclaré à la presse un responsable de la banque centrale d'Estonie, Rait Roosve. "Il n'y a pas énormément de solutions pour utiliser les billets de banque qui n'ont plus cours", a-t-il ajouté.

L'Estonie, l'un des trois pays baltes sortis du giron soviétique en 1991, est devenue le 1er janvier le 17e membre de la zone euro, et le 3e pays ex-communiste à avoir adopté la monnaie européenne, après la Slovénie en 2007 et la Slovaquie en 2009.