jeudi 14 octobre 2010

Loi des finances en France : l'Etat a trouvé la bonne poire

Bon baiser du gouvernement.

Selon La Tribune, l'État français, endetté par plusieurs décennies d'incompétences et de gaspillages (qui explosent aisément ceux de l'Ancien Régime monarchique), a trouvé la bonne poire pour tenter d'éponger les intérêts de la dette... (roulements de tambour) ... La Commission des Finances à l'Assemblée nationale a adopté la nuit du 13 au 14 octobre un amendement UMP proposant d'augmenter de 9 euros les amendes pour stationnement impayé.

Les infractions simples au Code de la Route risquent d'être prochainement plus sévèrement punies. La commission des Finances de l'Assemblée nationale a en effet voté dans la nuit de mercredi à jeudi un amendement qui prévoit de faire passer les amendes de première catégorie de 11 à 20 euros, soit un bond de 82%....

"Cette majoration entraînera un surcroît de recettes de 382 millions d'euros pour l'État, si le nombre d'amendes reste constant", écrit le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez (UMP), dans ledit amendement au projet de budget 2011. Une somme sensée neutraliser "la correction du périmètre des concours aux collectivités locales" dans le solde du budget général. En clair, cette hausse ne profitera pas qu'à l'État.

Reste à voir si les parlementaires maintiendront ou non cet amendement. L'examen du projet de loi de finances 2011 débute la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.

mercredi 13 octobre 2010

De l'utilisation de Google Trends pour évaluer la crise économique


La technologie et l'utilisation des instruments statistiques de Google n'ont plus de limites ! La preuve nous est donnée par Zero Hedge. Aux États-Unis, le Bureau National de Recherches Économiques (NBER) avait annoncé la fin de la récession économique en juin 2009. Hélas, en utilisant Google Trends pour étudier l'évolution des requêtes du type "ticket alimentaire", "cherche travail", "chômeur" ou "sécurité sociale", le NBER s'est rendu compte que la récession était loin d'être terminée. Voir la courbe (la verticale rouge délimite le mois de juin 2009) :

Une telle étude statistique aura-t-elle lieu en France ? Avec une étude comparative par pays de l'Union européenne, peut-être ?

Record des rémunérations à Wall Street en 2010 !


Alors que le Medef anglais appelle à un cessez-le-feu bancaire sur les bonus, histoire de ne pas s'attirer les foudres de la populace ignare et méprisable, le Wall Street Journal indique que l'industrie financière de Wall Street devrait consacrer plus de 144 milliards de dollars aux rémunérations cette année, soit 4 % de plus qu'en 2009. Les revenus devraient progresser de 3 %.

Les Échos précisent que :

L'enveloppe consacrée aux rémunérations croît en outre plus vite que les revenus de l'industrie, qui devraient progresser de 3 % à 448 milliards de dollars en 2010. Les profits devraient en outre reculer de 20 % entre 2006 et les chiffres estimés de 2010, tandis que les rémunérations ont, elles, gagné 23 %.

La situation n'est toutefois pas homogène au sein de l'industrie financière, ni entre les banques. Citigroup, qui est détenue à hauteur de 12 % par l'État américain projette de réduire les rémunérations de 8% en 2010, alors que ses revenus devraient augmenter d'environ 4 %, selon les analystes. De même, Morgan Stanley devrait afficher un ratio de rémunération sur revenus de 49 % cette année, contre 62 % en 2009, alors que ses revenus sont attendus en hausse.

A l'inverse, la banque qui consacre le plus d'argent aux rémunérations en 2010 devrait être Bank of America, qui va allouer 32,5 milliards de dollars aux rémunérations cette année, soit 3,1% de hausse, alors que ses revenus sont en recul de 3,3 %. De même, les revenus de Goldman Sachs sont attendus en recul de 13,5 % cette année, tandis que les rémunérations devraient croître de 3,7 %.

