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vendredi 2 décembre 2011

Angie a raison !

Merkel Sarkozy

En pleine crise de l’euro, alors que le gouvernement français freine des quatre fers, la chancelière allemande, Angela Merkel, s’inscrit dans une démarche visant à donner davantage de pouvoir aux institutions européennes. Et si le chef de l’Etat reste frileux à l’idée de concéder certains pouvoirs à l’Europe, préférant s’accrocher à sa souveraineté, des experts en économie et en politique européenne français, font le choix de soutenir Angela.

Sans détour en effet, Robert Rochefort, Eurodéputé et vice-président du Modem, et Stéphane Cossé, membre du comité d’orientation d’Europa Nova, soutiennent dans une tribune parue sur lemonde.fr le 1er décembre, qu’ « Angela Merkel a raison » et plaident « pour un fédéralisme fiscal ».

Selon eux :

  • « L’union monétaire exige un transfert significatif de souveraineté budgétaire des Etats membres vers les institutions européennes ».
  • La France a « raison d’exiger des concessions de l’Allemagne », mais elle doit toutefois « assouplir son dogmatisme, en particulier sur la limitation des missions de la Banque centrale européenne (BCE) ».
  • La France « doit pousser à une plus grande harmonisation fiscale pour éviter le dumping qui favorise les pays moins-disants ».
  • La France doit « être ouverte sur la mise en œuvre d’une mutualisation de la dette souveraine au sein de la zone euro, même si cela peut vouloir dire que l’Allemagne, au nom de la solidarité au sein de la zone, paie plus cher ses taux d’intérêt ».

Faisant face à une opinion tentée par le repli, Angie apparaît bel et bien comme la grande « courageuse » en portant des propositions de réformes des traités européens en totale « cohérence avec ce qui devrait être un véritable fédéralisme fiscal, pilier incontournable de l’Union monétaire ».

Stéphane Cossé et Robert Rochefort estiment qu’ « il est dans la logique des choses que les instances européennes soient dotées d’un super-commissaire européen, ministre de l’économie et des finances, capable de dire non à une loi de finances nationale qui remette en cause les orientations budgétaires communes européennes ». Ce ministre aurait « le pouvoir de faire appel à la Cour européenne de justice en cas de conflit avec un Etat membre ». Il « pourrait gérer une agence européenne de la dette qui émettrait des émissions mutualisées au sein de la zone euro ».

Ils plaident pour que soit favorisée « l’élection au suffrage universel d’un président de la Commission et du Conseil réunis » et que les pouvoirs du Parlement européen soient renforcés « afin que lui soit enfin reconnu le droit d’initiative législative ».

Peut-être serait-il bénéfique finalement, que nous acceptions, sans crispation, de suivre l’Allemagne sur ce coup là…

mardi 20 septembre 2011

Sans la BCE, la zone euro aurait-elle déjà explosé ?

Dans un entretien donné à Easybourse, Étienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit au sein de Edmond de Rothschild Investment Managers (EDRIM), affirme : "on reproche aujourd’hui à l’Europe un manque de leadership politique. Heureusement que la BCE apporte un minimum de leadership. Je pense sincèrement que s’il n’y avait pas la BCE, la zone euro aurait réellement implosé". Concernant le cas la Grèce, il explique : "la logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro". Extraits :

Étienne Gorgeon : "un défaut ordonné de la Grèce s'impose".

La BCE utilise sa politique de rachat pour amener les pays fragilisés à procéder aux réformes nécessaires ?

Si la BCE s’est mise à racheter massivement des titres d’emprunt italiens c'est en échange de l’engagement pris par Berlusconi d’assainir ses comptes par des mesures de rigueur budgétaire. Un plan d’une quarantaine de milliards d’économies a alors été voté. Deux jours plus tard, Berlusconi contredit son ministre des Finances lui signalant que le plan va beaucoup trop loin. De ce fait la BCE stoppe son programme de rachat. Le taux de refinancement de l’Italie grimpe de nouveau. Il s’en suit un plan beaucoup plus ambitieux et une accélération des rachats de la BCE. La politique de rachat de la BCE est une manière saine de mettre sous tutelle un Etat. C’est un moyen de pression qu’a l’institution européenne pour mettre les Etats devant leurs responsabilités. La BCE pourrait tout à fait réduire davantage les taux de refinancement de l’Italie et de l’Espagne en procédant à des rachats plus conséquents. Elle ne le fait pas pour être sure d’obtenir des gages de la part des politiques d’aller dans la bonne direction et parce qu’elle ne veut pas brûler ses cartouches trop vite trop fort.

Un autre moyen de rendre plus efficace cette politique menée par la BCE serait de laisser tomber la Grèce ?

