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vendredi 25 mai 2012

Le geuro, nouvelle monnaie de la Grèce ?

Les analyses de la Deutsche Bank ont imaginé un scénario dans lequel la Grèce resterait dans la zone euro mais ne recevrait plus d'aide de l'Europe. Cela serait possible grâce à la création dans le pays d'une monnaie parallèle à l'euro : le geuro.



Celui-ci serait émis par le gouvernement grec. Semblable à des titres de dettes, il serait convertible en euros et permettrait à l'économie grecque de faire face au manque de liquidité créé par l'arrêt des aides européennes. Son cours, qui dépendrait du niveau du déficit public, serait au départ inférieur d'au moins 50% à l'euro. Utiliser pour payer les salaires et les importations, il permettrait in fine aux exportateurs grecs de réduire fortement leurs prix.La Grèce pourrait donc dévaluer sans sortir de la zone euro. L'arrivée du geuro coïnciderait également avec la mise en place d'une "bad bank" regroupant les actifs risqués des banques.

Un scénario imaginaire ?


Le journal économique conservateur Naftemporiki a commenté: "on a au départ l'impression qu'il s'agit d'un scénario imaginaire. Mais si ce scénario vient d'une banque allemande, décrivant assez précisément un abandon partiel de l'euro par la Grèce, il y a de quoi se faire du souci. Outre ce scénario, il y a des annonces quotidiennes sur les préparatifs des banques étrangères dans le cas où la Grèce quitterait l'euro, mais aussi sur les conséquences économiques que ce scénario aurait sur l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'ensemble de la zone euro. Le risque d'une exclusion de la zone euro est bien réel".

lundi 21 mai 2012

Le Royaume-Uni à la présidence de la BERD

Les Anglo-Saxons tiennent désormais les leviers du pouvoir à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Le 18 mai, c'est en effet le candidat britannique, Sir Suma Chakrabarti, qui a été élu à la présidence de cette institution, chargée initialement d'aider les pays de l'ancien bloc soviétique à passer à l'économie de marché. Les sujets de la reine détiennent déjà les postes de direction des institutions financières, de la communication, ainsi que des risques et ressources humaines au sein de la hiérarchie de la BERD.

Sir Suma Chakrabati, nouveau Président de la BERD.

Manœuvres du Royaume-Uni pour évincer le duo franco-allemand


M. Chakrabarti, 53 ans, directeur général du ministère de la justice et ancien conseiller du premier ministre travailliste Tony Blair, a recueilli les voix de 34 gouverneurs (actionnaires) de la BERD sur les 61 votants à bulletin secret, représentant 55 % du capital. Avec 15 suffrages, soit 29 % des parts, le Français Philippe de Fontaine Vive, longtemps présenté comme favori, est arrivé en deuxième position. Il a devancé le président sortant, l'Allemand Thomas Mirow.

L'élection de M. Chakrabarti marque un tournant dans le fonctionnement de la BERD. Depuis sa fondation en 1991, l'institution avait été dirigée alternativement par les Français et les Allemands. C'est pourquoi, avec l'accord de Berlin, Paris avait proposé la candidature de M. de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, dont le cursus répondait au profil d'une organisation dont l'essentiel des prêts va au secteur privé. Malgré un bilan globalement positif lors de son premier mandat, M. Mirow n'avait pas bénéficié du soutien de la chancelière Angela Merkel, qui appuyait le Français. A la surprise générale, le Royaume-Uni a renié un accord informel de 1991, en vertu duquel il détenait un siège à la direction de la BERD, mais laissait la présidence au duo franco-allemand.

David Cameron : thumbs up !


La redoutable machine diplomatique du Foreign Office s'est mise en branle. La priorité du premier ministre britannique, David Cameron, était d'empêcher que l'attribution du poste de président soit décidée par les seuls membres de la zone euro. Qu'importe que M. Chakrabarti ait fait l'essentiel de sa carrière dans l'aide au développement, qui n'est pas du ressort de la BERD. A écouter le Foreign Office, l'effet de la crise de la zone euro sur les pays d'intervention de cette enseigne, présente dans 29 pays d'opération, la préservation pour la BERD de la note financière maximale AAA et surtout l'extension des activités à quatre pays méditerranéens (Maroc, Égypte, Tunisie, Jordanie) nécessitaient un dirigeant d'une autre trempe que le Français. La preuve, laissaient entendre les diplomates de Sa Majesté, est que Paris envisageait de lui substituer Xavier Muscat, à l'époque secrétaire général de l’Élysée. Ce dernier a eu beau démentir la rumeur, rien n'y a fait.

Fort du support de la Pologne, qui présentait un candidat ayant peu de chance vu sa faible connaissance de l'anglais, et de la Suède, qui ne fait pas partie de la zone euro, le ministre des finances britannique, George Osborne, a empêché le Conseil européen des ministres des finances du 15 mai de choisir le candidat français. De plus, faute d'accord, la Commission européenne et la Banque centrale d'investissement, qui représentent 6 % des suffrages, ont été contraintes de s'abstenir lors du vote du 18 mai.

Mario Monti : le changement c'est maintenant !


Goldman Sachs est  de la partie, bien sûr...


Vu l'absence de candidat unique européen, les États-Unis et le Japon ont soutenu Londres. Le premier ministre italien, Mario Monti, ancien conseiller de Goldman Sachs à Londres et grand admirateur de la City, a aussi rompu la solidarité au sein de la zone euro, se ralliant aux Britanniques. Si Londres a fait une "campagne sérieuse", affichant "une diplomatie ferme", selon M. Osborne, Paris, occupée par la présidentielle, a été inaudible.

M. de Fontaine Vive n'a pu compter que sur l'appui du directeur du Trésor français, Ramon Fernandez. Entré en fonctions le 16 mai, le nouveau ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, n'a pas eu le temps de prendre ses marques pour venir en aide au candidat. Avec la présidence aux mains d'un Britannique, dont le français et l'allemand sont très "basiques" d'après sa biographie, et la première vice-présidence traditionnellement détenue par un Américain, la BERD devrait accentuer sa réorientation vers les espaces extra-européens.

