jeudi 22 décembre 2011

Conférence internationale "Leur dette, notre démocratie" le 15 janvier

En partenariat avec Médiapart, Attac organise le dimanche 15 janvier 2012 à Paris (12è) la conférence internationale "Leur dette, notre démocratie" qui rassemblera des animateurs des luttes sociales et citoyennes et des chercheurs venus de France, d'Europe et d'ailleurs, pour mettre en débat la dette publique, sa légitimité, les mouvements sociaux qui émergent et les stratégies pour refonder l'Europe sur des bases démocratiques.

attac mediapart conference

Déroulé de la journée

- 9h30-12h30 La dette publique contre les peuples : pour l'audit citoyen
- 14h15h30: Indignation et pouvoir des citoyens : refonder la démocratie ?
- 15h45-16h30: Le tribunal populaire des banques (une coproduction théâtrale Attac-Compagnie Naje)
- 16h30-18 h30: Crise européenne : peut on encore éviter le pire ?

Avec notamment : Cristina Asensi (Movimiento 15M, Espagne), Geneviève Azam (Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Isham Christie (Occupy Wall Street, USA), Philippe Corcuff (sociologue), Thomas Coutrot (Attac), Raquel Freire (Movimento 12 março, Portugal), Susan George, Manolis Glezos, Bernadette Groison (FSU), Nicolas Haeringer (Attac), Jean-Marie Harribey (Attac), Stéphane Hessel , Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Frédéric Lordon (Economistes atterrés), Dominique Plihon (Attac), Yves Sintomer (politiste), Eric Toussaint (CADTM), Aurélie Trouvé (Attac)...

Les enfants Bolloré, Decaux et Arnault au club Le Siècle

Félicitations à Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré et directeur général de Bolloré Média, qui vient d'être accueilli au sein du club Le Siècle, actuellement présidé par l'ancienne secrétaire générale du syndicat CFDT, Nicole Notat. Selon la Lettre A, ce n'est pas le seul "fils de" à y pénétrer : Jean-Charles Decaux, fils de Jean-Claude Decaux et directeur général de JCDecaux, ainsi que Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Dior, qui appartient à LVMH, groupe fondé par son papa Bernard. L'oligarchie peut dormir tranquille !

yannick bolloré
Yannick Bolloré, "fils de".

mercredi 21 décembre 2011

La SEC poursuit les ex-patrons de Freddie Mac et Fannie Mae

Le gendarme de la Bourse aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC), a lancé des poursuites contre les ex-patrons des organismes de financement immobilier para-publics Fannie Mae et Freddie Mac, les accusant de "fraude boursière". Dans un communiqué, la SEC accuse six ex-dirigeants de Fannie Mae et Freddie Mac d'avoir "eu connaissance et d'avoir approuvé des déclarations trompeuses affirmant que les deux entreprises détenaient des parts très faibles de prêts hypothécaires très risqués" (subprimes).

freddie mac

L'ex-directeur général de Fannie Mae Daniel Mudd, l'ancien directeur du risque Enrico Dallavecchia, et l'ancien responsable des prêts hypothécaires aux familles individuelles Thomas Lund sont visés par la plainte de la SEC, déposée dans un tribunal de New York. Le gendarme boursier américain attaque aussi en Justice l'ancien PDG de Freddie Mac Richard Syron, l'ancienne administratrice Patricia Cook, et l'ancien responsable des garanties de prêts hypothécaires aux familles individuelles Donald Bisenius.

Les deux entreprises elles-mêmes ont passé un accord à l'amiable avec la SEC selon lequel le gendarme de la Bourse accepte de ne pas les poursuivre et ne leur impose pas de sanctions financières, qui reviendrait à pénaliser le contribuable dans la mesure où les deux sociétés ne peuvent fonctionner sans des injections régulières de fonds publics, qui atteignent 164 milliards de dollars depuis le début de la crise.

Les mensonges de Fannie et Freddie sur les subprimes

Fannie et Freddie se contentent de reconnaître "leur responsabilité» dans les fausses déclarations financières incriminées". Toutefois les deux organismes ne nient ni n'acceptent être redevables envers les victimes de ces déclarations trompeuses. Robert Khuzani, le directeur des poursuites au sein de la SEC a commenté : "les dirigeants de Fannie Mae et Freddie Mac ont dit au monde entier que leur exposition aux subprimes était bien plus faible qu'elle ne l'était en réalité". Ainsi, Fannie Mae n'avait décrit dans ses documents financiers son exposition aux subprimes qu'à hauteur de 10% de son exposition réelle. "Ces présentations fausses de la réalité se sont déroulées à un moment où les investisseurs s'intéressaient de près à l'exposition des institutions aux prêts hypothécaires à risque (subprime), et ont trompé le marché sur le risque contenu dans le bilan des deux sociétés".

811 milliards d'euros pour éviter la faillite de la zone euro

Les États de la zone euro devront emprunter 811 milliards d'euros l'an prochain. Au cours des deux prochaines années, la zone euro devra emprunter 1.700 milliards, soit 19% de son PIB ! Une broutille... Les trois plus gros émetteurs sont l'Italie (231 milliards), l'Allemagne (187 milliards) et la France (178 milliards).

François Baroin
François Baroin, plus boy scout que Nicolas Dupont-Aignan...

Selon les calculs de la vertueuse banque d'affaires Goldman Sachs, les besoins de financement représenteront environ 17 % du PIB des quatre principaux pays de la zone (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas) et monteront à plus de 21 % dans les pays dits périphériques. À plus court terme aussi, l'inquiétude est forte : selon les économistes (qui font du beau boulot depuis 2007 !) de la Société Générale, les États de la zone euro auront besoin d'emprunter 250 milliards d'euros au cours du seul premier trimestre 2012. Un mur de dette qui se dresse dans un environnement de marché incertain, alors que les instruments financiers de soutien à la zone euro (FESF, MES) ne seront pas encore disponibles...

jeudi 15 décembre 2011

Le rapport de Terra Nova sur les hautes rémunérations

La fondation Terra Nova vient de publier son rapport "Pour une régulation des hautes rémunérations", rédigé par Gaby Bonnand (Président de l'Unédic), Martin Hirsch (ancien Président d'Emmaüs France) et Sandra Desmettre.

fondation terra nova

Justice sociale, gestion des risques et efficacité économique

Depuis le début de la crise, le discours sur les hautes rémunérations a changé : on les explique et on les excuse de moins en moins. Pendant cette période où la crise s’est aggravée et où les plus hautes rémunérations ont continué à flamber, la seule réaction collective, tardive et timide, a été celle de quelques hauts patrons appelant à être davantage imposés. Le rapport de Terra Nova montre que l’existence d’écarts aussi élevés entre les rémunérations pose des problèmes de justice sociale, de gestion des risques et d’efficacité économique, notamment au niveau de leur impact sur les dépenses publiques et les déficits.

Il n’y a pas d’un côté des dépenses publiques galopantes et de l’autre des hautes rémunérations exorbitantes, comme deux phénomènes indépendants. Il y a une explosion des hautes rémunérations qui contribue à déclencher des dépenses sociales supplémentaires. Réduire les plus hautes rémunérations, c’est aussi participer, via la réduction des inégalités, à la réduction des dépenses publiques.



Les propositions de Terra Nova


Terra Nova donne 11 propositions de régulation face à ce scandale propre à alimenter une fureur populaire pré-révolutionnaire dans un monde capitaliste agonisant :
  1. Réduire les inégalités de revenus en accroissant substantiellement les taux d’imposition portant sur les plus hautes rémunérations et en limitant les possibilités de contournement.
  2. Diffuser les écarts de rémunération au sein de l’entreprise.
  3. Diffuser les critères de rémunération variable qui devraient contenir au moins un objectif à caractère social et un objectif environnemental pour les sociétés cotées
  4. Prévoir des modalités de concertation au sein du comité d'entreprise sur les critères de rémunération.
  5. Supprimer les retraites chapeaux.
  6. Rendre transparentes l’intégralité des rémunérations des élus et des membres de cabinet, ainsi que les plus hautes rémunérations dans les administrations et établissements publics.
  7. Diffuser chaque année l’évolution des hauts salaires, ainsi que les données relatives à la progressivité de l’impôt.
  8. Limiter la tentation du court-termisme en prévoyant une part de rémunération des dirigeants sous forme de participations bloquées pendant au moins cinq ans et un exercice différé des options.
  9. Réformer le fonctionnement des conseils d’administration et soumettre les rémunérations des mandataires sociaux, ainsi que les dix rémunérations les plus élevées, au vote de l’assemblée générale des actionnaires.
  10. Mettre en place une conférence des hautes rémunérations.
  11. Adopter un plafonnement en valeur absolue des bonus des traders.