La logique devrait être pour l’Europe de laisser tomber la Grèce tout en la maintenant dans la zone euro. L’idée étant que quand les gros ont faim, les petits meurent. Malheureusement l’Italie et l’Espagne sont bien plus importantes que la Grèce. Dans un environnement où la contagion se répand jusqu’aux gros pays sur lesquels il n’y a pas de justification pour qu’ils s’effondrent, alors un défaut ordonné de la Grèce s’impose. Tout l’argent prévu pour aider la Grèce, qui ne cesse de s’enfoncer dans la récession et qui rencontre de véritables problèmes administratifs ; les 109 milliards auxquels on ajoute la capacité du fonds de stabilisation ; devraient être mobilisés pour renforcer le secteur bancaire et recapitaliser la Banque centrale européenne pour l’aider à continuer à jouer son rôle d’arme de dissuasion en achetant dans le marché des emprunts d’Etat italiens et espagnols pour définitivement caler le marché. C’est une question d’allocation et de volonté politique.

mercredi 27 juillet 2011

La BCE détient 444 milliards d'euros de dette

Tel un pompier pyromane, Jean-Claude Trichet, est en train d’attiser le feu inflationniste en dépit de la volonté officiellement affichée de la Banque Centrale Européenne (BCE) de le maîtriser grâce à l’augmentation de son taux directeur. C’est le pouvoir d’achat de l’euro qui inévitablement continuera d’en pâtir. Telle est la conclusion de Valentin Petkantchin, chercheur associé à l’Institut économique Molinari.

Jean-Claude Trichet navigue à vue.

La politique hautement inflationniste de la BCE

En effet, "la BCE a ainsi annoncé qu’elle acceptait désormais de racheter de la dette portugaise même si la note de celle-ci vient d’être dégradée par l’agence de notation Moody’s qui la considère comme une dette à haut risque".

Il faut bien comprendre que cette politique est hautement inflationniste. Car créer des quantités de monnaie comme le fait la BCE, puis les distribuer en contrepartie d’une dette hautement risquée – qui ne vaut rien ou beaucoup moins que la monnaie créée à cause du risque de défaut de l’État émetteur – revient ni plus ni moins à faire tourner la « planche à billet ».

La BCE détient 444 milliards d'euros de dette

Exposition de la BCE à la dette des pays PIIGS, selon Open Europe.

Selon une étude publiée par Open Europe en juin 2011, la BCE détiendrait ainsi de la dette grecque, irlandaise et portugaise, pour un montant d’environ 340 milliards d’euros. Si on y ajoute les dettes espagnole et italienne, ce chiffre grimpe à 444 milliards d’euros, soit un montant "équivalent aux PIB de la Finlande et de l’Autriche réunis" !

Source : "Trichet, le pompier pyromane".

jeudi 21 juillet 2011

Sauvetage de la Grèce ou sauvetage de l'euro ?

Enième acte du sauvetage de la Grèce : La Tribune a publié un entretien avec Freddy van den Spiegel est professeur d'économie financière à l'Université Libre de Bruxelles et ancien chef économiste de BNP Paribas Fortis. Pour Freddy van den Spiegel, le sauvetage de la Grèce est "un test qui permettra de savoir si les politiciens européens sont encore convaincus que l'euro est une bonne idée".

Freddy van den SpiegelFreddy van den Spiegel et son nounours fétiche.

Réduction de la souveraineté budgétaire

Si un plan de sauvetage est accepté, Freddy van den Spiegel affirme qu'il faudra "accepter de perdre une partie de sa souveraineté budgétaire et d'avoir un mécanisme de solidarité un peu comparable à ce qui existe aux États-Unis".

Quant à l'implication des banques, celles-ci "peuvent être une partie de la solution si on ne leur demande pas de porter un trop lourd fardeau qui exigerait de les secourir à leur tour. Elles pourraient par exemple allonger les maturités des titres détenus dans leurs portefeuilles à condition que cela soit à un taux et dans des proportions acceptables [...] Si la classe politique est claire sur une solution et une solidarité à long terme, c'est raisonnable. Je dirais donc plutôt que c'est un acte de foi des banques dans leurs propres politiciens".

Ben Bernanke juif fed conference presseBen Bernanke et sa main droite.

Aux États-Unis, Ben Bernanke fait n'importe quoi

On admirera la pique adressée au Président de la Banque Fédérale Américaine (FED), Ben Bernanke, accusé de "faire n'importe quoi" en monétisant la dette. Rappelons que le 22 juin dernier, à l'occasion d'une conférence, Ben Bernanke avait déclaré : "je n'ai aucune d'idée quant à savoir pourquoi l'économie irait mieux mais elle ira mieux". Ce Bernanke est décidément un incompétent de première. Dire que Forbes l'a classé 8ème personne la plus puissante du monde en 2010... cela fait froid dans le dos.

Freddy van den Spiegel conclut donc : "la Banque centrale européenne est déjà allée au-delà de ce qui est dans le traité européen. Contrairement à Ben Bernanke, Jean-Claude Trichet ne peut pas faire n'importe quoi. Il peut monétiser un peu mais il y a des limites et elles ont été atteintes".

lundi 27 juin 2011

La crise grècque déroute les analystes

dette grecque crise economique 2011
La faillite de la Grèce et son impossibilité à rembourser sa dette est perçue fort différemment pas les "experts". La preuve aujourd'hui, avec les commentaires de Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE), et de Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Jürgen Stark (BCE) : "plus grave que la faillite de Lehman Brothers"

Selon Jürgen Stark, es conséquences d'une éventuelle restructuration de la dette grecque sur les marchés européens pourraient être autrement plus graves que l'impact de la faillite de Lehman Brothers à l'automne 2008, événement qui avait accéléré la crise financière. Une restructuration de la dette de la Grèce menacerait la solvabilité des banques grecques et aurait des répercussions sur tous les marchés financiers de la zone euro.