Source : Le Monde

lundi 30 avril 2012

Un ex-banquier de Goldman Sachs parie sur l'Europe

C'est un banquier comme les rêve Hollywood. Avec ses chemises blanches amidonnées, ses 54 ans sportifs, son débit rapide et la maîtrise jusqu'à la dernière décimale des arcanes des bilans, Christopher Flowers incarne le financier de Wall Street guindé et sûr de lui. Or, voilà que l'ex-associé de la banque Goldman Sachs, brillamment reconverti dans le capital-investissement, a décidé de se transférer avec armes et bagages à Londres "pour parier sur l'Europe", affirme, jeudi 26 avril, le Financial Times.



"Aux yeux de M. Flowers, un spécialiste des institutions financières, le secteur bancaire européen va devoir se séparer d'actifs pour renforcer ses ratios de capitaux. Ces avoirs périphériques seront vendus au rabais " : selon Peter Hahn, professeur à la Cass Business School, le vétéran de Wall Street entend racheter bon marché des institutions financières sous-évaluées pour les redresser au forceps avant de les revendre rapidement au plus cher, en empochant la plus value.

L'intérêt que porte Chris Flowers au secteur financier européen n'est pas surprenant. Fondée en 2000, sa société J. C. Flowers & Co possède déjà une kyrielle de participations dans des organismes financiers européens de taille moyenne. Récemment, la société de "private equity" a acquis un courtier italien, une petite compagnie d'assurance belge, une banque hypothécaire allemande et une caisse immobilière britannique. Elle vise désormais les établissements non bancaires, à l'instar des compagnies d'assurance.

Le nouveau tropisme européen de ce financier rusé et ambitieux n'est pas dénué d'arrière-pensées. De mauvais placements ont pénalisé la performance de ses fonds d'investissements aux États-Unis comme dans les pays émergents. Le flux de fusions-acquisitions, son autre fonds de commerce, s'est tari. Surtout, J.C. Flowers a perdu des plumes dans la faillite, en 2011, du courtier new-yorkais MF Global, présidé par son compère et mentor, l'ancien PDG de Goldman Sachs, Jon Corzine.

Source : Le Monde

mercredi 21 décembre 2011

811 milliards d'euros pour éviter la faillite de la zone euro

Les États de la zone euro devront emprunter 811 milliards d'euros l'an prochain. Au cours des deux prochaines années, la zone euro devra emprunter 1.700 milliards, soit 19% de son PIB ! Une broutille... Les trois plus gros émetteurs sont l'Italie (231 milliards), l'Allemagne (187 milliards) et la France (178 milliards).

François Baroin
François Baroin, plus boy scout que Nicolas Dupont-Aignan...

Selon les calculs de la vertueuse banque d'affaires Goldman Sachs, les besoins de financement représenteront environ 17 % du PIB des quatre principaux pays de la zone (France, Allemagne, Italie, Pays-Bas) et monteront à plus de 21 % dans les pays dits périphériques. À plus court terme aussi, l'inquiétude est forte : selon les économistes (qui font du beau boulot depuis 2007 !) de la Société Générale, les États de la zone euro auront besoin d'emprunter 250 milliards d'euros au cours du seul premier trimestre 2012. Un mur de dette qui se dresse dans un environnement de marché incertain, alors que les instruments financiers de soutien à la zone euro (FESF, MES) ne seront pas encore disponibles...

vendredi 2 décembre 2011

Angie a raison !

Merkel Sarkozy

En pleine crise de l’euro, alors que le gouvernement français freine des quatre fers, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’inscrit dans une démarche visant à donner davantage de pouvoir aux institutions européennes. Et si le chef de l’Etat reste frileux à l’idée de concéder certains pouvoirs à l’Europe, préférant s’accrocher à sa souveraineté, des experts en économie et en politique européenne français, font le choix de soutenir Angela.

Sans détour en effet, Robert Rochefort, Eurodéputé et vice-président du Modem, et Stéphane Cossé, membre du comité d’orientation d’Europa Nova, soutiennent dans une tribune parue sur lemonde.fr le 1er décembre, qu’ « Angela Merkel a raison » et plaident « pour un fédéralisme fiscal ».

Selon eux :

  • « L’union monétaire exige un transfert significatif de souveraineté budgétaire des Etats membres vers les institutions européennes ».
  • La France a « raison d’exiger des concessions de l’Allemagne », mais elle doit toutefois « assouplir son dogmatisme, en particulier sur la limitation des missions de la Banque centrale européenne (BCE) ».
  • La France « doit pousser à une plus grande harmonisation fiscale pour éviter le dumping qui favorise les pays moins-disants ».
  • La France doit « être ouverte sur la mise en œuvre d’une mutualisation de la dette souveraine au sein de la zone euro, même si cela peut vouloir dire que l’Allemagne, au nom de la solidarité au sein de la zone, paie plus cher ses taux d’intérêt ».

Faisant face à une opinion tentée par le repli, Angie apparaît bel et bien comme la grande « courageuse » en portant des propositions de réformes des traités européens en totale « cohérence avec ce qui devrait être un véritable fédéralisme fiscal, pilier incontournable de l’Union monétaire ».

Stéphane Cossé et Robert Rochefort estiment qu’ « il est dans la logique des choses que les instances européennes soient dotées d’un super-commissaire européen, ministre de l’économie et des finances, capable de dire non à une loi de finances nationale qui remette en cause les orientations budgétaires communes européennes ». Ce ministre aurait « le pouvoir de faire appel à la Cour européenne de justice en cas de conflit avec un Etat membre ». Il « pourrait gérer une agence européenne de la dette qui émettrait des émissions mutualisées au sein de la zone euro ».

Ils plaident pour que soit favorisée « l’élection au suffrage universel d’un président de la Commission et du Conseil réunis » et que les pouvoirs du Parlement européen soient renforcés « afin que lui soit enfin reconnu le droit d’initiative législative ».