Alain Minc responsable des difficultés de Groupama ?

Selon la Lettre A, Alain Minc, qui vient d'être nommé Président de la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef), serait responsable d'une partie des graves difficultés de Groupama, menacé d'être dégradé dans la catégorie des junk bonds par Standard & Poors.

Alain Minc
Alain "Tony Montana" Minc : le monde est à moi !

En effet, un "ancien dirigeant" du groupe assure que Jean Azéma, démis le 24 octobre de la direction générale de Groupama, était "fasciné" par le conseiller préféré de Nicolas Sarkozy, commandeur de la Légion d'Honneur depuis 2008. Minc, toujours riche de bons conseils (une rapide étude de ses déclarations le prouve aisément), a donc largement contribué au "développement tous azimuts à l'international de Groupama", choix que l'assureur paie aujourd'hui au prix fort.

Alain Minc joue-t-il sur deux tableaux dans son intérêt personnel ?

Autre fait révélé par la Lettre A : Groupama possède 4,9% de la banque d'affaires Mediobanca, alliée de Vincent Bolloré dont le principal conseiller est... Alain Minc. La Lettre A commente : "de là à penser que ce dernier a incité Groupama à soutenir son autre client, il n'y a qu'un pas, que la nouvelle équipe dirigeante n'est pas loin de franchir".

Rappelons qu'Alain Minc, oracle influent de notre époque, est également ancien inspecteur des finances de 2ème classe, PDG de la SAS AM Conseil, administrateur de la FNAC, de Direct Energie et de Prisa, et, enfin, Censeur de Bolloré Média (Direct 8). Mais où trouve-t-il le temps d'écrire ses livres ? A moins que... non, n'y pensons même pas.

jeudi 8 décembre 2011

La finance et les Français font deux

Selon l'étude "La culture financière des Français", réalisée par le Crédoc pour L'Institut pour l'éducation financière du public (IEFP) avec le soutien de l'Autorité des marchés financiers (AMF), seul un Français sur deux sait que 100 euros placés à 2% par an conduisent à un capital de 102 euros au bout d'un an ! Ceci étant un seul exemple d'un tableau peu reluisant du niveau de connaissance des Français en matière financière.


80% des Français avouent qu'ils sont un peu perdus en matière de placements financiers. Et 49% estiment leurs connaissances insuffisantes pour évaluer la rentabilité et le risque des produits financiers.

Il existe quand même un espoir puisque 79% des personnes interrogées souhaitent en apprendre davantage en matière de finance au cours de leurs études. Ils sont même 86% chez les 18-24ans. Et 77% ne sont pas contre le fait de suivre une formation dans leur entreprise.

lundi 5 décembre 2011

Dexia ne survivait que grâce à un artifice financier

Selon L’Écho et De Tijd, depuis début septembre, le groupe Dexia ne survivait que grâce à un artifice financier, appelé "asset swaps", en accord avec les banques centrales. D'après L’Écho, "normalement, seuls les actifs liquides, donc aisément échangeables, peuvent être utilisés pour se procurer du financement chez des tiers. Les autres sont inéligibles. L’"asset swap" permet d’échanger ces derniers contre des actifs liquides, moyennant une décote sur leur valeur et le versement d’un intérêt".

Dexia asset swap
Dexia : une "bad bank".

Selon les informations des quotidiens, Dexia traitait ces "asset swaps" directement avec les banques centrales belge et française. La mise sous surveillance négative de l’agence Moody’s, le 3 octobre, a par la suite poussé les banques centrales à "ouvrir les vannes" via leurs crédits d’urgence leur permettant de fournir autant de liquidités que nécessaire. Mais "la fuite des dépôts a poussé cette aide de quelques milliards d’euros à plusieurs dizaines de milliards", jusqu’au démantèlement du groupe

Source : Le Soir.be

vendredi 2 décembre 2011

Angie a raison !

Merkel Sarkozy

En pleine crise de l’euro, alors que le gouvernement français freine des quatre fers, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’inscrit dans une démarche visant à donner davantage de pouvoir aux institutions européennes. Et si le chef de l’Etat reste frileux à l’idée de concéder certains pouvoirs à l’Europe, préférant s’accrocher à sa souveraineté, des experts en économie et en politique européenne français, font le choix de soutenir Angela.

Sans détour en effet, Robert Rochefort, Eurodéputé et vice-président du Modem, et Stéphane Cossé, membre du comité d’orientation d’Europa Nova, soutiennent dans une tribune parue sur lemonde.fr le 1er décembre, qu’ « Angela Merkel a raison » et plaident « pour un fédéralisme fiscal ».

Selon eux :

  • « L’union monétaire exige un transfert significatif de souveraineté budgétaire des Etats membres vers les institutions européennes ».
  • La France a « raison d’exiger des concessions de l’Allemagne », mais elle doit toutefois « assouplir son dogmatisme, en particulier sur la limitation des missions de la Banque centrale européenne (BCE) ».
  • La France « doit pousser à une plus grande harmonisation fiscale pour éviter le dumping qui favorise les pays moins-disants ».
  • La France doit « être ouverte sur la mise en œuvre d’une mutualisation de la dette souveraine au sein de la zone euro, même si cela peut vouloir dire que l’Allemagne, au nom de la solidarité au sein de la zone, paie plus cher ses taux d’intérêt ».

Faisant face à une opinion tentée par le repli, Angie apparaît bel et bien comme la grande « courageuse » en portant des propositions de réformes des traités européens en totale « cohérence avec ce qui devrait être un véritable fédéralisme fiscal, pilier incontournable de l’Union monétaire ».

Stéphane Cossé et Robert Rochefort estiment qu’ « il est dans la logique des choses que les instances européennes soient dotées d’un super-commissaire européen, ministre de l’économie et des finances, capable de dire non à une loi de finances nationale qui remette en cause les orientations budgétaires communes européennes ». Ce ministre aurait « le pouvoir de faire appel à la Cour européenne de justice en cas de conflit avec un Etat membre ». Il « pourrait gérer une agence européenne de la dette qui émettrait des émissions mutualisées au sein de la zone euro ».

Ils plaident pour que soit favorisée « l’élection au suffrage universel d’un président de la Commission et du Conseil réunis » et que les pouvoirs du Parlement européen soient renforcés « afin que lui soit enfin reconnu le droit d’initiative législative ».

Peut-être serait-il bénéfique finalement, que nous acceptions, sans crispation, de suivre l’Allemagne sur ce coup là…

mardi 29 novembre 2011

François Soulage (Secours Catholique) et l'économie sociale

Dans un entretien donné à La Montagne, François Soulage, économiste et président du Secours catholique, dénonce une société "inégalitaire" et estime que personne ne devrait être obligé d'acheter "son droit à l'assistance". François Soulage s'explique sur le microcrédit, l'économie sociale et solidaire, et les causes de la pauvreté en France.

françois soulage
François Soulage, président du Secours Catholique.

Quelles sont les raisons de votre venue en Haute-Loire ?

J'ai signé une convention de partenariat sur le microcrédit. Cet établissement bancaire fera crédit sur un dossier présenté et partiellement garanti par le Secours catholique. J'ai participé aussi à une conférence le 24 novembre sur le thème de l'économie sociale et solidaire.

Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire ?

L'économie sociale, c'est un ensemble d'entreprises dont le capital appartient aux usagers, et non pas aux actionnaires. Leur objectif n'est donc pas de faire de la rentabilité. Quant à l'économie solidaire, ce sont des entreprises dont la finalité est de répondre à des besoins sociaux auxquels le marché traditionnel ne répond pas ou répond mal. Par exemple, des entreprises d'insertion, d'agriculture de proximité, de services à la personne, etc.

Que pensez-vous de la décision de Bruxelles de prolonger son programme d'aide alimentaire jusqu'en 2014 ?

Je ne voudrais pas qu'on se réjouisse trop de cette prolongation. Cela voudrait dire qu'on se félicite qu'il y ait beaucoup d'aide alimentaire, or il ne devrait plus y en avoir. En 2014, je souhaite qu'il y ait un débat de fond pour aller plus loin.