Pascal Lamy (OMC) : la crise grecque pas de taille à contaminer l'UE

Pour Pascal Lamy, "la crise grecque est une crise de la dette, de la Grèce. C’est l’histoire classique d’un petit pays qui pendant longtemps a dépensé plus qu’il n’a gagné. On trouvait ça pas très correct d’aller chercher des poux dans la tête des grecs, parce que leurs statistiques étaient bidonnées. Et tout ça a duré des décennies. Et se paye".

Pour autant, lui dédramatise les conséquences supposées de cette crise. " La Grèce, c’est 5% de l’économie européenne. je ne crois pas que cela puisse contaminer l’ensemble de l’Union européenne. Il faut un dosage de discipline et de solidarité. On avait un grand degré d’indépendance, un degré de solidarité moyen, et un degré de discipline très faible. On a une espèce d’opposition, d’ordre géopolitique plus que mercantiliste, entre les États-Unis qui voudraient que les États émergents se comportent comme des pays développés, et les pays émergents qui considèrent que certes ils émergent, ils se développent mais pas au point de travailler avec les mêmes règles que les pays riches. Je n’ai jamais été un avocat de la mondialisation heureuse. Elle a ses bons côtés et ses mauvais côtés. Mais prôner la démondialisation, c’est se tromper de monde !"


lundi 16 mai 2011

Mario Draghi, DSK, le FMI et la BCE

Mario Draghi BCE FMI strauss khan kahn dsk
Selon une porte-parole de la Banque d'Italie, l'Italien Mario Draghi, qui fait figure de grand favori pour la présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE), n'est "pas du tout intéressé" pour succéder éventuellement à Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Rappelons que DSK est actuellement dans une mauvaise passe en raison du déjà classique #bistougate.

Dominique strauss khan kahn dsk fmi sofitel opheliaDSK à New York, menotté et entouré de trois molosses.

Selon La Lettre de L'Expansion, Mario Draghi, qui devrait succéder à Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE, s'oppose fortement, en privé, à une restructuration de la dette grecque. Il estime qu'une telle décision pousserait les banques grecques vers la faillite et pèserait lourdement sur la crédibilité de l'euro.

Il faut noter que de 2002 à 2005, Mario Draghi a été le vice président pour l'Europe de Goldman Sachs, la quatrième banque d'affaires mondiale, si controversée, notamment pour son rôle dans la dette grecque. Un point de son CV qui pourrait lui nuire ? Le Point précise : "Mario Draghi a-t-il participé au maquillage des comptes d'Athènes ? Il s'en défend avec véhémence, revendiquant de n'avoir à cette époque travaillé qu'avec la clientèle privée de Goldman Sachs". L’Italien a d'ailleurs reçu il y a quelques jours l'adoubement de la Chancelière allemande Angela Merkel (peu avant sa rencontre avortée avec DSK) : "Je connais Mario Draghi. Il est très proche des conceptions allemandes: une culture de stabilité et défense d'une économie solide".

Affaire à suivre...

Lire également

- Le FMI prépare la vente et la destruction de la Grèce
- Le "socialiste" Strauss-Kahn vend l'Europe à Goldman Sachs
- DSK, le nouveau FMI et la reprise mondiale qu'il faut
- La Hongrie envoie paître le FMI

mardi 29 mars 2011

Goldman Sachs, le Conseil Européen et l'explosion de l'Union monétaire

Paul Goldschmidt, ancien administrateur de Goldman Sachs International et ancien directeur à la Commission européenne (un bon mélange des genres qui témoigne de l'influence de Goldman Sachs sur les pouvoirs publics internationaux - à ce propos, il faut se souvenir que le FMI a dernièrement nommé à la tête de son département Europe l'ancien dirigeant de Goldman Sachs, Antonio Borges, actuel prétendant à la direction de la Banque Centrale Européenne)... Paul Goldschmidt, donc, a publié sur le site de l'Institut Thomas More une tribune intitulée : "Le Conseil Européen du 25 mars a dégoupillé la grenade qui pourrait faire éclater l’Union Monétaire et... l’Union tout court !" Paul Goldschmidt a un sacré sens de la formule ! Et n'hésite pas à critiquer (ou)vertement le Conseil Européen. Morceaux Choisis :

Nicolas Sarkozy Conseil Européen de Bruxelles 25 mars 2011Nicolas Sarkozy au Conseil Européen de Bruxelles, le 25 mars 2011

Des liens entre la crise bancaire de 2008 et la crise des dettes souveraines de 2010

Sur le plan économique et financier, la faiblesse de la position du Conseil réside essentiellement dans son refus de confronter bille en tête la corrélation entre la crise bancaire de 2008 et celle de la dette souveraine de 2010.