Peut-être serait-il bénéfique finalement, que nous acceptions, sans crispation, de suivre l’Allemagne sur ce coup là…

jeudi 17 novembre 2011

La franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs par Marc Roche

Marc Roche, auteur de "La Banque - comment Goldman Sachs dirige le monde" (2010) et "Le capitalisme hors-la-loi" (2011) a publié le 16 novembre dans Le Monde un article sur le putsch européen de Goldman Sachs, symbole du banksterisme et de la voyoucratie de l'hyperfinance. En effet, le nouveau président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, le président désigné du conseil italien Mario Monti et le nouveau Premier ministre grec Loucas Papademos sont les figures totémiques de ce maillage serré. Sans compter, Otmar Issing, ex-membre du directoire de la Bundesbank et ancien économiste en chef de la BCE ; et l'Irlandais Peter Sutherland, un administrateur de Goldman Sachs International, qui a participé en coulisses au sauvetage de l'Irlande. Extraits :

Mario Draghi
Mario Draghi, nouveau président de la BCE.

Histoire de la conquête européenne de Goldman Sachs
Un petit retour en arrière s'impose à ce stade. C'est à Londres que l'aventure européenne de GS a commencé dans la foulée du " Big Bang " de 1986, la libéralisation totale de la City. Goldman Sachs International, la première filière à l'étranger, voit le jour. Les premiers conseillers pays non américains sont recrutés. Ces missi dominici doivent se servir de leur carnet d'adresses pour faire connaître la banque, qui est à l'époque un partenariat de taille moyenne sur le continent, l'informer des us et coutumes de la vie des affaires et de la situation politique.

A la fin des années 1980, le groupe s'étend au reste de l'Europe, en particulier en France, en Italie et en Allemagne. Dans l'Hexagone, Jacques Mayoux, ancien président de la Société générale qui fut également le patron du groupe sidérurgique Sacilor, est nommé vice-président de Goldman Sachs Europe. En 2004, Charles de Croisset, ancien patron du Crédit Commercial de France (CCF), lui succède.

Bon nombre de ces nominations ont été supervisées par l'ancien commissaire européen Peter Sutherland. L'Irlandais sait renvoyer l'ascenseur. Ainsi, en mai 2010, il a coopté Mario Monti pour le remplacer à la présidence européenne de la Trilatérale, un des plus prestigieux cénacles de l'élite internationale.

lundi 7 novembre 2011

Goldman Sachs : la zone euro pourrait être démentelée

Selon Jim O'Neill, président de Goldman Sachs Asset Management, le Portugal, l'Irlande, la Finlande, la Grèce pourraient sortir de la zone euro plutôt que de dépendre de règles budgétaires plus centralisées. Dans un entretien publié par le Sunday Telegraph, il affirme : "les Allemands veulent plus d'unité budgétaire avec l'idée d'un ministère des finances. Il est difficile d'imaginer que tous les pays qui ont rejoint la zone euro veuillent un tel régime, y compris celui qui est tellement en grande difficulté - la Grèce".

Jim O'Neill de la Goldman Sachs.

Selon Jim O'Neill, seuls l'Allemagne, la France et le Benelux sont faits pour une union monétaire. Il ajoute que des pays tels que la Finlande et l'Irlande, en tant que voisins d’États non membres de l'euro - la Suède et le Royaume-Uni - pourraient préférer quitter la monnaie unique, ce qui devrait se traduire par son appréciation.

jeudi 3 novembre 2011

Traitement du G20 dans la presse

Voici quelques titres et extraits d'articles de la presse française consacrés au sommet du "G20 Cannes 2011". Instructif.

Le Figaro : "Nicolas Sarkozy endosse ses habits de « président des crises"
"Quel que soit le résultat du G20, Nicolas Sarkozy espère qu'il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions. Pour son entourage, "le président des crises" apparaît complètement à son affaire au moment où François Hollande "se contente d'ironiser sur le chef de l'État".

Le Monde : "G20 : la France à l'épreuve des émergents"
"L'activisme de Nicolas Sarkozy sur la Libye a heurté. Les IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) sont des démocraties, mais leur approche de la défense des valeurs à l'échelle internationale n'est pas celle du président français qui les accueille à Cannes."

G20 Cannes 2011G20 de Cannes 2011 : "Nouveau monde, nouvelles idées" ?

L'Humanité : "Un G20 hanté par la peur de la démocratie"
"La souveraineté populaire d'un État membre ne vaut que lorsqu'elle est conforme aux décisions du cénacle des chefs d'État. Or, précisément, le problème soulevé par la crise politique grecque est d'ordre démocratique. On a sous-estimé en haut lieu la rébellion de tout un peuple contre sa mise sous tutelle par ses créanciers de la troïka (UE, BCE, FMI) prévue explicitement par le plan européen."

La Croix : "Les pays émergents s'inquiètent de la crise de l'euro"
"Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré hier que la crise dans la zone euro "est devenue la principale source d'inquiétudes pour l'économie mondiale". L'agence Chine nouvelle a, de son côté, estimé que le projet de référendum grec était "une alerte qui pourrait déclencher d'autres reculs ou revers".

La Tribune : "Gouvernance mondiale : les blocs régionaux font de la résistance"
"L'un des conseillers du président russe Dmitri Medvedev a dit voici quelques jours, sur une radio russe, que le problème du G20 était que les décisions prises n'étaient jamais mises en vigueur et il en prenait pour preuve la décision d'augmenter les pouvoirs des pays émergents au FMI, qui n'a pas encore été réellement concrétisée."

lundi 31 octobre 2011

Les maux de la mondialisation par Jeffrey Sachs

Dans une tribune publiée dans Les Échos, "Mondialisation et bien-être", l'économiste Jeffrey Sachs, consultant spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon, énonce les problèmes majeurs issus de la mondialisation économique. Il dénonce ensuite les erreurs politiques qui ont facilité cette mondialisation destructrice, à savoir l'abandon du rôle de l’État dans l'économie nationale (au moins dans plusieurs pays dont les États-Unis) : antidote à cette dérive libérale financière catastrophique : les pays scandinaves.

jeffrey sachsJeffrey Sachs, enseignant à l'Institut de la Terre à l'Université de Columbia.

Évasion fiscale, inégalité exponentielle et contagion mondiale

Multiplication des possibilités d'évasion fiscale, en raison d'une prolifération rapide de nouveaux paradis fiscaux à travers le monde.

Coexistence de perdants et de gagnants : dans les pays riches, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon, les plus grands perdants sont les travailleurs dont l'éducation est insuffisante pour concurrencer efficacement les travailleurs à bas salaires issus des pays en développement. Les plus durement touchés sont les travailleurs des pays riches qui ne disposent d'aucune formation universitaire. Ils ont été des millions à perdre leur emploi. Quant à Ceux qui ont eu la chance de le conserver, ils ont vu leurs salaires stagner voire diminuer.