Comment peut-on aller plus loin ?

J'essaie d'être réaliste. De voir comment, avec les moyens actuels, on peut couvrir des besoins qui permettent aux plus démunis de commencer à construire quelque chose. Par exemple, il faudrait mettre en place plus d'hébergements de stabilisation pour que l'accompagnement soit plus important.

Quelles sont, selon vous, les causes de la pauvreté ?

Aujourd'hui, la société est de moins en moins solidaire et les inégalités s'accroissent. Dans notre rapport, on se rend compte que les gens en grande pauvreté s'enfoncent dans cette grande pauvreté, que l'écart se creuse. Et comme nous sommes dans une société qui ne fabrique plus d'emploi mais des opportunités, le capital social joue un rôle essentiel. Or les pauvres n'ont plus de capital social.

Cela explique la paupérisation des jeunes ?

40 % des jeunes qui viennent nous voir sont au chômage et 30 % sans ressources. Le drame c'est que quand ils sont dans une famille en difficulté, leurs propres difficultés s'accroissent. C'est un cercle vicieux. C'est ce qu'on appelle la reproduction sociale. En période de crise, lorsque la bataille pour l'emploi est plus dure, la reproduction sociale joue de plus en plus car il ne suffit plus d'avoir un bon diplôme. Il faut être dans le bon quartier, avoir une famille qui peut vous soutenir

Source : La Montagne

vendredi 25 novembre 2011

Les Grecs retirent cinq milliards des banques du pays

La semaine du 31 octobre au 6 novembre, les Grecs ont retiré 5 milliards d'euros des banques du pays, soit près de 3% du montant total des dépôts, en raison de la crise politique et de leur crainte d'un abandon de l'euro. Ce "bankrun" a suivi l'annonce de l'ancien Premier ministre George Papandréou d'organiser un référendum sur le plan de sauvetage financier de la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

emeutes grece 2011
Manifestation Place Syntagma, à Athènes.

Selon un banquier resté anonyme, "de nombreuses personnes ont retiré leur argent des banques jeudi et vendredi et les convoyeurs de fonds ont eu du mal à approvisionner les banques en liquide pour répondre à cette demande extraordinaire [...] Nous en sommes arrivés au point où des clients demandent à retirer jusqu'à 600.000 ou 700.000 euros en liquide pour ramener l'argent chez eux, c'est incroyable. Le système est mis à rude épreuve."

Source : Reuters

jeudi 17 novembre 2011

La franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs par Marc Roche

Marc Roche, auteur de "La Banque - comment Goldman Sachs dirige le monde" (2010) et "Le capitalisme hors-la-loi" (2011) a publié le 16 novembre dans Le Monde un article sur le putsch européen de Goldman Sachs, symbole du banksterisme et de la voyoucratie de l'hyperfinance. En effet, le nouveau président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, le président désigné du conseil italien Mario Monti et le nouveau Premier ministre grec Loucas Papademos sont les figures totémiques de ce maillage serré. Sans compter, Otmar Issing, ex-membre du directoire de la Bundesbank et ancien économiste en chef de la BCE ; et l'Irlandais Peter Sutherland, un administrateur de Goldman Sachs International, qui a participé en coulisses au sauvetage de l'Irlande. Extraits :

Mario Draghi
Mario Draghi, nouveau président de la BCE.

Histoire de la conquête européenne de Goldman Sachs
Un petit retour en arrière s'impose à ce stade. C'est à Londres que l'aventure européenne de GS a commencé dans la foulée du " Big Bang " de 1986, la libéralisation totale de la City. Goldman Sachs International, la première filière à l'étranger, voit le jour. Les premiers conseillers pays non américains sont recrutés. Ces missi dominici doivent se servir de leur carnet d'adresses pour faire connaître la banque, qui est à l'époque un partenariat de taille moyenne sur le continent, l'informer des us et coutumes de la vie des affaires et de la situation politique.

A la fin des années 1980, le groupe s'étend au reste de l'Europe, en particulier en France, en Italie et en Allemagne. Dans l'Hexagone, Jacques Mayoux, ancien président de la Société générale qui fut également le patron du groupe sidérurgique Sacilor, est nommé vice-président de Goldman Sachs Europe. En 2004, Charles de Croisset, ancien patron du Crédit Commercial de France (CCF), lui succède.

Bon nombre de ces nominations ont été supervisées par l'ancien commissaire européen Peter Sutherland. L'Irlandais sait renvoyer l'ascenseur. Ainsi, en mai 2010, il a coopté Mario Monti pour le remplacer à la présidence européenne de la Trilatérale, un des plus prestigieux cénacles de l'élite internationale.

jeudi 10 novembre 2011

Présidentielles 2012 et franc-maçonnerie

Le 22 novembre, le Grand Orient de France (GODF) reçoit au Temple Groussier ses invités, parmi lesquels... François Hollande ! Ce jour-là, François Hollande, candidat du Parti Socialiste, y sera convié par les loges République et Salvador Allende, dans le cadre d'un programme d'audition de candidats à la présidentielle.

melenchon franc maçon

François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon (qui n'aime pas qu'on lui rappelle qu'il est franc-maçon... pourquoi tant de pudeur ?) ont déjà répondu à l'appel, les 27 septembre et 8 novembre. Nicolas Sarkozy, Eva Joly et Hervé Morin sont attendus dans les prochains mois, ainsi que Jean-Pierre Chevènement.

Les non-initiés auront-ils les retranscriptions de ces audiences, ô combien importantes pour le choix "républicain" et 'démocratique" de la prochaine échéance électorale ?

lundi 7 novembre 2011

Goldman Sachs : la zone euro pourrait être démentelée

Selon Jim O'Neill, président de Goldman Sachs Asset Management, le Portugal, l'Irlande, la Finlande, la Grèce pourraient sortir de la zone euro plutôt que de dépendre de règles budgétaires plus centralisées. Dans un entretien publié par le Sunday Telegraph, il affirme : "les Allemands veulent plus d'unité budgétaire avec l'idée d'un ministère des finances. Il est difficile d'imaginer que tous les pays qui ont rejoint la zone euro veuillent un tel régime, y compris celui qui est tellement en grande difficulté - la Grèce".

Jim O'Neill de la Goldman Sachs.

Selon Jim O'Neill, seuls l'Allemagne, la France et le Benelux sont faits pour une union monétaire. Il ajoute que des pays tels que la Finlande et l'Irlande, en tant que voisins d’États non membres de l'euro - la Suède et le Royaume-Uni - pourraient préférer quitter la monnaie unique, ce qui devrait se traduire par son appréciation.

jeudi 3 novembre 2011

Traitement du G20 dans la presse

Voici quelques titres et extraits d'articles de la presse française consacrés au sommet du "G20 Cannes 2011". Instructif.

Le Figaro : "Nicolas Sarkozy endosse ses habits de « président des crises"
"Quel que soit le résultat du G20, Nicolas Sarkozy espère qu'il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions. Pour son entourage, "le président des crises" apparaît complètement à son affaire au moment où François Hollande "se contente d'ironiser sur le chef de l'État".

Le Monde : "G20 : la France à l'épreuve des émergents"
"L'activisme de Nicolas Sarkozy sur la Libye a heurté. Les IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) sont des démocraties, mais leur approche de la défense des valeurs à l'échelle internationale n'est pas celle du président français qui les accueille à Cannes."

G20 Cannes 2011G20 de Cannes 2011 : "Nouveau monde, nouvelles idées" ?

L'Humanité : "Un G20 hanté par la peur de la démocratie"
"La souveraineté populaire d'un État membre ne vaut que lorsqu'elle est conforme aux décisions du cénacle des chefs d'État. Or, précisément, le problème soulevé par la crise politique grecque est d'ordre démocratique. On a sous-estimé en haut lieu la rébellion de tout un peuple contre sa mise sous tutelle par ses créanciers de la troïka (UE, BCE, FMI) prévue explicitement par le plan européen."

La Croix : "Les pays émergents s'inquiètent de la crise de l'euro"
"Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré hier que la crise dans la zone euro "est devenue la principale source d'inquiétudes pour l'économie mondiale". L'agence Chine nouvelle a, de son côté, estimé que le projet de référendum grec était "une alerte qui pourrait déclencher d'autres reculs ou revers".

