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jeudi 11 août 2011

Gillian Tett, l'or des fous et la cupidité de Wall Street

Gillian Tett, rédactrice en chef du Financial Times, a publié en 2009 L'histoire secrète de la JP Morgan : comment la cupidité des banquiers de Wall Street a corrompu un rêve et a déclenché la catastrophe financière mondiale, aujourd'hui traduit en français (l'introduction et le premier chapitre sont lisibles sur le site de la maison d'édition Le Jardin des Livres). Le titre du livre est assez explicite sur sa thèse : le sys­tème financier global a dérapé à cause de mauvaises incitations au rende­ment dans les banques, les fonds d'investissements, les agences de notation, et cela avec des structures de régulation per­verties et un manque de vigilance.

L'Or des fous a été salué comme le meilleur livre jamais écrit sur l'origine de la crise aussi bien par le Telegraph de Londres que le New York Times.

Gillian Tett or des fousGillian Tett, auteur de L'Or des fous.

JP Morgan, Blythe Masters et credit default swap (CDS)

Gilian Tett explique la genèse de cette crise : "tout a commencé au sein d'un petit groupe de banquiers autrefois liés à JP Morgan, le pilier symbo­lique s'il en est du milieu bancaire. Dans les années 90, ils ont déve­loppé une gamme de produits innovants comme par exemple les CDS et les CDO qui deviendront plus tard les dérivés de crédit. Les concepts de l'équipe Morgan se sont répandus et transformés dans l'économie mondiale tout entière".

L'Or des fous et le complément essentiel au livre de Pierre Jovanovic, Blythe Masters, la banquière de la JP Morgan à l'origine de la crise mondiale. Blythe Masters est l'inventeur des CDS (credit default swaps), aujourd'hui considérés comme des "armes de destruction massive financières".

Le parcours atypique de Gillian Tett

Journaliste au Financial Times depuis 1993, Gillian Tett a reçu le Wincott Prize en 2007 (prix britannique distinguant les réalisations dans le domaine du journalisme financier). Puis elle a été élue "journaliste britannique d'affaires de l'année" en 2008 et en 2009 "journaliste de l'année" par la presse britannique. Gillian Tett n'a pourtant pas suivi un parcours classique. Parlant français et russe, elle a étudié le japonais et le perse. Elle a rejoint le Financial Times après une thèse en anthropologie sociale, dans laquelle elle tentait de comprendredes rituels de mariage au Tadjikistan.

Gillian Tett Or des fousL'Or des fous de Gillian Tett publié aux éditions Le Jardin des Livres.

Le regard de Gillian Tett sur les banques en 2011

Dans un entretien pour La Tribune de Genève, Gillian Tett donne son regard sur la situation des banques en 2011 :

"Les établissements ont tiré quelques leçons de la crise. Je ne pense pas qu’on regardera les rendements sur les CDO (titres adossés à des crédits immobiliers) de la même façon dans le futur. Maintenant, il y a surtout un besoin de gérer les prêts de manière encore plus prudente, de construire des barrages de capitaux plus solides, de mettre les produits dérivés dans des chambres de compensation et surtout d’avoir une vue plus holistique du risque (ndlr: c’est-à-dire qui l’intègre dans l’ensemble d’un contexte). Les banques baissent aussi leurs objectifs sur les retours sur capitaux. Mais il n’est pas certain que ces leçons aient été bien comprises. Sachant que bien des banques et de banquiers sont devenus habitués aux mégabonus et autres superbénéfices, il y a toujours chez eux la tentation de prendre trop de risques – entre autres parce que le danger moral dans le système est toujours là, dû au problème du too big to fail."

Explication de L'Or des Fous par Pierre Jovanovic

Dans un entretien de 85 minutes (sans coupures publicitaires) diffusé le 17 juillet dernier sur Radio Courtoisie, Pierre Jovanovic, animateur d'un blog et d'une revue de presse de l'apocalypse financière sur Radio Ici et Maintenant, commente le livre de Gillian Tett. Il est important de noter que ce n'est pas sur une radio de service public qu'un tel entretien, essentiel sur la réalité financière actuelle, est diffusé.


vendredi 18 mars 2011

Blythe Masters par Pierre Jovanovic

Blythe Masters JP Morgan CDS Pierre Jovanovic
Blythe Masters est un opérateur de marché de la JP Morgan qui a eu la première l'idée en 1994 du principe du credit default swap (CDS), ou couverture de défaillance. Le CDS est une forme de standardisation des risques au lieu de l’étude besogneuse du cas par cas du risque de chaque ligne de crédit. Les mathématiciens modélisent le risque encouru par la standardisation : si quelques prêts font défaut, cela ne devrait pas mettre en péril l’ensemble des transactions. Le CDS s'est très vite généralisé à tous les marchés financiers et a constitué un des principaux moyens de développement de la spéculation à l'origine de la crise des subprimes, de la crise financière de 2007-2010, et de la bulle financière mondiale.