En effet, l’ensemble des mesures proposées par le Conseil Européen concernant le « Semestre Européen », le renforcement du « Pacte de Stabilité et de Croissance » et le « Pacte pour l’Euro », traduisent la volonté de faire peser sur des mesures d’austérité fiscales et budgétaires l’essentiel des efforts à fournir pour limiter l’endettement et assurer la solvabilité des emprunteurs souverains de l’UEM.

Or, une grande partie de la dette accumulée par certains pays résulte directement de l’engagement d’octobre 2008 visant à éviter toute défaillance d’une banque de l’UE en général et de la zone Euro en particulier. Ainsi les Gouvernements allemand, français, espagnol belge, hollandais, irlandais, anglais etc. ont « secouru » leurs banques en s’endettant considérablement tout en évitant ainsi une crise systémique du marché financier global. Malgré ces interventions massives, le secteur bancaire européen reste extrêmement fragile à cause des risques accumulés vis-à-vis d’emprunteurs souverains surendettés et de prêts octroyés à leurs banques.

Vers la noyade de l'Union Européenne

Après 60 ans, l’UE se trouve au milieu du gué et doit choisir entre trois possibilités : soit elle avance et atteint progressivement l’autre rive parachevant le processus de « fédéralisation », soit elle abandonne le projet et essaye de sortir de l’eau avec le moins de dégâts possibles, soit elle s’acharne à lutter à contre courant et se noie ! Ce n’est qu’avec la volonté politique sans faille d’atteindre l’autre rive que les mesures décidées par le Conseil ont une chance d’être acceptables à l’opinion publique européenne. Les indications pointent malheureusement, par défaut, vers la troisième option.

Lire la tribune intégrale de Paul Goldschmidt : "Le Conseil Européen du 25 mars a dégoupillé la grenade qui pourrait faire éclater l’Union Monétaire et... l’Union tout court !"

Voir également :
- La conférence de presse de Nicolas Sarkozy à l'issue du dîner de travail du Conseil Européen (vidéo) et (retranscription)
- Le rapport de conclusion du Conseil Européen des 24 et 25 mars 2011 (35 pages)

jeudi 17 mars 2011

Philipp Bagus et la tragédie de l'euro

L'Institut économique Molinari a publié une analyse du nouveau livre de Philipp Bagus, professeur associé à l’Université Rey Juan Carlos à Madrid, La tragédie de l'euro (à lire gratuitement en anglais sur Scribd). La conclusion est pour le moins radicale : la question de fond n’est pas de savoir s’il est encore possible de sauver l’Euro, mais quel Euro veut-on sauver. Le choix est plus que jamais entre réformes de fond ou inflation. Extraits.

Philipp Bagus Tragedy Euro tragediePhilipp Bagus : La tragédie de l'euro.

L'euro et le phénomène de la pâture commune

Comme Bagus l’explique dans son livre publié fin 2010, l’histoire de l’Euro pourrait être courte tant cette monnaie fait l’objet d’un phénomène dévastateur pour sa conservation, celui de la pâture commune. Ce phénomène économique décrit dès 1968 par Garrett Hardin explique comment une ressource perd de sa valeur voire disparaît ou du fait de sa surexploitation, lorsque des droits de propriété sont mal ou pas définis. Par exemple, le libre accès à une prairie commune conduit à sa sur-utilisation par des éleveurs ayant intérêt à y faire paître le plus grand nombre d’animaux. Faute d’assumer individuellement les conséquences de leurs actes, c’est-à-dire d’avoir à supporter le coût d’entretien et de réfection d’une prairie qui ne leur appartient pas, ils n’auront pas tendance à se comporter en investisseurs à long terme. C’est ainsi que rapidement la prairie, surexploitée, devient inexploitable pour la pâture.

Garrett Hardin Tragedie biens communsGarrett Hardin, auteur de l'article "La Tragédie des biens communs".

Pour Bagus, l’euro subit malheureusement le même phénomène. Il est géré de manière à inciter les différents états membres de l’UE à adopter des comportements de cavalier seul diminuant in fine les qualités de la monnaie européenne. C’est ainsi qu’il se révèle que progressivement une réserve de valeur de piètre qualité. Il y a lieu de craindre que l’euro – qui a déjà perdu 1/5ème de sa valeur depuis sa création – ne soit plus à terme un intermédiaire d’échange efficace si ce phénomène de perte de valeur s’accélère. Or le Système monétaire européen (SME), avec son unique banque centrale (la BCE), permet justement aux divers états membres de l’Union de gonfler leurs dettes et déficits à coup de création monétaire, détériorant le pouvoir d’achat de l’euro.

crise euroland monnaie PIIGS zone euroLe jeu de dominos de la crise monétaire de l'Euroland (© Le Point.fr)

L'euro : une aubaine pour les pays structurellement déficitaires

La mise en place de l’euro fut une aubaine pour les états structurellement déficitaires comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, qui eurent accès à des taux d’intérêt beaucoup plus faibles qu’auparavant. Bénéficiant de la bonne réputation que la rigueur allemande donnait à l’Euro, ces pays ont pu s’endetter à des niveaux jusque là jamais atteints. C’est ce qui explique par exemple le gonflement de bulles immobilières. C’est aussi ce qui explique l’explosion de l’endettement public et les risques inflationnistes. En effet, lorsqu’un gouvernement fait du déficit, il émet en effet des bons du trésor. Une part importante de ces bons, pouvant servir de garantie pour l’octroi de prêts à la BCE, est achetée par les banques.