La Tribune : "Gouvernance mondiale : les blocs régionaux font de la résistance"
"L'un des conseillers du président russe Dmitri Medvedev a dit voici quelques jours, sur une radio russe, que le problème du G20 était que les décisions prises n'étaient jamais mises en vigueur et il en prenait pour preuve la décision d'augmenter les pouvoirs des pays émergents au FMI, qui n'a pas encore été réellement concrétisée."

mercredi 2 novembre 2011

Occupons la Défense le 4 novembre

occupons la defense
Reproduction de l'"Appel aux journalistes et aux blogueurs", publié le 2 novembre par le mouvement Occupons la Défense. A relayer.

A partir de vendredi 4 novembre 2011, 17h, nous occuperons le quartier d’affaire de La Défense.

Par leur traitement des différents mouvements de contestation qui ont lieu partout dans le monde, les médias nous indignent de plus en plus ! Comment peuvent-ils traiter des sujets aussi graves et indignants en une petite colonne ou dans un sujet télévisé d’à peine une minute ?

Les questions de la création monétaire, du rôle de la BCE (et de la récente nomination de son nouveau président), de la crise actuelle de la zone euro et de la finance mondiale, de l’illégitimité du G20 et de la précarisation des citoyens (entres autres) sont expédiées et traitées avec fatalité.

Il ne passe pas une journée sans qu’une nouvelle information nous indigne toujours plus. Pour passer pas mal de temps sur le terrain, dans la rue, la population est dans sa très grande majorité tout aussi indignée que nous. Nous ne sommes pas des utopistes marginaux. De grands noms de l’économie, de la sociologie et des médias (encore trop peu nombreux) soutiennent notre cause et saluent nos actions.

Nous posons alors la question suivante : Pourquoi, les journalistes (dont les emplois sont de plus en plus précarisés et la liberté de ton de plus en plus menacée) ne nous soutiennent pas plus ouvertement ? Nous avons besoin d’eux et de vous, amis blogueurs, pour ouvrir les yeux à la majorité de la population et pour leur montrer que, contrairement à ce qui se dit dans les journaux télévisés, la révolte est bien là, que d’autres solutions sont possibles et proposées.

Nous en avons assez du traitement de nos actions dans les médias. Toujours minimisées, trop peu expliquées et souvent ridiculisées.

Nous en appelons donc aujourd’hui à chacun d’entre vous: que votre blog soit visité par 5, 10, 100 ou 10.000 personnes par jour à relayer notre appel, à diffuser les informations sur l’occupation de la Défense et sur les aberrations du monde dans lequel on vit et que nous voulons changer.

Nous sommes les 99%, nous sommes indignés, nous sommes de plus en plus révoltés, nous ne les laisserons pas nous décourager !

Liens utiles :

http://occupyfrance.org
http://paris.reelledemocratie.com
http://facebook.com/occupyfrance
http://facebook.com/occuponsladefense
http://twitter.com/occupydefense
http://twitter.com/occupyfrance
http://twitter.com/acampadaparis

mardi 1 novembre 2011

Vers un accord économique Russie - Kirghizistan ?

Selon une source anonyme du gouvernement russe, la Russie pourrait approuver l'octroi d'un crédit d'un montant de 106,7 millions de dollars au Kirghizistan suite à la victoire du Premier ministre Almazbek Atambaïev aux élections présidentielles. Ce crédit est attendu d'ici la fin de l'année. L'argent doit être versé du Fonds anticrise de la Communauté économique eurasiatique. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a donné un ordre approprié au ministère russe des Finances.

Almazbek AtambaïevAlmazbek Atambaïev, nouveau Président du Kirghizistan.

Ce Fonds anticrise de la CEEA a été créé en juin 2009 afin d'accorder des prêts souverains et des crédits de stabilisation aux États membres de l'Eurasec, ainsi qu’à financer des projets d’investissement inter-étatiques. Il s'agit d'une réplique régionale du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Sont concernés par ce Fonds : l'Arménie Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan.

Qui est Almazbek Atambaïev ?

Almazbek Atambaïev est arrivé en tête de l'élection présidentielle kirghize avec 63,24% des voix après le dépouillement de 99,96% des bulletins. Il s'agit de la première présidentielle après le coup d’État et le renversement du président Kourmanbek Bakiev en avril 2010.

Almazbek Atambaïev a fondé le Parti social-démocrate en 1995, après avoir fait fortune dans les privatisations de l'industrie soviétique dans les années 1990. Sur la scène internationale, il est ainsi apprécié de Moscou et des Occidentaux, en particulier les États-Unis qui disposent d'une base militaire au Kirghizstan, essentielle au déploiement des troupes sur le terrain afghan. D'après la philologue Maïram Kassymova, "il est trop coléreux et peut insulter publiquement ses adversaires. Un président doit être plus équilibré. Mais c'est un homme bien et étant lui-même écrivain, il aide le Fonds littéraire". Un politique écrivain ? Comme Dominique Mamadou Galouzeau de Villepin ?

Lire également :

- La BERD, Jacques Attali et la microfinance au Kirghizistan
- Vive l'économie mafieuse du Kirghizistan

lundi 31 octobre 2011

Les maux de la mondialisation par Jeffrey Sachs

Dans une tribune publiée dans Les Échos, "Mondialisation et bien-être", l'économiste Jeffrey Sachs, consultant spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, énonce les problèmes majeurs issus de la mondialisation économique. Il dénonce ensuite les erreurs politiques qui ont facilité cette mondialisation destructrice, à savoir l'abandon du rôle de l’État dans l'économie nationale (au moins dans plusieurs pays dont les États-Unis) : antidote à cette dérive libérale financière catastrophique : les pays scandinaves.

jeffrey sachsJeffrey Sachs, enseignant à l'Institut de la Terre à l'Université de Columbia.

Évasion fiscale, inégalité exponentielle et contagion mondiale

Multiplication des possibilités d'évasion fiscale, en raison d'une prolifération rapide de nouveaux paradis fiscaux à travers le monde.

Coexistence de perdants et de gagnants : dans les pays riches, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon, les plus grands perdants sont les travailleurs dont l'éducation est insuffisante pour concurrencer efficacement les travailleurs à bas salaires issus des pays en développement. Les plus durement touchés sont les travailleurs des pays riches qui ne disposent d'aucune formation universitaire. Ils ont été des millions à perdre leur emploi. Quant à Ceux qui ont eu la chance de le conserver, ils ont vu leurs salaires stagner voire diminuer.

Catalyseur de contagion : la crise financière de 2008 a commencé à Wall Street, puis s'est rapidement propagée à l'ensemble de la planète, soulignant la nécessité d'une coopération mondiale en matière de banque et de finance. Le changement climatique, les maladies infectieuses, le terrorisme, et autres maux ignorant les frontières imposent une réponse tout aussi mondiale.

L'erreur : réduire le rôle du gouvernement dans l'économie

Depuis trente ans, les États-Unis s'orientent dans la mauvaise direction, en réduisant le rôle du gouvernement dans l'économie nationale plutôt que de promouvoir les investissements nécessaires à la modernisation de l'économie et de la main-d’œuvre. Les riches en ont bénéficié sur le court terme, en obtenant des allègements fiscaux massifs. Les pauvres en ont souffert par la perte de leur emploi et la diminution des services publics. L'inégalité économique a atteint un niveau jamais vu depuis la Grande Dépression.

barack obama president cigaretteBarack Obama, larbin des banques privées prédatrices.

Après trois années au cours desquelles son administration a dorloté les lobbyistes d'entreprise, Barack Obama a finalement commencé à insister sur la nécessité de voir les riches payer plus d'impôts. Plusieurs gouvernements européens, dont l'Espagne, le Danemark et la Grèce, semblent également prendre la même direction. L'Espagne a récemment imposé un nouvel impôt sur la fortune des contribuables à haute valeur nette. Le Danemark a élu un gouvernement de centre gauche, engagé dans une augmentation des dépenses du gouvernement financée par de nouveaux impôts sur la richesse. Et la Grèce vient de voter une nouvelle taxe foncière pour aider à combler son lourd déficit budgétaire.

