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jeudi 17 mars 2011

Philipp Bagus et la tragédie de l'euro

L'Institut économique Molinari a publié une analyse du nouveau livre de Philipp Bagus, professeur associé à l’Université Rey Juan Carlos à Madrid, La tragédie de l'euro (à lire gratuitement en anglais sur Scribd). La conclusion est pour le moins radicale : la question de fond n’est pas de savoir s’il est encore possible de sauver l’Euro, mais quel Euro veut-on sauver. Le choix est plus que jamais entre réformes de fond ou inflation. Extraits.

Philipp Bagus Tragedy Euro tragediePhilipp Bagus : La tragédie de l'euro.

L'euro et le phénomène de la pâture commune

Comme Bagus l’explique dans son livre publié fin 2010, l’histoire de l’Euro pourrait être courte tant cette monnaie fait l’objet d’un phénomène dévastateur pour sa conservation, celui de la pâture commune. Ce phénomène économique décrit dès 1968 par Garrett Hardin explique comment une ressource perd de sa valeur voire disparaît ou du fait de sa surexploitation, lorsque des droits de propriété sont mal ou pas définis. Par exemple, le libre accès à une prairie commune conduit à sa sur-utilisation par des éleveurs ayant intérêt à y faire paître le plus grand nombre d’animaux. Faute d’assumer individuellement les conséquences de leurs actes, c’est-à-dire d’avoir à supporter le coût d’entretien et de réfection d’une prairie qui ne leur appartient pas, ils n’auront pas tendance à se comporter en investisseurs à long terme. C’est ainsi que rapidement la prairie, surexploitée, devient inexploitable pour la pâture.

Garrett Hardin Tragedie biens communsGarrett Hardin, auteur de l'article "La Tragédie des biens communs".

Pour Bagus, l’euro subit malheureusement le même phénomène. Il est géré de manière à inciter les différents états membres de l’UE à adopter des comportements de cavalier seul diminuant in fine les qualités de la monnaie européenne. C’est ainsi qu’il se révèle que progressivement une réserve de valeur de piètre qualité. Il y a lieu de craindre que l’euro – qui a déjà perdu 1/5ème de sa valeur depuis sa création – ne soit plus à terme un intermédiaire d’échange efficace si ce phénomène de perte de valeur s’accélère. Or le Système monétaire européen (SME), avec son unique banque centrale (la BCE), permet justement aux divers états membres de l’Union de gonfler leurs dettes et déficits à coup de création monétaire, détériorant le pouvoir d’achat de l’euro.

crise euroland monnaie PIIGS zone euroLe jeu de dominos de la crise monétaire de l'Euroland (© Le Point.fr)

L'euro : une aubaine pour les pays structurellement déficitaires

La mise en place de l’euro fut une aubaine pour les états structurellement déficitaires comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, qui eurent accès à des taux d’intérêt beaucoup plus faibles qu’auparavant. Bénéficiant de la bonne réputation que la rigueur allemande donnait à l’Euro, ces pays ont pu s’endetter à des niveaux jusque là jamais atteints. C’est ce qui explique par exemple le gonflement de bulles immobilières. C’est aussi ce qui explique l’explosion de l’endettement public et les risques inflationnistes. En effet, lorsqu’un gouvernement fait du déficit, il émet en effet des bons du trésor. Une part importante de ces bons, pouvant servir de garantie pour l’octroi de prêts à la BCE, est achetée par les banques.

Lire également :
- Philipp Bagus : Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?
- Emmanuel Todd et le protectionnisme européen intelligent

lundi 10 janvier 2011

Philipp Bagus : Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?

Philipp Bagus, professeur associé à l’Université Rey Juan Carlos à Madrid et auteur de The Tragedy of the Euro (à lire gratuitement sur scribd.com), a publié sur le site du Ludwig von Mises Institute (une organisation américaine libertarienne adepte de l'école autrichienne d'économie) un article intitulé : "Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?" Philipp Bagus commence ainsi :

Ben Bernanke a récemment annoncé que la phase 2 de l’assouplissement monétaire, connu sous le nom de QE2, pourrait être suivie d’une phase 3 voire 4, etc. Dans une interview début décembre 2010, il lui était demandé : « Anticipez-vous un scénario qui rendrait nécessaire d’acheter plus de 600 milliards de dollars ? » La réponse de Bernanke a de quoi surprendre : « Oh oui, c’est bien possible, dit-il. Tout dépend de l’efficacité du programme. Ça dépend du niveau d’inflation. Et pour finir, ça dépend de la façon dont l’économie se comportera. »

La réponse a cela d’intéressant qu’elle indique que la Fed (Banque centrale américaine) pourrait acheter davantage de bons du trésor tout en impliquant que l’assouplissement monétaire et l’inflation seraient deux phénomènes différents. En effet, ses déclarations ne seraient sinon que de simples tautologies : plus d’inflation dépend de l’inflation.

Un livre à lire : The Tragedy of the Euro.

Philipp Bagus poursuit en critiquant les assouplissements monétaires, leurs inefficacités et, surtout, leurs dangerosités. Extraits :

A vrai dire, QE1 pourrait entraîner davantage de malinvestissement et ainsi aggraver le problème. Nous pourrions assister à une japanisation du système bancaire au sein duquel des banques insolvables fonctionneraient sous perfusion de la Banque centrale [...]

La création monétaire ne rend pas la société plus riche. Elle ne produit pas davantage de biens. Elle a un effet redistributif en faveur de ceux qui la reçoivent en premier et au détriment de ceux qui la reçoivent ensuite. L’injection de monnaie dans un domaine de l’économie distord la production. Ainsi, QE2 ne permet pas d’assouplir l’économie. Au contraire, elle rend la récession plus dure et plus longue [...]

L’injection de nouvelle monnaie dans l’économie regonfle les vieilles bulles et en génère de nouvelles [...]


L'article complet est à lire en français sur le site de l'Institut Economique Molinari ou en anglais sur le site du Mises Institute.