Lire également :
- Philipp Bagus : Y aura-t-il un QE3, QE4, QE5... ?
- Emmanuel Todd et le protectionnisme européen intelligent

vendredi 11 mars 2011

Christine Lagarde se prosterne devant les banksters

Boursier.com informe que suite à l'abaissement des notes de la Grèce et de l'Espagne, Christine Lagarde, Sinistre de l'Économie, a critiqué ce matin les agences de notation sur la radio subventionnée France Culture : "Noter, dégrader des pays comme la Grèce, quand on sait qu'ils sont sous contrôle actuellement (de la Commission européenne, du FMI et de la BCE), c'est tout à fait hors de propos". Pour la sinistre, les agences de notation devraient être mieux  contrôlées et encadrées.

Christine Lagarde : soumise aux banques et aux institutions financières... Et elle est payée pour ça.

 Le 7 mars, Moody's a dégradé la note souveraine de la Grèce de trois crans, de " Ba1" à "B1" avec perspectives "négatives". Le 10 mars, Moody's à jeter son dévolu sur l'Espagne, abaissant sa note d' un cran, de "Aa1" à "Aa2", pour une perspective "négative".

Il s'agit surtout d'un camouflet pour le FMI, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne, incapable de faire face à la crise économique, préférant se prosterner devant les banksters et les institutions financières.

En bonus : l'alliance Lagarde-Strauss-Kahn

Petits propos de Christine Lagarde sur DSK, le socialiste sauveur de l'humanité, médiatiquement proclamé futur Président de la République franc-mac française :
Il a été nommé comme directeur général du FMI. Tout le monde s'accorde, et j'en fais partie, pour dire qu'il fait un très bon travail au FMI. Il soutient les thèses françaises pour ce G20, donc nous, nous avons besoin de lui là où il est. C'est un partenaire de travail de grande qualité comme directeur général du FMI.

vendredi 28 janvier 2011

Discours de Nicolas Sarkozy au Forum Economique de Davos

Pendant près d'une heure et demie, avec Maurice Lévy, le PDG de Publicis, dans le rôle de modérateur, Nicolas Sarkozy s’est livré à une défense sans ambiguïté de l’euro. « Je peux vous assurer que, aussi bien Madame Merkel que moi-même, jamais, vous m’entendez jamais, nous ne laisserons tomber l’euro, jamais », a-t-il lâché, évoquant les « conséquences cataclysmiques » d’une disparition de l’euro. Comme en écho, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a, lui, assuré qu’il n’y avait actuellement « pas de crise de l’euro », même s’il a reconnu qu’il fallait en améliorer la surveillance.

Discours intégral (cliquez sur "Original" puis "Apply" pour avoir le discours en français):

mercredi 26 janvier 2011

Michel Cicurel et le "sourire de la mondialisation"

Décidément très actif en ce début d'année 2011, après avoir montré son optimisme dans un entretien dans Les Échos, Michel Cicurel, Président du directoire de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild, a publié une tribune le 19 janvier dans Le Figaro. Son titre : "Le sourire de la mondialisation". Il y fait une fois de plus preuve de son optimisme pour la situation économique et financière mondiale. Il souligne quand même que la situation peut basculer et s'effondrer à tout moment. Ce que Michel Cicurel met en avant, c'est que la mondialisation de la crise force les pays à s'aider mutuellement pour ne pas tous sombrer. Comme il l'écrit : "la crise globale entraîne une solidarité globale". C'est en effet une vision optimiste des choses.

Michel Cicurel en plein discours.

Tribune intégrale :

Les ingrédients de la situation économique et financière mondiale sont au comble de l'enchevêtrement. L'équilibre de la planète s'apparente au jeu de Mikado où le retrait d'une seule baguette peut faire s'effondrer tout l'échafaudage. Les marchés financiers, qui perçoivent bien l'imbroglio global, sont fébriles et surréagissent au moindre battement d'ailes de papillon suspecté de déclencher la tempête à l'autre bout du monde. Pourtant, après plus de trois ans de crise violente, l'œil s'accoutume à cet enchevêtrement complexe et pourrait bien déceler le bout du tunnel.

Et d'abord, parce que l'économie réelle ne va pas mal. Bien sûr, le chômage en Europe et aux États-Unis demeure élevé. Mais il n'a pas dépassé le niveau de la crise de 1993, bien plus banale, et l'emploi emboîtera, avec le décalage habituel, le pas de la croissance mondiale, repartie à la hausse à un rythme encourageant.