Aujourd'hui, les économies les plus prospères du monde se situent en Scandinavie. En ayant recours à des taxes élevées pour financer un niveau élevé de services publics, ces pays sont parvenus à équilibrer prospérité élevée, justice sociale et durabilité environnementale. Telle est la clef du bien-être dans l'économie mondialisée d'aujourd'hui. Peut-être de plus en plus de pays dans le monde - en particulier les jeunes générations -commencent à admettre cette nouvelle réalité.

Nouvelle plainte de BYAF contre Goldman Sachs

Le fonds d'investissement australien Basis Yield Alpha Fund (BYAF) a porté plainte une nouvelle fois contre Goldman Sachs, lui réclamant plus d'un milliard de dollars pour lui avoir vendu des produits financiers à risque.

lloyd blankfeinLloyd Blankfein, PDG-bankster impuni de Goldman Sachs.

Déclarations fausses et trompeuses de Goldman Sachs

Le fonds BYAF, qui avait été débouté en juin devant la justice fédérale américaine, a cette fois porté plainte le 27 octobre devant la justice de l’État de New York. BYAF affirme que Goldman Sachs lui avait fait des déclarations fausses et trompeuses en lui vendant des produits intitulés Point Pleasant et Timberwolf en 2007 : en conséquence BYAF a perdu plus de 67 millions de dollars, plus des dommages substantiels .

Le plaignant réclame en justice à la fois ces fonds perdus, et en plus un milliard de dollars de dédommagements punitifs . En juillet une juge fédérale avait refusé de se saisir de la plainte, invoquant une récente décision de la Cour suprême américaine qui a estimé que les lois américaines sur les produits financiers ne s'appliquaient pas aux transactions effectués à l'étranger.

Pour plus de banksterisme Goldman Sachs, lire également :

- Bankster : Goldman Sachs encore poursuivi par la FED
- Goldman Sachs et la fraude... après Enron et Worldcom
- Le bankster Goldman Sachs mis en examen pour usage de faux
- Goldman Sachs : le salaire de Blankfein va tripler

vendredi 28 octobre 2011

Conférence sur la crise financière à Silfiac en Bretagne

L’Institut de Silfiac / Skol-Uhel Silieg, "pour un développement durable et solidaire en Bretagne", organise le le 5 novembre une conférence intitulée "la crise financière, causes, répercussions et alternatives". Parmi les intervenants, on trouvera le blogueur Paul Jorion et Jean-Claude Pierre, cofondateur d'Eau et Rivières Bretagne.

Paul Jorion, blogueur économique, chouchou des médias.

Pour s'inscrire et connaître les détails de cette conférence, il faut écrire avant le 30 octobre à : institutdesilfiac@orange.fr.

A propos de l'Institut de Silfiac

Implanté dans le Morbihan en Bretagne, dans une commune pionnière et dans un centre d’accueil en éco-construction, l’Institut de Silfiac/Skol-Uhel Silieg a pour objectif de donner l’occasion aux réseaux d’acteurs qui le souhaitent de mettre en commun leurs expériences et leurs réflexions en matière de développement durable et solidaire, et de débattre dans le respect de leur spécificités et de leurs différences.

jeudi 27 octobre 2011

Anonymous veut faire sauter la banque le 5 novembre

Dans la lignée du bankrun prôné par Éric Cantona l'an dernier, le réseau de hacker Anonymous vient de publier un communiqué vidéo dans lequel il invite les clients des banques à retirer leur argent le 5 novembre : "ce 5 Novembre 2011, nous vous invitons à nous rejoindre, pour la journée du Bank Transfer. Nous vous invitons à retirer tous les fonds de votre compte bancaire pour les transférer vers un organisme sans but lucratif de type coopératif. Ensemble, nous allons offrir aux banques une journée qu'elles n'oublieront pas. Elles se souviendront, du 5 Novembre.

Ci-dessous, la vidéo volontiers kitsch des Anonymous :



Le mouvement Bankrun 2010 expliquait déjà l'an dernier : "Nos responsables politiques ne peuvent à la fois répondre aux intérêts des marchés financiers et à ceux des citoyens. Aussi, il est grand temps de leur rappeler au service de qui ils ont été élus".

Rendez-vous le 5 novembre, donc...

mercredi 26 octobre 2011

Baroin veut interdire bonus et dividendes pour les banques recapitalisées

Le ministre de l’Économie et des Finances François Baroin a averti le 25 octobre que la recapitalisation des banques françaises pourrait s'accompagner à tout moment d'une interdiction de verser des dividendes ou de bonus si les autorités de contrôle devaient l'exiger. A L'Assemblée nationale, le ministre a déclaré : "ça se fera avec l'interdiction de distribution des dividendes et des bonus. L'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) sera en charge de contrôler tout cela".

françois baroinFrançois Baroin, "jeune et inexpérimenté" selon le Telegraph.

Dans ses pouvoirs réglementaires, l'ACP, régulateur des banques dépendant de la Banque de France, dispose de la possibilité d'enjoindre à tout moment aux établissements financiers de cesser le versement de bonus ou de dividendes afin qu'ils puissent plus rapidement augmenter leurs fonds propres.

Une recapitalisation d'une dizaine de milliards d'euros

Le Premier ministre François Fillon a confirmé à l'Assemblée nationale que les banques françaises auront besoin d'augmenter leurs fonds propres d'environ "une dizaine de milliards d'euros" dans le cadre d'une recapitalisation du secteur bancaire européen.

mardi 25 octobre 2011

Carte de l'insurrection mondiale contre l'occupation bancaire

Occupy Wall Street aux États-Unis, les Indignés en Europe... La colère populaire monte contre le féodalisme bancaire. On appelle ça la "Global Insurrection Against Banker Occupation", "GIABO" pour les intimes. Ci-dessous, voici une carte répertoriant toutes les villes et les pays en "résistance" : Vancouver, San Francisco, Mexico San Juan, Stockholm, Londres, Madrid, Berlin, Séoul, Hong Kong, Tokyo, Sydney, Auckland... mais également la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, le Liban, Israël, le Yémen ou l'Irak...

Le mouvement est en plein essor. reste que rien ne passe vraiment en France, pourtant naguère un pays contestataire, parfois sanguinaire... Avec les Français (et leur ministre adoré François Baroin), les banquiers ont encore de beaux jours devant eux !

global insurrection against banker occupationCliquez sur la carte pour l’agrandir.

lundi 24 octobre 2011

Joseph Stiglitz soutient Occupy Wall Street

Joseph Stiglitz
De passage à Paris, Joseph Stiglitz, chef de file des néokeynésiens et prix Nobel d'économie 2001, s'est entretenu aux Echos. Il estime que le mouvement Occupy Wall Street exprime le sentiment d'injustice ambiant envers un secteur financier dont "la contribution nette à la société américaine est négative". Il estime que l'incapacité de Barack Obama à réguler la finance américaine est un de ses échecs majeurs. Cependant, Stiglitz est un peu léger, par exemple, quand il parle du "sentiment d'injustice"des citoyens à l'égard de Wall Street. Ce n'est pas qu'un sentiment, Joseph ! Extraits.

Vous êtes allé soutenir les Indignés de Wall Street la semaine passée...

Oui. Et je vais vous raconter une anecdote à cet égard. Quand je suis allé rendre visite au mouvement "Occupy Wall Street", j'ai voulu prendre la parole. Or, les policiers m'ont interdit d'utiliser un mégaphone ! Alors que c'était un dimanche et que personne n'habite là ! Il y a trop de régulation contre la démocratie, mais pas assez contre Wall Street.

Considérez-vous que l'on n'est pas assez exigeant avec les banques ?

Il faut faire la différence à mon sens entre l'Europe et les États-Unis. Chez nous, puisque nous leur avons versé beaucoup d'argent, on aurait dû imposer des contre-parties aux banques. On aurait dû supprimer les bonus, les obliger à prêter davantage aux particuliers et aux entreprises, leur interdire certaines activités et moraliser les pratiques en crédit immobilier. Comme on n'a rien fait de tout cela, les pratiques antérieures ont continué. Cela a généré une colère dont le mouvement Occupy Wall Street est l'expression la plus visible. En acceptant les "robot-signeurs" pour les saisies immobilières par exemple, on a couvert des actes illégaux. Il faut bien comprendre que la contribution nette de Wall Street à la société américaine est négatives. Cela a créé un très fort sentiment d'injustice.

jeudi 20 octobre 2011

La finance disqualifiée selon Paul Jorion

Il y a six mois, Paul Jorion, blogueur influent (ses billets hebdomadaires sont lus entre 200.000 et 400.000 fois, suscitant jusqu'à 300 commentaires) et auteur du récent Le capitalisme à l'agonie, publiait une tribune dans Le Monde. Son titre ? "La finance disqualifiée".