Catalyseur de contagion : la crise financière de 2008 a commencé à Wall Street, puis s'est rapidement propagée à l'ensemble de la planète, soulignant la nécessité d'une coopération mondiale en matière de banque et de finance. Le changement climatique, les maladies infectieuses, le terrorisme, et autres maux ignorant les frontières imposent une réponse tout aussi mondiale.

L'erreur : réduire le rôle du gouvernement dans l'économie

Depuis trente ans, les États-Unis s'orientent dans la mauvaise direction, en réduisant le rôle du gouvernement dans l'économie nationale plutôt que de promouvoir les investissements nécessaires à la modernisation de l'économie et de la main-d’œuvre. Les riches en ont bénéficié sur le court terme, en obtenant des allègements fiscaux massifs. Les pauvres en ont souffert par la perte de leur emploi et la diminution des services publics. L'inégalité économique a atteint un niveau jamais vu depuis la Grande Dépression.

barack obama president cigaretteBarack Obama, larbin des banques privées prédatrices.

Après trois années au cours desquelles son administration a dorloté les lobbyistes d'entreprise, Barack Obama a finalement commencé à insister sur la nécessité de voir les riches payer plus d'impôts. Plusieurs gouvernements européens, dont l'Espagne, le Danemark et la Grèce, semblent également prendre la même direction. L'Espagne a récemment imposé un nouvel impôt sur la fortune des contribuables à haute valeur nette. Le Danemark a élu un gouvernement de centre gauche, engagé dans une augmentation des dépenses du gouvernement financée par de nouveaux impôts sur la richesse. Et la Grèce vient de voter une nouvelle taxe foncière pour aider à combler son lourd déficit budgétaire.

Aujourd'hui, les économies les plus prospères du monde se situent en Scandinavie. En ayant recours à des taxes élevées pour financer un niveau élevé de services publics, ces pays sont parvenus à équilibrer prospérité élevée, justice sociale et durabilité environnementale. Telle est la clef du bien-être dans l'économie mondialisée d'aujourd'hui. Peut-être de plus en plus de pays dans le monde - en particulier les jeunes générations -commencent à admettre cette nouvelle réalité.

mercredi 19 octobre 2011

Pression pour le développement durable aux Nations Unies

Le Monde rapporte que le 19 septembre dernier, jour de l'Assemblée générale des Nations unies, un collectif d'investisseurs, emmené par le deuxième assureur européen, le groupe britannique Aviva, a interpellé les chefs d’État pour réclamer une réglementation mondiale en matière de développement durable. Cette coalition, qui regroupe 40 organismes (ONG, établissements financiers, investisseurs), pesant plus de 1 600 milliards de dollars d'actifs sous gestion, a appelé " les États membres à instaurer un cadre politique mondial, exigeant des sociétés cotées et des grandes entreprises privées qu'elles intègrent les informations relatives au développement durable dans leur rapport annuel et leur comptabilité ou qu'elles expliquent pourquoi elles ne peuvent le faire ".

developpement durable

Accorder davantage de place aux questions de société et d'environnement

Les mesures prises en ce sens ces dernières années ne sont pas assez contraignantes et reposent sur le volontariat. Pourtant, nombre d'entreprises et d'institutions financières à travers le monde se sont engagées à accorder davantage de place aux questions de société et d'environnement dans leur stratégie. Quelques centaines ont même signé des engagements tels que les principes des Nations unies pour l'investissement responsable (PRI). En France, dans la continuité du Grenelle 2, la rédaction d'un rapport " développement durable " sera obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés. Mais ne nous leurrons pas, la qualité des informations déçoit.

Beaucoup de rapports relèvent de la cosmétique. Au niveau mondial, sur les 20 000 entreprises suivies par l'agence Bloomberg, plus de 75 % ne communiquent pas sur ces questions. La demande de la coalition est simple : que les États proposent " des mécanismes efficaces pour que les investisseurs puissent demander des comptes aux entreprises sur la qualité des informations publiées ". Pour se donner le meilleur écho possible, le collectif s'appuie sur des études publiées par Goldman Sachs et la banque allemande West LB. Ces deux protagonistes ont établi qu'il existait un lien entre la prise en compte du développement durable dans la stratégie des entreprises et leurs performances de long terme. Si même l'ogre américain de la finance Goldman Sachs découvre les vertus du développement durable, alors tout est possible.

mardi 20 septembre 2011

Sans la BCE, la zone euro aurait-elle déjà explosé ?

Dans un entretien donné à Easybourse, Étienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers (EDRIM), affirme : "on reproche aujourd’hui à l’Europe un manque de leadership politique. Heureusement que la BCE apporte un minimum de leadership. Je pense sincèrement que s’il n’y avait pas la BCE, la zone euro aurait réellement implosé". Concernant le cas la Grèce, il explique : "la logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro". Extraits :

Étienne Gorgeon : "un défaut ordonné de la Grèce s'impose".

La BCE utilise sa politique de rachat pour amener les pays fragilisés à procéder aux réformes nécessaires ?

Si la BCE s’est mise à racheter massivement des titres d’emprunt italiens c'est en échange de l’engagement pris par Berlusconi d’assainir ses comptes par des mesures de rigueur budgétaire. Un plan d’une quarantaine de milliards d’économies a alors été voté. Deux jours plus tard, Berlusconi contredit son ministre des Finances lui signalant que le plan va beaucoup trop loin. De ce fait la BCE stoppe son programme de rachat. Le taux de refinancement de l’Italie grimpe de nouveau. Il s’en suit un plan beaucoup plus ambitieux et une accélération des rachats de la BCE. La politique de rachat de la BCE est une manière saine de mettre sous tutelle un Etat. C’est un moyen de pression qu’a l’institution européenne pour mettre les Etats devant leurs responsabilités. La BCE pourrait tout à fait réduire davantage les taux de refinancement de l’Italie et de l’Espagne en procédant à des rachats plus conséquents. Elle ne le fait pas pour être sure d’obtenir des gages de la part des politiques d’aller dans la bonne direction et parce qu’elle ne veut pas brûler ses cartouches trop vite trop fort.