Certes, l'économie mondiale convalescente est encore sous traitement. Certes, les banques centrales recourent aux armes non conventionnelles, spontanément et massivement pour la FED, à contrecoeur pour la BCE. Mais les entreprises à spectre global des principaux indices boursiers se portent plutôt bien. Elles jouissent d'un monopole absolu au sein de la planète surendettée, celui du bilan parfaitement sain, et affichent de bons profits durables. Or, elles forment le coeur du réacteur qui amorce le cercle vertueux d'une croissance non assistée.

Au plan macroéconomique, la mondialisation a fait merveille. Les émergents, Chine en tête, ont provisoirement pris le relais de la croissance mondiale. Mais si les Bric en portent plus de 50 %, la seule vraie locomotive de l'économie mondiale demeure, pour longtemps, les États-Unis. La Chine, loin de le devenir, est le tender des États-Unis et plus discrètement de l'Europe, et ne peut donc laisser s'effondrer ni l'un ni l'autre de ses grands clients. Au moment où elle doit freiner sa demande interne car l'inflation est autant que le sous-emploi une plaie pour l'empire du Milieu, il ne faut pas que le moteur américain s'enraye. Or la croissance et le consommateur sont de retour aux États-Unis, avec des béquilles, certes, mais 2011 devrait être de bon augure. Quant à l'Europe, qui paye les décennies laxistes de son État-providence, elle n'évitera pas la cure d'austérité mais profitera de la reprise de l'Allemagne, remarquable tender, elle aussi, du couple sino-américain. Ainsi, la croissance mondiale encore sous assistance respiratoire retrouve les ressorts naturels de la guérison.

Pourtant, ce joli sentier de croissance serpente au coeur de l'Himalaya des dettes publiques entre les précipices abyssaux du dollar et de l'euro. La crise systémique globale affecte durablement tous les piliers du système, et nombre de risques majeurs sont devant nous. En premier, le système monétaire international qui se lézarde. L'euro, aujourd'hui malmené, le sera sans doute encore en 2011. Mais quid du dollar? Les États-Unis ont mal digéré l'euro, seul capable de rivaliser avec le dollar et de lui interdire de battre monnaie impunément et sans limite. Le dollar, unique monnaie mondiale qui vaille aujourd'hui, est un colosse aux pieds d'argile. Pour la première fois, les États-Unis s'enfoncent dans leurs déficits jumeaux devenus incontrôlables, alors que la zone euro ne souffre pas de déficit extérieur. Et, pire que les Pigs (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) européens, la faillite de la Californie, huitième économie du monde s'il s'agissait d'un État indépendant. Le dollar progressera en 2011, mais combien de temps encore fera-t-il illusion?

Ce que Clochemerle de tous les pays a vu de sa fenêtre depuis le début de cette crise globale, c'est la contagion mondiale : une crise d'origine spécifiquement américaine a ravagé le système bancaire de la planète. Aujourd'hui, c'est une crise européenne, celle de la dette souveraine des États périphériques de la zone euro, qui pourrait à son tour le déstabiliser.

Pourtant, il apparaît un fait nouveau : la crise globale engendre une solidarité globale. Aucun État, aucune zone économique, aucune grande institution ne peut laisser s'effondrer l'enchevêtrement du Mikado. L'Allemagne ne peut se passer de l'euro, et les États-Unis l'encouragent à modérer sa volonté d'austérité. La Chine finance les déficits américains mais commence à veiller aussi sur les maillons faibles de la zone euro. Le monde s'émeut de la sous-évaluation du yuan mais comprend qu'une forte réévaluation serait mortelle pour la Chine, menacée par des voisins plus compétitifs. Bref, devant une crise mondiale s'installent inévitablement des solidarités intéressées.

L'expliquer aux Clochermerlins n'est pas simple. Il est réconfortant que les gouvernements affaiblis par la crise, malmenés par les tentations national- populistes de populations fatiguées n'aient à aucun moment cédé à la déraison du repli sur soi. Fatalement, les grands risques menaçant plus que jamais la planète seront progressivement pris en charge par la communauté internationale parce que c'est l'intérêt de chacun. Ce qui fait la différence avec la crise des années 1930. Et le premier motif d'espérance.

Le monde ne se rétablit pas. Il change. En un demi-siècle, la population mondiale progressera de 50 %, passant de 6 à 9 milliards. Brutalement, la finitude des ressources de la planète nous saute aux yeux. Tant le dérèglement climatique que les terres rares se rappellent à notre bon souvenir. Après l'emballement de croissance artificielle au tournant du siècle, où les ressources semblaient inépuisables et l'horizon trop rapproché, tout s'inverse. Le temps du monde fini est commencé, et le souci de la durée s'installe. Il est flagrant, bien au-delà de la finance, que les problèmes et les solutions sont planétaires. L'égoïsme ne recule en rien, mais il devient forcément mondial. Il est probable que les opinions vont commencer à répondre au sourire, jusqu'alors suspect, de la mondialisation.

Enfin, Michel Cicurel est intervenu, toujours le 19 janvier, sur la radio BFM (entretien trouvé sur le blog Aux Infos du nain):


→ lien


lundi 24 janvier 2011

Montebourg et la "mise sous tutelle" des banques

Le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, candidat aux primaires PS pour la présidentielle de 2012, a préconisé dimanche 23 janvier sur Canal + "une mise sous tutelle des banques" afin que leurs profits "puissent servir au renflouement des États".