Paul JorionPaul Jorion dans sa maison bretonne.

Selon lui, et tout le confirme jusqu'ici, l'industrie financière ne se plie pas à l'intérêt général pour sortir de la crise. Malheureusement, les autorités ne semblent pas prêtes à phagocyter le terrorisme financier à l’œuvre. Aucune régulation mondiale, aucune régulation nationale. Il est vrai que Goldman Sachs (pour ne citer qu'elle) sait bien placer ses banquiers : ils font partie de l'administration Obama (un esclave) et de la Banque Centrale Européenne : Mario Draghi, vice-président de la branche européenne Goldman Sachs est actuellement président de la BCE.

Existe-t-il des éléments pour étayer l'hypothèse que chaque établissement financier fera prévaloir l'intérêt général sur son intérêt particulier ? Hélas, non : le déroulement de la crise en 2007 et 2008 suggère au contraire qu'il s'agit d'une croyance infondée.

Paul Jorion cite le rapport du Sénat américain rendu public le 13 avril 2011 qui confirme que le bankster Goldman Sachs, la Deutsche Bank et d'autres, ont non seulement trahi la confiance de certains de ses meilleurs clients en leur vendant des produits financiers structurés de manière à être de la plus mauvaise qualité possible, mais qu'elle a mis au point de nouveaux produits dérivés (les CDO « synthétiques ») pour parier sur la perte de l'ensemble du secteur du crédit hypothécaire américain.

Le rapport du Sénat décrit le responsable du crédit hypothécaire chez Goldman Sachs promettant à son équipe de commerciaux des primes « ginormous » - une contraction des mots « gigantic » et « enormous » - s'ils parvenaient à vendre ces produits. Dans un mail, l'un des dirigeants de la banque en Australie dit, à propos de la découverte d'un gogo à qui l'on pourra vendre ces produits avariés : « Je crois avoir trouvé un éléphant blanc, un cochon volant et une licorne, tout en un ! »

Les établissements financiers en question poursuivent aujourd'hui leurs activités en toute quiétude. Aucun de leurs dirigeants n'a été inculpé. Mieux, on les retrouve assis aux tables de négociation, faisant objection aux propositions des régulateurs qui représentent la communauté dans son ensemble.

L'avarice de Danone envers ses salariés

L'Humanité a publié le 13 octobre l'article intitulé "Chez Danone, la paille et la botte de fric" qui met en lumière le double jeu de Franck Riboud, PDG de Danone, qui tente de se faire passer pour un patron altruiste responsable, alors que ces actes démontrent le contraire. Il préfère se goinfrer, lui et ses actionnaires, au lieu de distribuer équitablement ses bénéfices aux employés. Voici donc un extrait de l'article de l'Humanité.

Franck Riboud YunnusFranck Riboud, PDG de Danone, et son pote Muhammad Yunus.

1,3 milliard pour les actionnaires, 200 euros par salarié

Du microcrédit à la microprime... Côté scène, chantre du "capitalisme éthique" et de l'"économie sociale de marché" du yaourt, Franck Riboud, le PDG de Danone, n'aime rien tant que s'afficher avec Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix et pionnier de la microfinance au Bangladesh. Plus récemment, toujours sous les feux de la rampe, le même a lancé, avec Liliane Bettencourt, un vibrant appel à taxer les plus riches pour lutter contre l'austérité... Mais, en coulisses, les salariés du géant agroalimentaire peinent souvent à discerner les spécificités "sociales" du philanthrope qui les dirige. Dernier exemple en date, avec les négociations au sein du groupe Danone sur la prime de partage des profits : après avoir distribué 850 millions d'euros de dividendes et brûlé 500 millions d'euros pour racheter, et détruire, ses propres actions, Danone propose de verser 200 euros de prime Sarko, non soumise aux cotisations sociales, à chacun de ses 8 700 salariés en France, soit à peu près 1,75 million d'euros. Une paille dans une botte de fric !

mercredi 19 octobre 2011

Pression pour le développement durable aux Nations Unies

Le Monde rapporte que le 19 septembre dernier, jour de l'Assemblée générale des Nations unies, un collectif d'investisseurs, emmené par le deuxième assureur européen, le groupe britannique Aviva, a interpellé les chefs d’État pour réclamer une réglementation mondiale en matière de développement durable. Cette coalition, qui regroupe 40 organismes (ONG, établissements financiers, investisseurs), pesant plus de 1 600 milliards de dollars d'actifs sous gestion, a appelé " les États membres à instaurer un cadre politique mondial, exigeant des sociétés cotées et des grandes entreprises privées qu'elles intègrent les informations relatives au développement durable dans leur rapport annuel et leur comptabilité ou qu'elles expliquent pourquoi elles ne peuvent le faire ".

developpement durable

Accorder davantage de place aux questions de société et d'environnement

Les mesures prises en ce sens ces dernières années ne sont pas assez contraignantes et reposent sur le volontariat. Pourtant, nombre d'entreprises et d'institutions financières à travers le monde se sont engagées à accorder davantage de place aux questions de société et d'environnement dans leur stratégie. Quelques centaines ont même signé des engagements tels que les principes des Nations unies pour l'investissement responsable (PRI). En France, dans la continuité du Grenelle 2, la rédaction d'un rapport " développement durable " sera obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés. Mais ne nous leurrons pas, la qualité des informations déçoit.

Beaucoup de rapports relèvent de la cosmétique. Au niveau mondial, sur les 20 000 entreprises suivies par l'agence Bloomberg, plus de 75 % ne communiquent pas sur ces questions. La demande de la coalition est simple : que les États proposent " des mécanismes efficaces pour que les investisseurs puissent demander des comptes aux entreprises sur la qualité des informations publiées ". Pour se donner le meilleur écho possible, le collectif s'appuie sur des études publiées par Goldman Sachs et la banque allemande West LB. Ces deux protagonistes ont établi qu'il existait un lien entre la prise en compte du développement durable dans la stratégie des entreprises et leurs performances de long terme. Si même l'ogre américain de la finance Goldman Sachs découvre les vertus du développement durable, alors tout est possible.

mardi 18 octobre 2011

Notation de la France : in the Moody's for love

Les conseillers de François Baroin et des sinistres français (du type Valérie Pécresse ou Christian Estrosi) font devoir plancher sur des "éléments de langage" au plus vite... Terreur sur l'économie française : l’agence de notation Moody’s va étudier la note AAA de la France durant les 3 prochains mois. Pour une fin de la note souveraine du pays de Zadig et Voltaire (cf Frédéric Lefebvre) ? La note AAA de la France permet d’emprunter dans des conditions très favorables pour financer ses déficits budgétaires. L'été dernier, les États-Unis a lui-même perdu son AAA, causant une panique générale. Du point de Sarko l'Américain, imiter les États-Unis est peut-être une sorte d'hommage et de respect... Sait-on jamais.

In the moody's for love
Éric... non... Luc Besson... tournera-t-il In the Moody's for Love,
adaptation économique du film de Wong Kar-wai ?

Selon Moody’s, la solidité financière de la France s’est affaiblie. La crise a provoqué une détérioration des ratios d’endettement de la France, qui sont désormais parmi les plus faibles des pays bénéficiant de la note AAA. La France pourrait avoir à soutenir le système bancaire français dans les mois venir pour conserver sa note AAA.

Si la France ne tient pas ses engagements budgétaires et si Moody’s constate un nouveau développement négatif de l’économie ou des marchés financiers, alors la France pourrait voir sa notation baisser et pourrait ainsi perdre sa note AAA.

mercredi 21 septembre 2011

La Banque Cantonale de Zurich dans le collimateur de la justice

La Tribune de Genève informe que la Banque cantonale de Zurich (BCZ) est dans le collimateur de la justice américaine, en croisade contre l’évasion fiscale. Un porte-parole de la BCZ a confirmé aujourd'hui que l’établissement a appris récemment faire l’objet d’enquêtes. Pourtant, il y a encore deux semaines, Jörg Müller-Ganz, nouveau membre du conseil d’administration de la BCZ, se disait convaincu que sa banque ne serait pas visée par la justice américaine. Son directeur général Martin Scholl avait pour sa part indiqué que la BCZ s’est retirée des affaires en lien avec les États- Unis déjà en 2009.