Armes financières de destruction massive

C'est pour cette raison que le quotidien britannique The Guardian a considéré Blythe Masters comme "la femme qui a inventé les armes financières de destruction massive". Pierre Jovanovic a ainsi publié le premier livre consacré à Blythe Masters, qu'il considère comme la femme la plus puissance en 2011, capable d'engendrer la spéculation sur les matières premières et de provoquer famine et désolation. Ce qui est effrayant, c'est qu'il n'a pas tort.

Boycott / Silence en France ?

Ce qui est pour le moins étonnant car on attendait plutôt un livre anglo-saxon. Et non ! C'est un français qui s'en est chargé. Étrangement, même si ce livre a été publié en février, aucun média français n'en a parlé. Un article dans La Tribune ? Sur Les Échos ? Non ? Pourquoi ?

Écouter les explications de Pierre Jovanovic en vidéo (30 minutes pas perdues) :


vendredi 8 octobre 2010

Warren Buffett clashe Wall Street comme un vrai gauchiste !


La nouvelle fait le bruit dans la presse anglo-saxonne (Telegraph, Bloomberg...) mais est passée presque inaperçue en France (L'Expansion et Pierre Jovanovic tout de même...) ! Lors d'un colloque sur les femmes les plus puissantes organisé par le magazine Fortune, le 5 octobre à Washington, le multimilliardaire Warren Buffett s'est lâché contre la politique fiscale des États-Unis, en critiquant les réductions d'impôts accordées aux plus riches par le président George W. Bush. Extraits :

"On va avoir besoin d'environ 20% du PIB pour financer tout ce qu'on croit avoir le droit d'avoir dans ce pays et personne ne va nous donner cet argent. Si vous ne le prenez pas auprès de gens comme moi, vous n'allez pas l'avoir de la part de ceux qui leur servent à manger. Je paie un plus bas taux d'imposition que la femme de ménage et ce n'est pas comme cela que le système devrait fonctionner."

On imagine la tête des rombières libertariennes ou néo-con en tailleurs de grands couturiers ainsi que leurs escrocs de maris, fondateurs de hedge funds et gredins aussi peu distingués que les mafieux irlandais du début du 20è siècle... Le dessert a dû mal passer et laisser des traces sur le veston coupé à Saville Row ! Car Warren Buffet ne s'est pas arrêté à la politique fiscale des États-Unis, il a démoli Wall Street et les requins qui s'y nourrissent.
"Wall Street fait beaucoup de bonne choses, mais s'est aussi un casino. C'est comme une église qui organiserait des tombolas le weekend."

Warren Buffett n'a pas mâché ses mots en s'adressant aux directeurs des banques renflouées par des fonds publics :
"Vous devriez faire faillite, vos femmes aussi."

L'avenir de la critique de Wall Street et de l'économie spéculative passera-t-elle par la parole de multimilliardaires ? Ô triste monde...

lundi 4 octobre 2010

Alan Grayson : "les banquiers américains sont des voleurs et des fraudeurs"


Pierre Jovanovic, auteur de 777 - La Chute du Vatican et de Wall Street selon Saint-Jean, publie dans sa revue de presse une nouvelle assez extraordinaire. Ça se passe de commentaire :

Écoutez bien le démocrate Alan Grayson (Floride du sud) qui explique comment les banques américaines en sont arrivées à fabriquer des faux documents de saisies, des faux commandements de payer, des centres d'appel en Inde, à antidater les PV, à faire des fausses signatures sur des documents donnés aux juges et à saisir les maisons des gens sans même qu'elles soient les propriétaires hypothécaires de la maison ! Un robot "huissier" signe des dizaines de milliers documents à la volée. Dans la grande majorité des cas, les banques ont saisi les gens avec des faux documents et tout ça pour gagner "de l'argent le plus vite possible et au moindre coût". Greyson les accuse être des voleurs. Les Américains n'en reviennent pas. C'est le scandale Bettencourt puissance mille, version américaine, la JP Morgan et la Bank of America ont annoncé ce week-end qu'elles stoppaient les saisies "pour y voir clair". Les crétins qui gèrent ces machines ont saisi des gens pour 75 dollars de retard sur frais de dossier, ou des gens qui avaient payé leur maison cash. Moralité, les banquiers américains sont bien tous des voleurs professionnels, puisqu'ils fabriquent des faux documents pour voler les maisons des gens, y compris celles qui n'ont pas été achetées à crédit. Ça sent vraiment mauvais aux US.

Le plaidoyer d'Alan Grayson :