Un autre moyen de rendre plus efficace cette politique menée par la BCE serait de laisser tomber la Grèce ?

La logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro. L’idée étant que quand les gros ont faim, les petits meurent. Malheureusement l’Italie et l’Espagne sont bien plus importantes que la Grèce. Dans un environnement où la contagion se répand jusqu’aux gros pays sur lesquels il n’y a pas de justification pour qu’ils s’effondrent, alors un défaut ordonné de la Grèce s’impose. Tout l’argent prévu pour aider la Grèce, qui ne cesse de s’enfoncer dans la récession et qui rencontre de véritables problèmes administratifs ; les 109 milliards auxquels on ajoute la capacité du fonds de stabilisation ; devraient être mobilisés pour renforcer le secteur bancaire et recapitaliser la Banque centrale européenne pour l’aider à continuer à jouer son rôle d’arme de dissuasion en achetant dans le marché des emprunts d’Etat italiens et espagnols pour définitivement caler le marché. C’est une question d’allocation et de volonté politique.

vendredi 16 septembre 2011

Les banques éthiques en Europe face à la crise

Comment les banques éthiques traversent-elles la crise économique ? La semaine dernière, la Fédération européenne des banques éthiques et alternatives (Febea) a organisé à Cracovie en Pologne la deuxième conférence "Europe Active". Heureuse surprise : si la crise ne les épargne guère, elle valide la pertinence de leur modèle. À terme, elles pourraient donc bien en sortir renforcées, à condition que les pouvoirs publics entendent leurs demandes.

FEBEA banque ethiqueFebea : banques éthiques et alternatives !

Les banques éthiques n'ont pas de cours de Bourse à surveiller, pas de rumeurs désagréables à démonter. Elles se contentent de faire ce que toute devrait faire : collecter l'épargne pour financer la création d'emplois, en particulier à destination des publics défavorisés.

Trois conséquences de la crise sur les banques éthiques

Tout d'abord, les plans d'austérité adoptés par tous les gouvernements européens menacent les crédits accordés au secteur social. Jean-Michel Lecuyer, directeur général de France Active, précise: "surtout dans les pays comme la France, où l'État a toujours été fortement impliqué".

Ensuite, la crise a fragilisé plusieurs institutions de microfinance, notamment en Europe de l'Est. Bruno Dunkel, de CoopEst, reconnaît : 'les revenus des porteurs de projets ont chuté, donc le taux de non-remboursement des prêts a bondi de moins de 5 % à parfois plus de 10 %".

Enfin, les membres de la Febea voient d'un très mauvais œil les nouvelles réglementations, dites "Bâle III", exigeant des établissements bancaires qu'ils augmentent significativement leurs fonds propres, pour faire face à un nouvel "accident", du type subprime ou défaut d'un État. Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, affirme : "nous aurons les pires difficultés à nous plier à ces règles, souligne . Le résultat sera catastrophique : les petites et moyennes banques seront fragilisées puis absorbées par les plus grandes. C'est dramatique". Les membres de la Febea espèrent donc obtenir une dérogation, en plaidant qu'ils ne prennent pas de risques sur les marchés financiers.

banque ethique
Pour l'amour de l'argent...

Un fonds européen d'investissement pour les entreprises sociales

Hugues Sibille, vice-président du Crédit Coopératif, estime que la crise peut favoriser le développement des banques éthiques : "on sent bien que la crise pousse les pouvoirs publics à aider les entreprises sociales. Ils comprennent que nous pouvons apporter des réponses innovantes aux difficultés actuelles, notamment dans la lutte contre le chômage. Alors ils tendent une oreille plus attentive. À nous d'en profiter".

Autre signal positif, la nouvelle implication de l'Union européenne : Michel Barnier, commissaire au marché intérieur, devrait formuler à la mi-octobre des propositions concrètes. Il est notamment question de mettre en place un fonds européen d'investissement à destination des entreprises sociales. Karol Sachs, ancien président de la Febea, rêve de le voir doté d'un milliard d'euros, mais il pourrait plus vraisemblablement démarrer avec cent ou deux cents millions et servir d'effet de levier en attirant d'autres financements nationaux. Un projet que les banquiers éthiques prendraient comme un nouvel encouragement.

lundi 5 septembre 2011

Michel Cicurel fait le point sur la crise financière de l'été

Le 11 août dernier, en plein krach boursier (qui vit le CAC 40 perdre un quart de sa valeur entre le 30 juin et le 19 août), Michel Cicurel, Président du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, répondait aux interrogations du Figaro. Comme à son habitude, l'homme se veut plutôt positif en soulignant la bonne santé des entreprises non financières et des économies émergentes (ce qu'il vantait déjà dans sa tribune "Le sourire de la mondialisation"). Ce qui ne l'empêche pas de lancer quelques saillies contre les États-Unis et la France ("cela fait dix ans que les États-Unis ont virtuellement perdu leur AAA" !).

Michel Cicurel Edmond RothschildMichel Cicurel, Président du directoire de la
Compagnie Financière Edmond de Rothschild.

Pour Michel Cicurel, l'été "meutrier" du krach n'est qu'un symptôme d'une nouvelle donne mondiale en cours, qui subit une triple métamorphose : la poussée des économies émergentes, la crise des finances publiques en Occident et la crise écologique. Enfin, notons que Michel Cicurel fait partie des partisans de la création d'eurobonds pour faire face à la crise de la dette.

Entretien :

Les places boursières vont-elles mettre fin à leur chute ?

Les marchés vont rester très volatils et propices à des spéculations absurdes, comme mercredi [10 août, journée de rumeur sur la valeur des banques françaises, surtout la Société Générale], qui restera "la journée des dupes". Ils retrouveront une franche direction positive, ce qui est certain, lorsqu'ils auront compris qu'il ne s'agit pas d'un accident mais d'une nouvelle donne mondiale, une triple métamorphose. La première est la poussée des économies émergentes, qui bouleverse le modèle des pays développés fondé sur l'endettement du «consommateur roi» et de son État-providence ! L'un comme l'autre doivent accepter à la fois un niveau de vie contraignant pour l'avenir et le règlement des factures d'un passé de cigale. Les États des deux rives de l'Atlantique doivent se soumettre à une «règle d'or» d'équilibre des finances publiques, arrêtée unanimement par l'ensemble du monde politique.