Banque centrale de Zürich
Outre le Crédit Suisse, qui a confirmé être visé par une enquête des autorités américaines et avoir transmis des données statistiques aux États-Unis, d’autres banques helvétiques seraient visées. Parmi les noms cités - il est question d’une dizaine de cas - figurent la Banque cantonale de Bâle, Julius Baer et Wegelin.

Nouvel accord avec les États-Unis ajourné

Un nouvel accord de double imposition avec les États-Unis est en discussion au Parlement. Le Conseil des États a toutefois renvoyé le projet en commission à une forte majorité de 29 voix contre 7. Il veut attendre que le Conseil fédéral progresse substantiellement vers une solution globale du conflit fiscal avec Washington.

Avec la nouvelle convention de double imposition, les États-Unis pourraient continuer à déposer en Suisse des demandes groupées d’entraide administrative pour traquer des fraudeurs du fisc, sans préciser l’identité exacte des intéressés. Le Conseil fédéral a produit un rapport complémentaire pour préciser l’interprétation de ce texte, mais ses explications n’ont pas satisfait.

mardi 20 septembre 2011

Sans la BCE, la zone euro aurait-elle déjà explosé ?

Dans un entretien donné à Easybourse, Étienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers (EDRIM), affirme : "on reproche aujourd’hui à l’Europe un manque de leadership politique. Heureusement que la BCE apporte un minimum de leadership. Je pense sincèrement que s’il n’y avait pas la BCE, la zone euro aurait réellement implosé". Concernant le cas la Grèce, il explique : "la logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro". Extraits :

Étienne Gorgeon : "un défaut ordonné de la Grèce s'impose".

La BCE utilise sa politique de rachat pour amener les pays fragilisés à procéder aux réformes nécessaires ?

Si la BCE s’est mise à racheter massivement des titres d’emprunt italiens c'est en échange de l’engagement pris par Berlusconi d’assainir ses comptes par des mesures de rigueur budgétaire. Un plan d’une quarantaine de milliards d’économies a alors été voté. Deux jours plus tard, Berlusconi contredit son ministre des Finances lui signalant que le plan va beaucoup trop loin. De ce fait la BCE stoppe son programme de rachat. Le taux de refinancement de l’Italie grimpe de nouveau. Il s’en suit un plan beaucoup plus ambitieux et une accélération des rachats de la BCE. La politique de rachat de la BCE est une manière saine de mettre sous tutelle un Etat. C’est un moyen de pression qu’a l’institution européenne pour mettre les Etats devant leurs responsabilités. La BCE pourrait tout à fait réduire davantage les taux de refinancement de l’Italie et de l’Espagne en procédant à des rachats plus conséquents. Elle ne le fait pas pour être sure d’obtenir des gages de la part des politiques d’aller dans la bonne direction et parce qu’elle ne veut pas brûler ses cartouches trop vite trop fort.

Un autre moyen de rendre plus efficace cette politique menée par la BCE serait de laisser tomber la Grèce ?

La logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro. L’idée étant que quand les gros ont faim, les petits meurent. Malheureusement l’Italie et l’Espagne sont bien plus importantes que la Grèce. Dans un environnement où la contagion se répand jusqu’aux gros pays sur lesquels il n’y a pas de justification pour qu’ils s’effondrent, alors un défaut ordonné de la Grèce s’impose. Tout l’argent prévu pour aider la Grèce, qui ne cesse de s’enfoncer dans la récession et qui rencontre de véritables problèmes administratifs ; les 109 milliards auxquels on ajoute la capacité du fonds de stabilisation ; devraient être mobilisés pour renforcer le secteur bancaire et recapitaliser la Banque centrale européenne pour l’aider à continuer à jouer son rôle d’arme de dissuasion en achetant dans le marché des emprunts d’Etat italiens et espagnols pour définitivement caler le marché. C’est une question d’allocation et de volonté politique.

dimanche 18 septembre 2011

Interview de Jean-Michel Quatrepoint sur la Chine et la crise

Pour présenter son livre "Mourir pour le yuan", Jean-Michel Quatrepoint répond aux questions de BFM TV. Selon lui, la principale erreur était de faire rentrer la Chine dans l'OMC en 2001.

jean-michel quatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Extraits de ses propos : il y a une collusion entre les élites américaines et les multinationales. Les chinois veulent faire du haut de gamme. Ils vont prendre le label "made in France". Ils développent leurs marques. Maintenant on délocalise le capital. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire que de tels déséquilibres ou paupérisations (européennes) ne se traduisent pas par un conflit. Les chinois ont un modèle : ils sont capitalistes pour l'économie, communistes en matière politique avec le système du partie unique, et ils sont hypernationalistes. Ils disent aujourd'hui que ce système marche... On peut se demander si l’Amérique est encore une démocratie contenu du poids des lobbies et de Wall Street. Ce sont les grands groupes industriels qui mènent la stratégie de l'Allemagne.


vendredi 16 septembre 2011

Les banques éthiques en Europe face à la crise

Comment les banques éthiques traversent-elles la crise économique ? La semaine dernière, la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (Febea) a organisé à Cracovie en Pologne la deuxième conférence "Europe Active". Heureuse surprise : si la crise ne les épargne guère, elle valide la pertinence de leur modèle. À terme, elles pourraient donc bien en sortir renforcées, à condition que les pouvoirs publics entendent leurs demandes.

FEBEA banque ethiqueFebea : banques éthiques et alternatives !

Les banques éthiques n'ont pas de cours de Bourse à surveiller, pas de rumeurs désagréables à démonter. Elles se contentent de faire ce que toute devrait faire : collecter l'épargne pour financer la création d'emplois, en particulier à destination des publics défavorisés.

Trois conséquences de la crise sur les banques éthiques

Tout d'abord, les plans d'austérité adoptés par tous les gouvernements européens menacent les crédits accordés au secteur social. Jean-Michel Lecuyer, directeur général de France Active, précise: "surtout dans les pays comme la France, où l'État a toujours été fortement impliqué".

Ensuite, la crise a fragilisé plusieurs institutions de microfinance, notamment en Europe de l'Est. Bruno Dunkel, de CoopEst, reconnaît : 'les revenus des porteurs de projets ont chuté, donc le taux de non-remboursement des prêts a bondi de moins de 5 % à parfois plus de 10 %".

Enfin, les membres de la Febea voient d'un très mauvais œil les nouvelles réglementations, dites "Bâle III", exigeant des établissements bancaires qu'ils augmentent significativement leurs fonds propres, pour faire face à un nouvel "accident", du type subprime ou défaut d'un État. Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, affirme : "nous aurons les pires difficultés à nous plier à ces règles, souligne . Le résultat sera catastrophique : les petites et moyennes banques seront fragilisées puis absorbées par les plus grandes. C'est dramatique". Les membres de la Febea espèrent donc obtenir une dérogation, en plaidant qu'ils ne prennent pas de risques sur les marchés financiers.

banque ethique
Pour l'amour de l'argent...

Un fonds européen d'investissement pour les entreprises sociales

Hugues Sibille, vice-président du Crédit Coopératif, estime que la crise peut favoriser le développement des banques éthiques : "on sent bien que la crise pousse les pouvoirs publics à aider les entreprises sociales. Ils comprennent que nous pouvons apporter des réponses innovantes aux difficultés actuelles, notamment dans la lutte contre le chômage. Alors ils tendent une oreille plus attentive. À nous d'en profiter".

Autre signal positif, la nouvelle implication de l'Union européenne : Michel Barnier, commissaire au marché intérieur, devrait formuler à la mi-octobre des propositions concrètes. Il est notamment question de mettre en place un fonds européen d'investissement à destination des entreprises sociales. Karol Sachs, ancien président de la Febea, rêve de le voir doté d'un milliard d'euros, mais il pourrait plus vraisemblablement démarrer avec cent ou deux cents millions et servir d'effet de levier en attirant d'autres financements nationaux. Un projet que les banquiers éthiques prendraient comme un nouvel encouragement.

jeudi 15 septembre 2011

Mourir pour le yuan par Jean-Michel Quatrepoint

Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes et conseiller du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, a publié dans Les Échos un article sur le dernier livre de Jean-Michel Quatrepoint, d'une actualité brûlante : Mourir pour le yuan, sous-titré Comment éviter une guerre mondiale. Cet ouvrage fait suite à La Crise globale (2008) et La Dernière bulle (2009). Selon Jean-Hervé Lorenzi, en dépit de la situation actuelle, cette trilogie se termine "sur une note d'espoir lucide et positive".