En dehors du secteur bancaire, les contraintes sont évidemment moindres. Dans certains « hedge funds » ou des fonds de capital investissement, les rémunérations sont attendues en forte hausse cette année. Chez Blackstone, les revenus devraient croître de 50 %, et les rémunérations de 12 %. Une concurrence redoutable pour les banques.


lundi 11 octobre 2010

Le Medef anglais appelle à un cessez-le-feu bancaire sur les bonus


Selon Les Echos, Richard Lambert, le patron du CBI (Corporation of British Industry), l'équivalent du Medef en Grande-Bretagne, appelle à un « cessez-le-feu » entre banques afin d'éviter la combinaison « toxique à l'extrême », en début d'année prochaine, de bonus importants avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Il invite les banques à ne pas se lancer dans une course aux rémunérations pour débaucher les banquiers de leurs rivales au risque de provoquer une tempête politique.

Même si pour la première fois en raison de la hausse du taux marginal de l'impôt sur le revenu à 50 %, l'État recevra cette année une partie plus importante que celle des banquiers sur le montant mis de côté par les banques en bonus, le fait que cette somme doive approcher les 7 milliards de livres, selon le think-tank CEBR, commence à provoquer des vagues. Le chancelier de l'Échiquier George Osborne a, ce week-end à Washington, réitéré ses menaces contre les banques qui paieraient des bonus importants et ne distribueraient pas assez de crédits aux entreprises. Il a également donné l'impression de soutenir activement l'initiative européenne dite « FAT » (« Financial Activities Tax ») d'une nouvelle taxe sur le secteur bancaire qui ne serait pas assise sur les transactions mais sur leurs profits ou les rémunérations qu'elles versent. Le gouvernement de coalition a tout intérêt à ce que la saison des bonus, qui intervient en début d'année, ne provoque pas de protestations de la part des contribuables qui continuent à soutenir le système bancaire car George Osborne va annoncer la semaine prochaine 83 milliards de livres de coupes dans les dépenses publiques en cinq ans.

Qu'est-ce que je vais devenir sans mes bonus ?

Cela dit, Richard Lambert, qui va quitter son poste en début d'année, a vivement critiqué les hommes politiques pour leur « caricature » du monde bancaire, notamment lorsqu'ils utilisent le terme « casino ». Pour lui, ce registre « surchauffé » nuit à la réforme du secteur. Il a dit connaître un exemple de banque étrangère ayant renoncé à venir s'installer en Grande-Bretagne à cause de « cette atmosphère ».

Crise monétaire et nouvel ordre mondial


L'étude d'un nouvel ordre mondial n'est plus le seul apanage de conspirationnistes paranoïaques. Pour preuve, Jean-Marie Colombani a publié le 7 octobre sur slate.fr une tribune intitulée "La crise a enfanté un nouvel ordre mondial". On lit ceci :

A l’occasion d’un colloque début octobre à Athènes, Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne et, par deux fois, ancien président du gouvernement italien, a brossé un vaste panorama géostratégique. Il a évoqué les quatre conséquences les plus visibles dans l’ordre géopolitique de la crise économique et financière actuelle :
- La perte, par les États-Unis, de leur statut de puissance responsable de la stabilité économique mondiale.
- La mise en lumière cruelle des faiblesses structurelles de l'Europe ; à commencer par l’absence, dans la zone euro, d’un gouvernement économique ou, au moins, d’une harmonisation fiscale et budgétaire parmi les membres de l’«Euroland». Plus grave sans doute, le reflux qui s’en est suivi dans les opinions publiques des pays membres de l’idéal européen.
- L’accélération du développement des économies émergentes, lesquelles deviennent de plus en plus des puissances à part entière. De ce point de vue, on avait coutume d’évoquer les «BRIC» (Brésil, Russie, Inde, Chine), alors qu’il faudrait plutôt désormais mentionner les «BIC» (Brésil, Inde, Chine), la Russie étant un cas à part et ressemblant de plus en plus à un émirat du Golfe, produisant du gaz et du pétrole.
- La réallocation du partage du pouvoir au niveau planétaire ou, si l’on préfère, son rééquilibrage dans un monde devenu définitivement multipolaire (constat qui nous ramène au point 1).