Quelles sont les deux autres crises?

Précisément, celle des finances publiques que les dirigeants occidentaux n'auraient pas traitée s'ils n'avaient été interpellés par les marchés, donc les épargnants. Cela fait dix ans que les États-Unis ont virtuellement perdu leur «AAA» et trente-cinq ans que le budget de la France est en déficit ! La finance a bon dos ! La crise bancaire de 2008 aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais ce sont des causes multiples qui expliquent le ralentissement de la croissance des pays développés et aggravent ainsi leurs déficits publics. C'est pourquoi j'aime bien le cocktail français de rétablissement de l'équilibre : contrôle des dépenses sans purge brutale; hausse modérée de la pression fiscale, déjà excessive, sans frapper les entreprises ; financement d'«investissements d'avenir» pour améliorer notre compétitivité. À moyen terme, l'Europe ne retrouvera de la croissance, et des finances publiques équilibrées, que par une mise en œuvre intégrale du programme de Lisbonne.

La troisième crise est écologique, liée à la rareté des ressources naturelles face à une augmentation très forte de la population mondiale et du niveau de vie des émergents. Les pays riches, insuffisamment sobres, souffrent de la flambée du prix des énergies fossiles et des produits de base, dès que la croissance mondiale est soutenue. Au-delà de 80 dollars le baril, la consommation américaine subit une ponction de pouvoir d'achat qui affecte la croissance. C'est la principale cause du ralentissement du printemps, et le contre-choc pétrolier en cours produira ses effets positifs à l'automne.

La situation est-elle grave ?

Non, c'est l'excès d'inquiétude et la spéculation qui sont graves. Le taux de croissance mondial reste élevé. Aujourd'hui, les pays émergents en assurent l'essentiel, mais les pays développés en profitent à condition de s'adapter au nouveau monde et de ne pas tomber dans le piège du protectionnisme. Pour preuve: malgré le niveau élevé de la monnaie unique, l'Allemagne disciplinée reste le premier exportateur mondial.

Certains dénoncent l'échec des leaders politiques. Ont-ils raison ?

Je ne partage pas ce point de vue, même si les élections à venir pour les dirigeants clés du monde occidental inquiètent les investisseurs. Ces dirigeants savent bien qu'en phase d'inquiétude mondiale majeure ils seront jugés sur leur capacité à prendre des décisions responsables plutôt qu'électoralistes. D'ailleurs, la réaction de l'Europe à la crise, depuis dix-huit mois, a été remarquable et courageuse. Il faudra bien aller au bout du chemin et prévenir les crises souveraines plutôt que d'éteindre les incendies successifs. Et donc mettre en place l'«eurobond» et une gouvernance fédérale des budgets de l'eurozone. Nous y viendrons fatalement.

Quelles sont les voies de salut ?

Les entreprises non financières et les économies émergentes, bref ceux qui font des efforts ! Car à la différence des États, qui traînaient à faire le ménage chez eux, les entreprises ont remarquablement redressé leur situation. Elles se portent aujourd'hui parfaitement bien, avec des bilans sains, une montagne de cash, des investissements pertinents et une exposition croissante au monde émergent. Comme toujours, les fourmis impassibles et patientes gagnent la partie !

lundi 1 août 2011

La BERD, Jacques Attali et la microfinance au Kirghizistan

Selon Les Infos de la Microfinance, la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) intensifie son soutien au secteur financier dans la République kirghize (ou Kirghizistan, ou encore, Kyrgyzstan) avec un prêt de 270 millions de soms (soit 6 millions de dollars) à Bai Tushum and Partners, l'institution de microfinance phare du pays, afin de mieux financer les petites entreprises et favoriser l'entrepreneuriat local.

Microfinance en Asie.

Avec ce nouveau programme de financement dans une monnaie locale (local currency lending programme), la BERD souhaite soutenir le développement du secteur privé et les institutions de microfinance, en évitant de prendre des risques sur les taux de change.

Un accord signé lors du Sommet 2011 de la microfinance en Asie Centrale

Lors du Sommet 2011 de la microfinance en Asie Centrale, organisé les 7 et 8 juillet à Bichkek, Kenji Nakazawa, chef du Bureau de la BERD en République kirghize, a déclaré : "avec ce nouvel investissement, la BERD continue d'accorder une haute priorité à ses investissements dans les pays en début de transition, comme c'est particulièrement le cas en République kirghize, après les événements tragiques survenus récemment. Fondamentalement, les clients de Bai Tushum et Partners obtiendront de meilleurs services et un accès plus facile à une trésorerie avec un taux d'intérêt mieux maîtrisé, grâce à des prêts en monnaie locale".

Jacques Attali, accusé d'avoir un peu trop carotté la BERD !

Un peu d'histoire : Jacques Attali, "Free as a BERD"

Créée à Paris en 1990, suite à une idée de François Mitterrand, la BERD fut inaugurée le 15 avril 1991. A sa tête, Jacques Attali. Son but initial : encourager le développement de la démocratie et le respect des droits de l'homme à l'Est, en finançant prioritairement des projets émanant du secteur privé. Au final : une grande escroquerie servant plus les intérêts particuliers de Jacques Attali et de l'équipe dirigeantes que les pays de l'Est. Une arnaque qui entraînera heureusement la démission de Jacques Attali. Un article de L'Express, publié le 24 juin 1993, explique la situation :

Entre avril 1991 et la fin de 1992, la banque avait consacré à ses activités de prêt et d'investissement à l'Est 101 millions de livres, soit environ 840 millions de francs. Pour elle-même, c'est-à-dire pour l'équipement et l'installation de ses bureaux, les salaires et les voyages de ses employés, elle avait payé 201,5 millions de livres (1,7 milliard de francs). Quelques frais remarquables venaient corser le tout, comme une facture de 4,5 millions de francs, en 1992, pour la location de jets privés (alors que bien souvent des vols réguliers étaient disponibles sur les destinations concernées), une réception, à Noël, à l'hôtel Grosvenor House facturée 390 000 francs, sans parler du remplacement, dans le hall de son nouveau siège, au 1 Exchange Square, dans la City, d'un revêtement de travertin par du marbre de Carrare. Celui-ci est graduellement poli, afin, déclarait à l'époque le directeur du budget, Pierre Pissaloux, de symboliser le désir de la banque de changer la vie des peuples de l'Est, qui passeraient, grâce à elle, du rugueux au lisse. Coût du symbole: 6 millions de francs.