Quatrepoint mourir pour le yuan
La Chine et sa volonté de domination

Avec ce dernier livre, Jean-Michel Quatrepoint clôt avec talent et profondeur son analyse de l'économie mondiale, de la crise, des déséquilibres sociétaux et du rôle extrêmement nocif que la finance a joué un peu partout dans le monde, à l'origine des dérèglements profonds que nous connaissons. Précédemment, notre auteur s'était largement appuyé sur une vision économique et sociologique du fonctionnement de nos sociétés, mettant notamment en avant le rôle des lobbys qui progressivement pervertissent nos démocraties.

Mais ici, l'analyse est surtout géostratégique, analysant successivement la Chine et sa volonté de domination, l'Allemagne et son changement de stratégie par rapport à l'Europe et cette dernière, perdue dans ses impuissances et ses contradictions ; sans oublier l'affaiblissement de l'économie américaine et la déception d'un président ballotté entre une opposition virulente et un cabinet largement acquis aux thèses de Wall Street. Plus encore que dans ses deux livres précédents, Jean-Michel Quatrepoint s'appuie sur une vision historique de ces pays qui lui permet de construire une analyse rigoureuse de la situation présente, et surtout de définir les contraintes du futur, notamment pour le nôtre.

Jean-Michel QuatrepointJean-Michel Quatrepoint.

Frustrations et revanches

Car l'histoire des peuples permet de mieux comprendre les frustrations, les désirs de revanche et les stratégies pour les années qui viennent. C'est ainsi qu'il nous fait plonger de manière passionnante dans l'histoire des deux derniers siècles chinois, avec le rôle majeur qu'a pu jouer la guerre de l'Opium, le comportement impérialiste des Occidentaux au XIXe siècle et le retour à une place que la Chine a occupée pendant tant de siècles, la première.

C'est ainsi qu'il nous fait aussi comprendre toute la cohérence de la politique allemande et cette hésitation que celle-ci peut avoir aujourd'hui à soutenir la construction européenne à l'évolution si chaotique ou à se choisir un destin de grande puissance autonome qui va chercher ses relais de croissance dans les pays émergents. C'est bien d'ailleurs un des points de débat naturel que l'on peut avoir aujourd'hui sur la réalité des degrés de liberté dont l'Allemagne dispose, sachant que les deux tiers de ses excédents commerciaux se font en Europe.

Le livre se termine comme il se doit sur la France, dont l'avenir est largement déterminé par l'évolution de ce monde si bien décrit. Cela n'étonnera personne que Jean-Michel Quatrepoint mette en lumière nos capacités à développer un modèle économique et social propre. Le retour de l'action politique consciente et ambitieuse ! Cette trilogie se termine sur une note d'espoir lucide mais positive.

lundi 5 septembre 2011

Michel Cicurel fait le point sur la crise financière de l'été

Le 11 août dernier, en plein krach boursier (qui vit le CAC 40 perdre un quart de sa valeur entre le 30 juin et le 19 août), Michel Cicurel, Président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, répondait aux interrogations du Figaro. Comme à son habitude, l'homme se veut plutôt positif en soulignant la bonne santé des entreprises non financières et des économies émergentes (ce qu'il vantait déjà dans sa tribune "Le sourire de la mondialisation"). Ce qui ne l'empêche pas de lancer quelques saillies contre les États-Unis et la France ("cela fait dix ans que les États-Unis ont virtuellement perdu leur AAA" !).

Michel Cicurel Edmond RothschildMichel Cicurel, Président du directoire de la
Compagnie Financière Edmond de Rothschild.

Pour Michel Cicurel, l'été "meutrier" du krach n'est qu'un symptôme d'une nouvelle donne mondiale en cours, qui subit une triple métamorphose : la poussée des économies émergentes, la crise des finances publiques en Occident et la crise écologique. Enfin, notons que Michel Cicurel fait partie des partisans de la création d'eurobonds pour faire face à la crise de la dette.

Entretien :

Les places boursières vont-elles mettre fin à leur chute ?

Les marchés vont rester très volatils et propices à des spéculations absurdes, comme mercredi [10 août, journée de rumeur sur la valeur des banques françaises, surtout la Société Générale], qui restera "la journée des dupes". Ils retrouveront une franche direction positive, ce qui est certain, lorsqu'ils auront compris qu'il ne s'agit pas d'un accident mais d'une nouvelle donne mondiale, une triple métamorphose. La première est la poussée des économies émergentes, qui bouleverse le modèle des pays développés fondé sur l'endettement du «consommateur roi» et de son État-providence ! L'un comme l'autre doivent accepter à la fois un niveau de vie contraignant pour l'avenir et le règlement des factures d'un passé de cigale. Les États des deux rives de l'Atlantique doivent se soumettre à une «règle d'or» d'équilibre des finances publiques, arrêtée unanimement par l'ensemble du monde politique.

Quelles sont les deux autres crises?

Précisément, celle des finances publiques que les dirigeants occidentaux n'auraient pas traitée s'ils n'avaient été interpellés par les marchés, donc les épargnants. Cela fait dix ans que les États-Unis ont virtuellement perdu leur «AAA» et trente-cinq ans que le budget de la France est en déficit ! La finance a bon dos ! La crise bancaire de 2008 aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais ce sont des causes multiples qui expliquent le ralentissement de la croissance des pays développés et aggravent ainsi leurs déficits publics. C'est pourquoi j'aime bien le cocktail français de rétablissement de l'équilibre : contrôle des dépenses sans purge brutale; hausse modérée de la pression fiscale, déjà excessive, sans frapper les entreprises ; financement d'«investissements d'avenir» pour améliorer notre compétitivité. À moyen terme, l'Europe ne retrouvera de la croissance, et des finances publiques équilibrées, que par une mise en œuvre intégrale du programme de Lisbonne.

La troisième crise est écologique, liée à la rareté des ressources naturelles face à une augmentation très forte de la population mondiale et du niveau de vie des émergents. Les pays riches, insuffisamment sobres, souffrent de la flambée du prix des énergies fossiles et des produits de base, dès que la croissance mondiale est soutenue. Au-delà de 80 dollars le baril, la consommation américaine subit une ponction de pouvoir d'achat qui affecte la croissance. C'est la principale cause du ralentissement du printemps, et le contre-choc pétrolier en cours produira ses effets positifs à l'automne.

La situation est-elle grave ?

Non, c'est l'excès d'inquiétude et la spéculation qui sont graves. Le taux de croissance mondial reste élevé. Aujourd'hui, les pays émergents en assurent l'essentiel, mais les pays développés en profitent à condition de s'adapter au nouveau monde et de ne pas tomber dans le piège du protectionnisme. Pour preuve: malgré le niveau élevé de la monnaie unique, l'Allemagne disciplinée reste le premier exportateur mondial.

Certains dénoncent l'échec des leaders politiques. Ont-ils raison ?

Je ne partage pas ce point de vue, même si les élections à venir pour les dirigeants clés du monde occidental inquiètent les investisseurs. Ces dirigeants savent bien qu'en phase d'inquiétude mondiale majeure ils seront jugés sur leur capacité à prendre des décisions responsables plutôt qu'électoralistes. D'ailleurs, la réaction de l'Europe à la crise, depuis dix-huit mois, a été remarquable et courageuse. Il faudra bien aller au bout du chemin et prévenir les crises souveraines plutôt que d'éteindre les incendies successifs. Et donc mettre en place l'«eurobond» et une gouvernance fédérale des budgets de l'eurozone. Nous y viendrons fatalement.

Quelles sont les voies de salut ?

Les entreprises non financières et les économies émergentes, bref ceux qui font des efforts ! Car à la différence des États, qui traînaient à faire le ménage chez eux, les entreprises ont remarquablement redressé leur situation. Elles se portent aujourd'hui parfaitement bien, avec des bilans sains, une montagne de cash, des investissements pertinents et une exposition croissante au monde émergent. Comme toujours, les fourmis impassibles et patientes gagnent la partie !