Le 10 octobre, sur lemonde.fr, Alexandre Kateb, Economiste, Maître de conférences à Sciences Po, pose une question similaire : "Guerre des monnaies ou nouvel ordre mondial ?" Extrait :

L’expression de « guerre des monnaies » masque le fond du problème, beaucoup plus profond, diagnostiqué non par des économistes, mais par des historiens comme Immanuel Wallerstein, auteur d’une réflexion d’inspiration braudélienne sur les transitions hégémoniques. En effet selon Wallerstein toute phase de transition entre deux grandes puissances hégémoniques – les États-Unis et la Chine dans le cas présent – implique une période de désordre lié aux résistances compréhensibles face à la nouvelle donne. Le recentrage de l’économie mondiale sur l’Asie prive en effet les États-Unis de leur rôle de pivot du système économique et monétaire international. Sans parler de l’Europe reléguée au rang de lointaine périphérie dans le nouveau système-monde qui s’annonce. Ces résistances au changement expliquent les incroyables lenteurs des réformes en matière de gouvernance mondiale, à l’instar du processus de repondération des voix au sein du FMI qui fait apparaître le caractère anachronique de règles fixées il y a plus de soixante ans.

vendredi 8 octobre 2010

Warren Buffett clashe Wall Street comme un vrai gauchiste !


La nouvelle fait le bruit dans la presse anglo-saxonne (Telegraph, Bloomberg...) mais est passée presque inaperçue en France (L'Expansion et Pierre Jovanovic tout de même...) ! Lors d'un colloque sur les femmes les plus puissantes organisé par le magazine Fortune, le 5 octobre à Washington, le multimilliardaire Warren Buffett s'est lâché contre la politique fiscale des États-Unis, en critiquant les réductions d'impôts accordées aux plus riches par le président George W. Bush. Extraits :

"On va avoir besoin d'environ 20% du PIB pour financer tout ce qu'on croit avoir le droit d'avoir dans ce pays et personne ne va nous donner cet argent. Si vous ne le prenez pas auprès de gens comme moi, vous n'allez pas l'avoir de la part de ceux qui leur servent à manger. Je paie un plus bas taux d'imposition que la femme de ménage et ce n'est pas comme cela que le système devrait fonctionner."

On imagine la tête des rombières libertariennes ou néo-con en tailleurs de grands couturiers ainsi que leurs escrocs de maris, fondateurs de hedge funds et gredins aussi peu distingués que les mafieux irlandais du début du 20è siècle... Le dessert a dû mal passer et laisser des traces sur le veston coupé à Saville Row ! Car Warren Buffet ne s'est pas arrêté à la politique fiscale des États-Unis, il a démoli Wall Street et les requins qui s'y nourrissent.
"Wall Street fait beaucoup de bonne choses, mais s'est aussi un casino. C'est comme une église qui organiserait des tombolas le weekend."

Warren Buffett n'a pas mâché ses mots en s'adressant aux directeurs des banques renflouées par des fonds publics :
"Vous devriez faire faillite, vos femmes aussi."

L'avenir de la critique de Wall Street et de l'économie spéculative passera-t-elle par la parole de multimilliardaires ? Ô triste monde...

lundi 4 octobre 2010

Alan Grayson : "les banquiers américains sont des voleurs et des fraudeurs"


Pierre Jovanovic, auteur de 777 - La Chute du Vatican et de Wall Street selon Saint-Jean, publie dans sa revue de presse une nouvelle assez extraordinaire. Ça se passe de commentaire :

Écoutez bien le démocrate Alan Grayson (Floride du sud) qui explique comment les banques américaines en sont arrivées à fabriquer des faux documents de saisies, des faux commandements de payer, des centres d'appel en Inde, à antidater les PV, à faire des fausses signatures sur des documents donnés aux juges et à saisir les maisons des gens sans même qu'elles soient les propriétaires hypothécaires de la maison ! Un robot "huissier" signe des dizaines de milliers documents à la volée. Dans la grande majorité des cas, les banques ont saisi les gens avec des faux documents et tout ça pour gagner "de l'argent le plus vite possible et au moindre coût". Greyson les accuse être des voleurs. Les Américains n'en reviennent pas. C'est le scandale Bettencourt puissance mille, version américaine, la JP Morgan et la Bank of America ont annoncé ce week-end qu'elles stoppaient les saisies "pour y voir clair". Les crétins qui gèrent ces machines ont saisi des gens pour 75 dollars de retard sur frais de dossier, ou des gens qui avaient payé leur maison cash. Moralité, les banquiers américains sont bien tous des voleurs professionnels, puisqu'ils fabriquent des faux documents pour voler les maisons des gens, y compris celles qui n'ont pas été achetées à crédit. Ça sent vraiment mauvais aux US.

Le plaidoyer d'Alan Grayson :