Arnaud Montebourg sort son argument coup de poing pour
peser dans les débats des primaires PS.

Invité à dire ce qu'il ferait s'il était élu à la présidence de la République pour résorber les déficits abyssaux du pays, il a affirmé qu'il ferait "payer les banques" qui sont "responsables de la situation" : "Elles font des profits et empruntent à des taux moins élevés que les États sur les marchés financiers", a noté M. Montebourg, en précisant qu'il mettrait les banques "sous tutelle autoritaire - une forme de nationalisation-sanction" - afin que "leurs profits puissent servir au renflouement des États".

Au niveau de l'Union européenne, le candidat aux primaires PS pour la présidentielle a préconisé une "mutualisation des dettes" et "les faire financer par la Banque centrale européenne".



mercredi 19 janvier 2011

Zone euro: déficit des comptes courants creusé en novembre à 11,2 miliards d'euros


Le déficit de la balance des comptes courants en zone euro a continué de se creuser en novembre, atteignant 11,2 milliards d'euros, selon des données provisoires publiées le 19 janvier par la Banque centrale européenne (BCE).

Si l'on résume le déficit des comptes courants de la zone euro en 4 mois, on obtient ceci :
- Août 2010 : déficit de 3,7 milliards d'euros.
- Septembre 2010 : déficit de 6,5 milliards d'euros.
- Octobre 2010 : déficit de 9,6 milliards d'euros.
- Novembre 2010 : déficit de 11,2 milliards d'euros.

Une situation encourageante pour l'avenir de la zone euro ?

vendredi 14 janvier 2011

Satyajit Das et la seconde Grande Dépression européenne

Satyajit Das, l'auteur de Traders, Guns & Money: Knowns and Unknowns in the Dazzling World of Derivatives, a publié le site indien Daily News and Analysis une tribune sur la crise économique de l'Europe, où il redoute l'arrivée prochaine d'une seconde Grande Dépression. Rien de moins ! Coup de poing et... légèrement catastrophiste ! Pour lui, l'Europe pourrait très bien tomber dans le chaos et la révolte populaire. Très rock, Satvajit Das estime que la chanson "Street Fighting Man" des Rolling Stones est plus actuelle que jamais. Sauf que le "Sleepy London Town" peut laisser place à une "Bailed out Europe".

Satyajit Das : élégance et sobriété.

L'article s'intitule : "European sovereigns stare at a second Great Depression". Il commence par ce commentaire de l'Irish Times qui établit un parallèle entre 2009 et 1916 :
Politics now increasingly dominates the economics. Commenting about the EU bailout of Ireland, the Irish Times referred to the Easter Rising against British rule asking: “was what the men of 1916 died for a bailout from the German chancellor with a few shillings of sympathy from the British chancellor on the side”.


Plus loin, Satyajit Das établit un nouveau parallèle entre la situation actuelle et les années 1930, préludes à la Seconde guerre mondiale. Ici, l'Asie (surtout la Chine) joue le rôle de l'Allemagne... Sauf que si l'Europe s'enlise, la Chine, qui a beaucoup investit sur le continent, pourrait être directement touchée :
In the prelude to World War 2, former British prime minister Neville Chamberlain dismissed the German occupation of Sudeten arguing that it was “a quarrel in a far away country between people of whom we know nothing.” [...] China, which contributed around 80% of total global growth in 2010, has expressed growing concern about the problems in Europe [...] China is also a major holder of euro sovereign bonds, standing to lose significantly if problems continue. China has indicated preparedness to use some of its $2.7 trillion of foreign exchange reserves to buy bonds of countries such as Greece and Portugal.

C'est reparti comme dans les années 1930 ?

Comme l'attitude du 3ème Reich a d'abord provoqué des conflits européens avant de devenir une guerre mondiale, Das soutient que si l'Europe n'arrive pas à régler sa dette, un effet domino entraînerait une crise de l'euro et un effondrement de l'économie internationale :
Unless resolved, the European debt problems will affect currency markets and through that channel the global economy. Any breakdown in the euro, such as the withdrawal of defaulting countries or change in the mechanism, would result in a sharp fall in the new currencies.


Das conclut donc de façon très alarmiste en comparant la faillite de la banque européenne le 11 mai 1931 et la situation actuelle. L'Europe est-elle prête à connaître une seconde Grande Dépression ?
On May 11, 1931, the failure of a European bank — Austria’s Credit-Anstalt — was a pivotal event in the ensuing global financial crisis and the Great Depression. The failure set off a chain reaction and crisis in the European banking system. Some 80 years later, European sovereigns may be about to set off a similar sequence of events with unknown consequences.