Lire également :

- Vive l'économie mafieuse du Kirghizistan
- La microfinance en Ouzbékistan.

mercredi 27 juillet 2011

La BCE détient 444 milliards d'euros de dette

Tel un pompier pyromane, Jean-Claude Trichet, est en train d’attiser le feu inflationniste en dépit de la volonté officiellement affichée de la Banque Centrale Européenne (BCE) de le maîtriser grâce à l’augmentation de son taux directeur. C’est le pouvoir d’achat de l’euro qui inévitablement continuera d’en pâtir. Telle est la conclusion de Valentin Petkantchin, chercheur associé à l’Institut économique Molinari.

Jean-Claude Trichet navigue à vue.

La politique hautement inflationniste de la BCE

En effet, "la BCE a ainsi annoncé qu’elle acceptait désormais de racheter de la dette portugaise même si la note de celle-ci vient d’être dégradée par l’agence de notation Moody’s qui la considère comme une dette à haut risque".

Il faut bien comprendre que cette politique est hautement inflationniste. Car créer des quantités de monnaie comme le fait la BCE, puis les distribuer en contrepartie d’une dette hautement risquée – qui ne vaut rien ou beaucoup moins que la monnaie créée à cause du risque de défaut de l’État émetteur – revient ni plus ni moins à faire tourner la « planche à billet ».

La BCE détient 444 milliards d'euros de dette

Exposition de la BCE à la dette des pays PIIGS, selon Open Europe.

Selon une étude publiée par Open Europe en juin 2011, la BCE détiendrait ainsi de la dette grecque, irlandaise et portugaise, pour un montant d’environ 340 milliards d’euros. Si on y ajoute les dettes espagnole et italienne, ce chiffre grimpe à 444 milliards d’euros, soit un montant "équivalent aux PIB de la Finlande et de l’Autriche réunis" !

Source : "Trichet, le pompier pyromane".

jeudi 21 juillet 2011

Sauvetage de la Grèce ou sauvetage de l'euro ?

Enième acte du sauvetage de la Grèce : La Tribune a publié un entretien avec Freddy van den Spiegel est professeur d'économie financière à l'Université Libre de Bruxelles et ancien chef économiste de BNP Paribas Fortis. Pour Freddy van den Spiegel, le sauvetage de la Grèce est "un test qui permettra de savoir si les politiciens européens sont encore convaincus que l'euro est une bonne idée".

Freddy van den SpiegelFreddy van den Spiegel et son nounours fétiche.

Réduction de la souveraineté budgétaire

Si un plan de sauvetage est accepté, Freddy van den Spiegel affirme qu'il faudra "accepter de perdre une partie de sa souveraineté budgétaire et d'avoir un mécanisme de solidarité un peu comparable à ce qui existe aux États-Unis".

Quant à l'implication des banques, celles-ci "peuvent être une partie de la solution si on ne leur demande pas de porter un trop lourd fardeau qui exigerait de les secourir à leur tour. Elles pourraient par exemple allonger les maturités des titres détenus dans leurs portefeuilles à condition que cela soit à un taux et dans des proportions acceptables [...] Si la classe politique est claire sur une solution et une solidarité à long terme, c'est raisonnable. Je dirais donc plutôt que c'est un acte de foi des banques dans leurs propres politiciens".

Ben Bernanke juif fed conference presseBen Bernanke et sa main droite.

Aux États-Unis, Ben Bernanke fait n'importe quoi

On admirera la pique adressée au Président de la Banque Fédérale Américaine (FED), Ben Bernanke, accusé de "faire n'importe quoi" en monétisant la dette. Rappelons que le 22 juin dernier, à l'occasion d'une conférence, Ben Bernanke avait déclaré : "je n'ai aucune d'idée quant à savoir pourquoi l'économie irait mieux mais elle ira mieux". Ce Bernanke est décidément un incompétent de première. Dire que Forbes l'a classé 8ème personne la plus puissante du monde en 2010... cela fait froid dans le dos.

Freddy van den Spiegel conclut donc : "la Banque centrale européenne est déjà allée au-delà de ce qui est dans le traité européen. Contrairement à Ben Bernanke, Jean-Claude Trichet ne peut pas faire n'importe quoi. Il peut monétiser un peu mais il y a des limites et elles ont été atteintes".

lundi 27 juin 2011

La crise grècque déroute les analystes

dette grecque crise economique 2011
La faillite de la Grèce et son impossibilité à rembourser sa dette est perçue fort différemment pas les "experts". La preuve aujourd'hui, avec les commentaires de Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE), et de Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Jürgen Stark (BCE) : "plus grave que la faillite de Lehman Brothers"

Selon Jürgen Stark, es conséquences d'une éventuelle restructuration de la dette grecque sur les marchés européens pourraient être autrement plus graves que l'impact de la faillite de Lehman Brothers à l'automne 2008, événement qui avait accéléré la crise financière. Une restructuration de la dette de la Grèce menacerait la solvabilité des banques grecques et aurait des répercussions sur tous les marchés financiers de la zone euro.

Pascal Lamy (OMC) : la crise grecque pas de taille à contaminer l'UE

Pour Pascal Lamy, "la crise grecque est une crise de la dette, de la Grèce. C’est l’histoire classique d’un petit pays qui pendant longtemps a dépensé plus qu’il n’a gagné. On trouvait ça pas très correct d’aller chercher des poux dans la tête des grecs, parce que leurs statistiques étaient bidonnées. Et tout ça a duré des décennies. Et se paye".