The Rolling Stones : un hymne qui renaît actuellement en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni. Bientôt en Espagne et au Portugal ? Et plus si Grande Dépression ? Mick Jagger et Keith Richards sont toujours dans les bons coups.

lundi 10 janvier 2011

Crise de la dette et menaces sur l'euro

Le 14 décembre 2010, l’Institut Thomas More a organisé une rencontre sur la crise de la dette et les menaces sur l'euros. Les intervenants étaient :

- Jean-Marc DANIEL, professeur d'économie à ESCP Europe, chargé de cours à l'École des Mines de Paris,
- Gérard DUSSILLOL, président du groupe de travail Finances publiques de l'Institut Thomas More,
- Paul GOLDSCHMIDT, ancien directeur à la Commission européenne, membre de l’Advisory Board de l’Institut Thomas More.

L'Institut Thomas More a publié sur son site un compte-rendu de ces interventions. En voici les extraits les plus forts.


Gérard Dussillol et la faillite de l'Europe :
A moyen terme, d’ici 2013, la question est de savoir si l'Europe et les États membres peuvent restaurer la confiance sur l'euro et sur la dette et comment ils peuvent le faire. La confiance sur la dette veut en fait dire sustainability, i.e. la capacité non pas de rembourser cette dette mais de la contenir... Les États européens fortement liés à l’euro n’ont rien à gagner d’une explosion de celui-ci du fait de leur fort engagement. Concernant la dette, les problèmes irlandais et grec sont a priori réglés ou en passe de l'être. Le Portugal est trop petit pour faire vaciller le système mais la question de l’Espagne est plus sérieuse : est-elle « too big to bail » ?, Après elle, c'est l’Italie et la France qui pourraient se retrouver sur le radar. Pour le moment, elles restent au bord du radar... mais pour le moment seulement.


Paul Goldschmidt et le désendettement :
Aujourd'hui, il faut évidemment se désendetter pour ne pas entraver la croissance et lancer un signal fort aux marchés afin qu’ils arrêtent la spéculation sur les dettes européennes. Deux solutions se présentent alors : soit on suit le modèle d’orthodoxie budgétaire avec des comptes publics en équilibre et donc un remboursement graduel de la dette, soit on dévalorise cette dette grâce à l’option de l’inflation.


Jean-Marc Daniel et l'union des pays européens :
Un véritable fédéralisme est difficile à tenir au niveau européen et ne peut être envisagé dans un avenir proche. L’Europe ne peut se mettre d’accord à 27. Or, elle a plus que besoin aujourd’hui d’être unie et de montrer sa cohésion face à des pays émergents de plus en plus puissants. L’idéal serait d’avoir des leaders prêts à mener et à incarner une politique et une ambition européennes. Rêvons un peu... On pourrait alors imaginer ainsi la distribution des rôles : l’Allemagne en leader sérieux, la France en leader en second moins sérieux, la Grande Bretagne en « traître » de comédie et l’Italie en Colombine fantaisiste et imaginative...

vendredi 5 novembre 2010

La Chine et l'Europe clashent la Banque Centrale Américaine


La Tribune fait le point sur les réactions internationales suite à la décision de la Banque Centrale Américaine (FED) de soutenir l'activité économique en achetant pour 75 milliards de dollars de bons du Trésor américain jusqu'à fin 2011 soit un volume historiquement élevé de 600 milliards de dollars. Si l'Europe murmure un semblant d'embarras du bout des lèvres, la Chine hausse carrément le ton.

La Chine somme carrément la Fed et Washington de s'expliquer sur cette décision. La monnaie chinoise, le yuan ou renminbi (RMB), est alignée sur le dollar mais elle est estimée du coup très sous-évaluée et Pékin est sous pression pour la réévaluer, ce qu'elle ne fait qu'à très petite dose.

En Europe aussi (l'euro a bondi à 1,43 dollar ce 5 novembre), on fait grise mine d'autant que la BCE, la Banque centrale européenne, maintient elle une politique de rigueur pour faire face aux faiblesses de certains pays de la zone (Grèce, Irlande, Portugal...).

La ministre française de l'Économie Christine Lagarde a elle aussi regretté le 4 novembre dans un entretien au Wall Street Journal que l'euro "porte le poids" de la décision de la Fed. "Je ne suis pas en train de porter un jugement sur l'assouplissement quantitatif américain. Mais cela montre le besoin impératif de repenser le système monétaire international et les mécanismes de coopération", a-t-elle ajouté.

lundi 20 septembre 2010

La banque centrale européenne sauve l'Irlande de la banqueroute




Jean-Claude Trichet n'en croit pas ses yeux ! Damnés d'Irlandais !

Information du Financial Times, relayée par Zero Hedge : la semaine dernière, la banque centrale européenne (BCE) a dû acheter pour 237 millions d'euros de bonds souverains irlandais pour éviter au pays de connaître une banqueroute, quelques mois après la Grèce. La BCE est également intervenue auprès de la Grèce et du Portugal...

So much for phasing out the bond purchasing programme. The latest weekly ECB data suggest that the ECB bought €237m worth sovereign bonds last week, the highest since the middle of August. Still small in absolute size, the paper notes, it is a sign of continuing problems in eurozone bond markets. Irish traders last week reported that the ECB had been in the market to support Irish bonds, whose yield spread to German bunds rose to new record levels. The article suggested that the ECB was also buying Greek and Portuguese bonds.