Pour autant, lui dédramatise les conséquences supposées de cette crise. " La Grèce, c’est 5% de l’économie européenne. je ne crois pas que cela puisse contaminer l’ensemble de l’Union européenne. Il faut un dosage de discipline et de solidarité. On avait un grand degré d’indépendance, un degré de solidarité moyen, et un degré de discipline très faible. On a une espèce d’opposition, d’ordre géopolitique plus que mercantiliste, entre les États-Unis qui voudraient que les États émergents se comportent comme des pays développés, et les pays émergents qui considèrent que certes ils émergent, ils se développent mais pas au point de travailler avec les mêmes règles que les pays riches. Je n’ai jamais été un avocat de la mondialisation heureuse. Elle a ses bons côtés et ses mauvais côtés. Mais prôner la démondialisation, c’est se tromper de monde !"


mardi 21 juin 2011

Classement du PIB des pays de l'UE en 2010

Le service de statistiques de la Commission européenne Eurostat vient de publier les premières estimations préliminaires du Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant dans les pays de l'Union européenne en 2010. Luxembourg, Pays-Bas et Danemark constitue le podium européen du PIB. La France est au 11ème rang avec un PIB par habitant de 7% supérieur à la moyenne européenne, mais 1% sous la moyenne de la zone euro ! Pauvre France...

Nicolas Sarkozy, Président du pouvoir d'achat.

Un accroissement des inégalités entre les pays riches et pauvres

Entre les pays où la richesse produite par habitant est la plus faible et ceux où elle est la plus forte, la différence s'est accrue. Pour faciliter la comparaison, Eurostat définit une base 100 qui constitue la moyenne. Avec un PIB par habitant de 183% supérieur à cette moyenne, le Luxembourg a amélioré sa performance par rapport à 2007 (indice 275) mais aussi par rapport à 2009 (indice 271). En bas du tableau, la Bulgarie a certes légèrement amélioré son handicap. Son PIB par habitant était en 2007 inférieur de 40% à la moyenne. L'an passé, elle a gagné 3 points. Mais plusieurs pays parmi les 10 nouveaux entrants ont eux vu leur situation se détériorer en trois ans. C'est le cas de la Slovénie (A 87% de la moyenne européenne contre 88% en 2007) et des trois pays baltes, la Lettonie (52% contre 56%), l'Estonie (65% contre 69%) et la Lituanie (58% contre 59%).

Accroissement des inégalités entre les pays du Nord et du Sud

Parmi les pays de la zone euro, la différence entre les États du Nord et ceux du Sud se creuse. Les Pays-Bas et le Danemark ont ainsi conforté leurs positions. Et même si l'Irlande ne présente plus en 2010 qu'un PIB par habitant de 25% supérieur à la moyenne contre 47% en 2007, elle ne passe que du troisième au quatrième rang européen. Il en va de même pour le Royaume-Uni qui, en dépit d'une baisse sensible (indice 108 contre 116), se maintient à la dixième place. A l'inverse, l'Italie s'est fait dépasser par l'Espagne et figure désormais sous la moyenne européenne, talonnée par Chypre.

Lire le communiqué d'Eurostat.

Calendrier 2011 des jours de libération fiscale de l'UE

L'Institut économique Molinari a publié l'étude Fardeau fiscal de l'employé lambda au sein de l'UE, réalisée par James Rogers et Cécile Philippe. L’objectif de cette étude est de comparer le fardeau fiscal qui pèse sur le salarié moyen des 27 pays membres de l’Union européenne et de déterminer ainsi le jour de libération fiscale des personnes qui travaillent au sein de l’UE.

L'étude montre que le salarié moyen français travaillera jusqu’au 26 juillet 2011 pour financer les dépenses publiques. Seules la Hongrie et la Belgique font pire.

liberation fiscale Union Européenne 2011
Le pouvoir d’achat des Français particulièrement amputé par les charges et les impôts

Les charges et impôts français pénalisent le pouvoir d’achat. Pour distribuer 1 € de pouvoir d’achat net de charges et impôts au salarié, l’employeur français doit débourser 2,3 fois plus.

Les salariés français sont plus pénalisés que leurs homologues allemands, qui bénéficient pourtant d’un niveau comparable de services publics et sociaux. Pour obtenir 1 € de pouvoir d’achat outre-Rhin, il suffit de distribuer 2,1 €. Le salarié allemand est libéré fiscalement le 11 juillet, soit 15 jours plus tôt qu’en France.

Dans ces conditions, toutes les politiques qui viseraient à augmenter le pouvoir d’achat en occultant la nécessaire rationalisation des dépenses publiques et sociales ne conduiront qu’à des résultats en deçà des attentes.

Jours de libération fiscale des pays de l'UE :

Mars
13 - Chypre

Avril
16 - Malte

Mai
10 - Irlande
17 - Luxembourg
17 - Royaume-Uni
18 - Bulgarie
19 - Espagne
29 - Portugal

Juin
03 - Slovénie
07 - Pologne
07 - Danemark
10 - République Tchèque
11 - Estonie
12 - Grèce
12 - Finlande
15 - Slovaquie
17 - Pays-Bas
19 - Lituanie
22 - Lettonie

Juillet
01 - Italie
01 - Roumanie
10 - Suède
11 - Allemagne
23 - Autriche
26 - France
29 - Hongrie

Août
04 - Belgique

mardi 7 juin 2011

Aide à la Grèce : le président de l'eurogroupe menacé de mort

Information dévoilée par Euractiv.fr : lors de la réunion d’une commission du Parlement européen à Strasbourg lundi 6 juin, le Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré avoir reçu des menaces de mort de citoyens grecs, soumis à un plan d'austérité drastique.

Jean-Claude Juncker Grece EurozoneJean-Claude Juncker : il ne passera peut-être pas ses prochaines vacances à Athènes.

En plus des 110 milliards d’euros prêtés l’an dernier par l’UE et le FMI, la Grèce devrait recevoir une rallonge dont le montant n’a pas encore été fixé. Néanmoins, le pays devra s’astreindre à de nouvelles mesures d’austérité, ainsi qu’à une série privatisations, pour rassurer les marchés.

Jean-Claude Juncker a commenté : "Qu'est-ce qu'on peut dire aux Grecs ? C'est une bonne question que je me pose souvent, car je reçois beaucoup de courrier des Grecs. Y compris des menaces de mort [...] Plus il y a de privatisations, moins il y a de sacrifices imposés aux Grecs les plus modestes. Nous n'arriverons pas à bon port si le consensus entre forces politiques grecques ne s'établit pas."